dimanche 30 décembre 2018

Le bras si lourd...


Tant d’heures à écrire, ne rien dire... Tant de temps passé à coucher sur ce papier précieux à mes yeux, mes mots.
Chaque auteur sait combien il est important de vider son bras si lourd, ses doigts si "remplis"...
Remplis de moi, de toi, de lui, d’elle, d’eux.
Depuis le temps que je rêve d’écrire... J’ai tellement fait d’efforts, tant travaillé, et pourtant, jamais je ne serai à la hauteur de ces écrivains que j’admire tant, jamais et... C’est très bien.
J’ai le moral au quatrième... dessous. Je suis à terre, mais mes mots sont en moi, à moi.
Je reste debout, mais au-dedans seulement, au-dedans... Trahi, blessé, touché, trompé, manipulé, et j’en passe... Tant de tristesse un soir où j’aurai aimé lire, et puis surtout... écrire. 
Parce que je ne sais faire que ça, sûrement... Paraît que je n’ai pas de talent, à force de me le dire...
Pourtant je reste debout, au-dedans...
La preuve, j’écris... parce que j’ai mal, parce que trahi, j’écris aussi pour partager des joies, des histoires, transmettre.
Mais depuis toujours quand ça n’allait pas je mettais un petit son, et j’écrivais... comme ça. De travers, dans tous les sens, sans but, mais pour vider mon bras lourd, si lourd...
On est toujours seul devant une page blanche. Il faut la remplir et pour ça, il faut se vider, et le cœur et l’esprit... C’est prétentieux de dire que j’écris pour vivre ? C’est normal de ne plus voir ce que j’écris en couchant ces mots ? Dites-moi...
J’écris ce soir parce que j’ai mal, parce qu’on m’a volé, mais j’écris non ? Alors c’est bien, je crois...

lundi 24 décembre 2018

Les prénoms épicènes d'Amélie Nothomb par Vincent Vallée


Les prénoms épicènes




Comme chaque année Amélie Nothomb, la gentille fantasque, mystérieuse, joyeuse écrivaine, nous livre ou plutôt, accouche de son dernier né. Oui, nous savons tous qu’Amélie a quelques enfants cachés certes, mais voilà une histoire bien belge ayant ainsi ce point commun avec notre cher roi Albert 2 !
Trêve de plaisanterie… belge.

Passons à ce joli bébé : Les prénoms épicènes. Que vous dire si ce n’est que comme chacun de ses romans, j’ai dévoré ce petit dernier d’Amélie. Encore un conte et comme c’est édifiant de lire un conte qui ra-conte une histoire sur un thème bien choisi tel que, la jalousie, le mensonge, la beauté, la laideur et ici : La vengeance !
Nous allons faire la connaissance à Paris, de Dominique, une jeune fille effacée, simple qui n’a pas encore rencontré l’amour. On sait tous qu’il arrive toujours quand on ne l’attend pas, oui, mais parfois on est confondu par cet amour s’il est enrobé de machiavélisme…

L’homme qui va débarquer dans la vie de Dominique c’est Claude, voilà deux prénoms bien communs pensez-vous, mais non… Dominique après quelques réticences à cet homme très spécial, mais si élégant, docile et doux, fera remarquer qu’ils ont tous deux des prénoms épicènes. Ces prénoms qui peuvent être portés par les deux sexes. Une histoire d’amour qui prendra vite son envol, trop vite ?

Amélie Nothomb a cette habitude qui rebute parfois quelques-uns, d’aller droit au but, de trancher dans son récit, d’être concise et efficace néanmoins. C’est ainsi qu’après quelques pages nos deux tourtereaux seront enfin parents d’une jolie petite fille tant attendue, provoquant presque l’impatience de Claude. La petite étant enfin là, ils la prénommeront Épicène, en référence à leur particularité à tous les deux.
Une enfant très intelligente aimée de sa maman, mais niée, détestée même, de son père, ce si gentil et doux Claude des débuts. Celui-ci sera de plus en plus distant, froid, indifférent à sa fille. Celle-ci grandira dans cette haine qu’elle partagera vis-à-vis de son père. Ils déménageront de l’autre côté de la Seine, là où la vie est un peu plus huppée, bourgeoise et afin de mieux correspondre au train de vie de Claude très occupé par son entreprise. Pour évoluer et aller encore plus loin dans sa réussite, il demandera l’aide de son épouse, délaissée depuis si longtemps, mais rassérénée par ce nouvel élan amoureux.

Pour lui, Dominique se rapprochera d’une dame bien précise puisque l’épouse d’un homme influent qui pourrait aider Claude à évoluer encore un peu plus. Pour ce faire il doit se faire inviter à ces dîners huppés qui permettent des rencontres, dont celle de cet homme influent. Mais en réalité… Tout cela n’est qu’un stratagème dont Dominique sera la victime… Ce stratagème c’est La Vengeance !

samedi 22 décembre 2018

JE RESTE ICI. De Marco Balzano, par Vincent Vallée


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Je reste ici.


Un roman de Marco Balzano que j’ai découvert après le roman : Le dernier arrivé. J’ai tout de suite apprécié la plume de Marco avec qui j’ai pu discuter un peu à la suite de la découverte de son premier roman édité chez Philippe Rey.

Ce dernier roman : Je reste ici, est une façon de découvrir la Seconde Guerre mondiale vécue par un autre peuple que le Français, le Belge, etc. On parle peu de cette guerre qui divisa aussi les familles des villages proches de la Suisse et de l’Autriche. Marco Balzano va découvrir lors d’une visite à Curon, l’histoire de ce lieu devenu touristique, étrange avec son église qui est immergée dans l’eau. Tout autour, des montagnes, une bien belle nature, mais au pied de cette église, enfoui sous les eaux, un village entier est noyé. Marco trouve là, nécessaire de raconter l’histoire de ce village englouti par la volonté de l’homme de tout urbaniser, tout bétonner.
Ce récit est doublement tragique, car il se déroule durant la Seconde Guerre mondiale, dans une Italie divisée, envahie, trahie par Mussolini. Les familles, comme je l’écrivais au-dessus, sont parfois divisées, écartelées par le choix des leurs, de prendre parti pour le nazisme et/ou, le fascisme qui régnait. Durant ce récit nous allons suivre Trina et son mari Erich, mais bien d’autres encore qui vivront cette guerre au creux de leur beau village campagnard de Curon.

Un roman qui se dévore, une page de l’histoire de la seconde Guerre mondiale, mais pas que. En effet, Marco Balzano nous relate une anecdote si on la place au niveau mondial, mais si essentielle dans la vie des habitants de la campagne italienne. La construction d’un barrage au creux du village. Les habitants redouteront cette construction, mise entre parenthèses durant la guerre, mais qui ressurgira à la fin de celle-ci. Un barrage qui peu à peu divisera épuisera Trina et Erich. Leur village menace de disparaître, d’être enfoui, englouti sous les eaux…

Durant cette lecture j’ai voyagé dans cette belle partie de l’Italie, regrettant, redoutant ce barrage, je vivais l’histoire de Trina Erich et les autres avec l’espoir…

Quelques passages :

"Un jour que je cherchais à lui faire apprendre une poésie, je pensai que si on ne me l’avait pas fait haïr aussi viscéralement, c’était une belle langue, l’italien. À la lire, elle me paraissait chanter."


"Ma' était devenue vieille, elle avait les yeux décolorés et le visage rèche comme une feuille sèche. Et pourtant elle serrait encore les poings, elle luttait encore pour ne pas se faire voler les jours par des pensées trop nombreuses : « Ce sont des tenailles, les pensées, laisse-les tomber » disait-elle quand nous lavions le linge au fleuve ou certains soirs où nous nous mettions à ravauder jusqu’à pas d’heure."


lundi 3 décembre 2018

La vraie vie de Adeline Dieudonné par Vincent Vallée.



On a beaucoup parlé de ce roman, il a été primé plusieurs fois et on le pressent pour le prix Rossel en Belgique, et le Goncourt en France.
Adeline Dieudonné est une jeune femme belge et "La vraie vie" est son tout premier roman. Diable ! Quel roman !
Je retiens cette formule d'un journal français qui dit que c'est un roman "coup de poing" Et bien je suis assez d'accord avec ça. J'ai visionné le passage de Dieudonné à la Grande Librairie et je trouvais étrange qu'elle annonce avoir écouté de la musique métal pour écrire... Mais qu'avait-elle pu écrire pour avoir envie ou besoin d'écouter ce genre de musique. D'ailleurs, est-ce de la musique ?

Et bien en lisant ce roman très populaire et très primé, j'ai compris. C'est violent et puissant. Ce roman est truffé de formules profondes, de pensées et de réflexions qui font s'arrêter le lecteur pour réfléchir.
On découvre avant-tout une jeune fille de 10 ans et son petit frère qui grandissent dans une famille banale mais un peu plus que banale, ou un peu moins, vous jugerez. Un père fan de chasse, une mère amorphe et soumise et puis, il y a le marchand de glace qui a une chantilly qui fait fondre notre petite héroïne... Cette chantilly est vraiment explosive, vous comprendrez aussi en lisant. C'est d'ailleurs le passage qui m'a... glacé.

Il ne faut pas oublier Plume et le champion, un couple voisin de la famille un peu spéciale. Le champion est un jeune homme, père de famille qui éveille des sentiments encore endormis chez notre narratrice. Le marchand de glace et puis l'accident... vont être le point de départ de la quête de la jeune fillette : Retrouver le sourire de son petit frère à tout prix.
Mais aussi, une soif d'apprendre, de chercher à remonter le temps, une passion pour Marie Curie qui se développera avec un vieux prof retraité qui lui donnera des cours particuliers et en cachette du père de la jeune fille.
Ce roman va crescendo dans l'horreur, quelques scènes sont limites mais si bien écrites.
Jamais plus je ne regarderais banalement mon marchand de glace me mettre de la chantilly sur mon dessert, je crois que je reculerais...
C'est assez psychologique comme roman mais on dévore les pages, le roman se lit très vite ou se dévore c'est selon. J'ai aimé ce récit, j'ai adoré la plume de Dieudonné mais il y a ce côté glauque et assez violent qui pourront rebuter certain(es), mais pas moi.

Je ne résiste pas à vous transmettre quelques passages extraordinaires :

"Mais, pour rassurer Gilles, je faisais la grande et je chuchotais : "Les histoires, elles servent à mettre dedans tout ce qui nous fait peur, comme ça, on est sûr que ça n’arrive pas dans la vraie vie."

"Elle a souris un peu, sa tristesse est partie faite un tour dehors."

" Il attendait de moi que je devienne comme ma mère. Une enveloppe vide, dépourvue de désir "