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mercredi 31 décembre 2025

James de Percival Everett par Vincent Vallée





Dire que je suis sorti enthousiasmé de cette lecture serait mentir. L’idée d’un esclave cultivé constitue, à mes yeux, un pied de nez à l’œuvre originale de celui qui a inspiré l'auteur, mais un pied de nez insuffisamment creusé. La réécriture d’un texte appartenant au panthéon de la littérature américaine " Tom Sawyer et les aventures de Huck Finn" est en soi un geste étrange; l’attribution d’un prestigieux prix littéraire à cette entreprise ne l’est pas moins. J'ai d'ailleurs craqué car ce prix fut décerné autrefois à Norman Mailer pour "Le chant du bourreau" et ce roman (énorme) m'a mis le pied à l'étrier de la lecture. 


Le livre se lit difficilement, contrairement à l’œuvre fondatrice qui a inspiré Everett. Pourtant, la question centrale, celle de la culture de Jim, ne parvient jamais vraiment à percer. Dans le récit de Everett, Jim l'esclave que l'on connait dans l'œuvre de Twain parle sans prononciation "nègre" et se remet à parler de cette manière quand il est en présence de blancs. Visiblement il s'est cultivé en lisant des livres. Pour moi ça se tient, mais ce qui ne colle pas c'est que avec ses amis et sa famille ils parlent très bien entre eux. Pourtant on ne précise pas que tous se sont mis à lire des livres dans la bibliothèque du juge Tatcher, lui aussi issu du récit de Twain. C'est incohérent.

Les rares interrogations suscitées par ce que l'on peut nommer « curiosité » restent en surface : elles sont peu développées, trop peu présentes dans un récit qui demeure étonnamment sage dans sa mise en abyme d’un esclave fugitif mais cultivé, figure pourtant déjà abondamment explorée par la littérature.

La dissociation entre esclavage et culture, pourtant prometteuse, n’est pas assez mise en valeur ; les questionnements qu’elle pourrait engendrer restent trop peu nourris pour réellement troubler le lecteur. Le langage "négro" que l'auteur prête à Jim pourrait être intéressant mais il s'avère un peu inutile, superflu, compliquant la lecture et sa fluidité.

J’ai lu Mark Twain il y a longtemps ; il me manque sans doute certains points de comparaison, mais le sentiment dominant demeure celui d’une faim non assouvie.

Percival Everett est pourtant un écrivain dont l’œuvre s’est souvent distinguée par une liberté de ton et une audace narrative bien moins respectueuses des codes. Ici, il gagnera sans aucun doute en notoriété grâce à cet opus à la filiation prestigieuse. Mais il ne devra cette reconnaissance qu'à la tentative de prolongation du récit de Twain et ne lui arrive pas à la cheville.

Ce roman demeure une lecture plaisante, mais frustrante. De plus, encore un roman récompensé par un prix et pas des moindres qui me renforce dans mon avis déjà fondé. Un prix ne reflète pas la qualité d'un écrit et encore moins sa qualité. Une poignée de personne reflétant une pseudo élite est tout sauf un gage de qualité qui permet de juger de la remise d'un prix ! À quand un prix décerné par des lecteurs réunis en masse pour une sélection de romans et qui répondraient à un même questionnaire à l'issue de leur lecture pour remettre un prix à un auteur ?

mardi 2 décembre 2025

Le magicien d'Oz de Lyman Frank Baum par Vincent Vallée




Un conte...

Mais alors, autant lire un classique !

Pour le coup, c’est à l’occasion de l’anniversaire de mon fils que j’ai été amené à me procurer ce conte pour lui.
Je me suis dit : « Pourquoi pas en acheter deux ? »

Voilà qui est fait.

Le Magicien d’Oz, c’est l’histoire surréaliste — oui, c’est un conte — de Dorothy et Toto, son fidèle chien, qui vont se voir emportés par une tempête alors qu’ils vivaient au Kansas, chez Tante Em, et se retrouver au pays d’Oz.

C’est alors que Dorothy va chercher comment rentrer au Kansas et marcher pour trouver la cité d’Émeraude.

Une longue marche qui va les amener à rencontrer un épouvantail qui aspire à devenir intelligent, un bûcheron en fer-blanc qui veut un cœur capable d’aimer, et un lion timide qui rêve d’être un héros.

Une histoire gentille : on y trouve les personnages loufoques dignes d’un conte surréaliste, et on ne s’ennuie pas, malgré les répétitions parfois un peu lourdes.

Bon, j’avoue également que je m’attendais à beaucoup mieux, même si j’ai aimé.
Mais on nous explique que c’est une des histoires les plus lues et populaires aux U.S.A., donc j’avais de grands espoirs.

Cependant, je me répète : l’histoire est sympa, le conte fonctionne bien et, bien entendu, le public visé est plutôt jeune.

Petit plus : cette collection est de qualité, un bel ouvrage pour faire un cadeau de Noël !

vendredi 14 novembre 2025

L'homme qui lisait des livres de Rachid Benzine par Vincent Vallée


L’homme qui lisait des livres est précisément ce qu’il faut faire, à mon sens, pour comprendre l’Histoire : lire des livres pour pallier les médias en quête de buzz ou politisés. De fait, bridés !

Dernièrement, j’écoutais un grand journaliste, évité par les télés car il ose dire des vérités : Michel Collon, expliquer que l’on ne s’en sortira que par les livres. Je crois que ce court roman de Benzine en est la preuve.

Nous partons à la rencontre d’un reporter photographe en 2014, chargé de trouver le cliché choc pour le revendre aux médias.
C’est à l’occasion d’une de ses déambulations qu’il fait la connaissance de Nabil, vieil homme qui tient une petite librairie, envers et contre tout.

Le libraire voit le photographe se préparer à le prendre en photo et l’interpelle alors, en lui disant avec justesse et sagesse que prendre une photo, c’est certes intéressant, mais qu’il faut comprendre l’histoire qui se cache derrière…

C’est ainsi qu’en peu de pages, Nabil va raconter sa vie :

L’exil de sa famille après la création de l’État d’Israël en 1948, l’errance d’un camp de réfugiés à un autre, ses études au Caire, son retour à Gaza, ses amours, ses drames et ses joies, et les livres qui l’ont marqué et accompagné à différentes étapes de sa vie. Sa famille décimée et sa survie, envers et contre tout. Quand tout un chacun laisserait tomber, le peuple palestinien continue de se battre en résistant, en reconstruisant, en balayant la poussière avec un balai cassé et usé à force de ne servir à rien. Peu importe, ils tiennent !

Dans ce petit roman est relatée la vie des Palestiniens d’avant 2023, au travers de la vie de la famille de Nabil, la vie de la génération de mes parents et grands-parents.

Alors que le roman se termine, notre photographe revient sur aujourd’hui et raconte ce qui est arrivé à Gaza, à la Palestine en général. Il revient brièvement sur le Hamas et cherche le libraire. Il faudra peu de phrases pour comprendre…

Le génocide récent est, je crois, un condensé de plus de soixante-dix années d’acharnement, condensé en deux petites années…
Raconter au travers de l’histoire de Nabil, c’est raconter l’histoire du peuple palestinien. C’est précisément ce qu’il faut faire. Il faut lire pour découvrir, pour comprendre, pour avoir une opinion tranquille et sage, posée.

Oui, ce n’est que par les livres que l’on s’en sortira. N’y aurait-il pas de librairies en Israël ? Le gouvernement de l’assassin au pouvoir là-bas ne sait-il pas lire ?
On est en droit de s’interroger, après lecture…



Rachid Benzine est un intellectuel franco-marocain né le 5 janvier 1971 à Kénitra au Maroc. Spécialiste de l'islam, politologue et enseignant, il s'est également illustré comme écrivain à travers ses romans et ses pièces de théâtre. Il représente une voix majeure de l'islam libéral dans l'espace francophone.

Source biographie : wikipedia



lundi 3 novembre 2025

Respire, c'est de l'iode ! De Anny Duperey par Vincent Vallée

 




Cet ouvrage n’est pas un roman, bien que la vie de la célèbre et si pétillante actrice Anny Duperey soit franchement romanesque !

C’est un peu comme si je m’étais baladé dans le village de Montmartre, déambulant dans ses rues illustres et emplies de poésie, de couleurs, d’histoires... Et puis, au détour d’une ruelle étroite, j’aperçois la grande Anny, assise à la terrasse d’un des nombreux bistrots sympathiques et on ne peut plus vivant.

Je m’approche, salue Madame Duperey discrètement, m’assieds plus loin et l’écoute raconter à ses ami(e)s des anecdotes. Mais pas n’importe lesquelles : 
les siennes, celles de sa vie, allant de son enfance entachée par la perte de ses deux parents, son éducation assurée par d’autres, un deuil qui ne se fait pas... Jusqu'à la découverte d’un don pour la peinture, son amour des couleurs, de la couture, la confection de tenues colorées et vivantes, virevoltantes même ! Tout comme elle.

Et puis la scène, le théâtre, le cinéma, les rencontres avec des acteurs légendaires, comme Marielle, Rochefort.

Imaginez la sympathique Anny Duperey, avec ses grands gestes et son éloquence qui font du bien, chassant les nuages de la vie, et qui raconte, raconte encore... Les amies, les potes, les amours, ses enfants...

Tout au long de ma lecture, c’est sa voix que j’ai entendue. Pour l’avoir suivie dans la magnifique série Une famille formidable, je peux dire que je n’ai pas eu de mal à imaginer la scène. 
Volubile, éloquente — je le disais — haute en couleurs, c’est le cas de le dire... Et vous pouvez vous attendre à passer un moment plus que sympathique avec une grande dame qu’on aimerait avoir pour amie, pour grande sœur, pour mère, et enfin pour mamy, puisqu’elle assume parfaitement son « grand » âge, comme elle le dit. 
Madame Duperey offre de la détente, des anecdotes, des rencontres comme cette dame qui trimballait derrière elle un chariot, errant dans Paris et qu'elle voudra aider en lui offrant des chaussures. S'adressant finalement à elle, comme à une étrangère, mais qui s'avèrera parler magnifiquement français. 
Jamais Anny n'oubliera cette femme digne et étrange. 
Elle évoquera ses amours, son époux Bernard Giraudeau, père de ses enfants, son approche de l'éducation parentale avec son incompréhension face à des parents un tantinet gaga de leurs enfants, regrettant qu'ils grandissent. Tandis qu'Anny elle,  trouvera les siens de plus en plus intéressants en grandissant. Sa vie quoi... 
Mais elle précise qu’il faut, avant toute chose, aimer la vie, rire, travailler avec passion, échouer, recommencer, aimer...

J’ai toujours aimé cette dame, cette grande actrice du cinéma et du théâtre français. Je la découvre comme auteure, et quel ravissement !

Courez vous procurer une papote avec Anny Duperey : elle vous contera des anecdotes de sa vie plus que croustillantes !

Je profite de cette chronique pour remercier mon cher ami écrivain, Manuel Verlange, de m’avoir obtenu une dédicace.










jeudi 23 octobre 2025

Quand on dansait sur les toits de Tristan Koëgel par Vincent Vallée


J’ai choisi de poster une grande reproduction de la couverture du roman que je vous présente, car elle est magnifique et parfaitement représentative de l’histoire qu’elle illustre.

De prime abord, on pourrait se dire que ce sera un récit triste ou déprimant, puisqu’il raconte l’histoire de Mayssane, atteinte d’un cancer.
Mais la maladie n’est jamais nommée — et c’est très bien ainsi, car pour Mayssane et Pablo, son ami, ce ne sont que des “bestioles” à combattre.

Pablo et Mayssane, c’est ce que je retiens avant tout de ce magnifique roman jeunesse.
C’est une belle histoire d’amitié, qui se transforme peu à peu en histoire d’amour, à travers l’épreuve, la maladie, le combat.

Roman jeunesse, disais-je… mais pour moi, c’est un roman pour tous les âges.
Il me parle énormément, car j’ai moi-même traversé la case cancer en 2015.
Les “bestioles”, c’est l’inconnu : on ne sait pas les combattre de front, il faut être aussi rusé, aussi tenace qu’elles.
Et pour y parvenir, il faut parfois perdre ses cheveux, se confier aux médecins, accepter l’impuissance. Rien de tout cela n’est facile…

Ce roman est une ode à l’amitié, à la complicité, à la ténacité.
Pablo ne baisse jamais les bras.
Il se coupe en mille pour combattre aux côtés de son amie, et il n’est pas seul : il y a aussi leurs amis, les “Pirates”, qui partent avec eux à l’abordage de la maladie.
Des rituels se mettent en place pour aider Mayssane à tenir, à sourire envers et contre tout.
Mais le plus touchant, c’est lorsque Pablo grimpe sur le toit pour aller frapper à sa fenêtre et lui redonner de la force.
Ou quand ils marchent ensemble sur les toits, défiant la vie, lui criant qu’ils l’aiment malgré tout.

C’est un roman poétique d’un bout à l’autre — rassurant, édifiant, et qui donne de la force.

J’ai déjà lu Tristan Koëgel, avec Bluebird, Les sandales de Rama et Le Grillon
Récemment, je me suis dit que cela faisait un moment que je n’avais pas lu de roman jeunesse.
Et, allez savoir pourquoi, j’ai tout de suite pensé à Tristan Koëgel
La réponse à ce “pourquoi”, je crois qu’elle se trouve dans les liens que je vous ai laissés ci-dessus.

Pour revenir au roman, je pourrais vous citer de nombreux passages — il y a tant de perles narratives que je n’aurais sans doute pas assez de place ici !
Mais en voici tout de même quelques-unes :

"La vie ne s'économise pas. Elle n'a pas peur de perdre. Elle donne sans compter, sans penser à l'avance à ses chances de succès. Comme toi, Pablo. Tu n'es pas économe, et tant mieux. Je n'aime pas les économes. Ceux qui calculent. ceux qui prévoient. Ceux qui se regardent marcher quand il marchent en se félicitant de n'avoir pas couru. Ceux chez qui la vie résonne encore. Je préfère ceux qui tentent sans être sûrs de réussir. Ceux qui vivent sans se demander s'ils seront un jour un arbre assez grand. Ceux chez qui la vie résonne encore. Il n'y a qu'eux qui sont capables d'accomplir des miracles."


"Quand la mer a mangé le soleil et que le ciel devient noir, si on navigue assez longtemps, jusqu'à l'endroit où ils se rejoignent, on s'envole vers les étoiles.

-Tu crois ?

-J'en suis sûr. Mais je suis pas certain qu'on puisse en revenir par contre."



 

mercredi 22 octobre 2025

Va où la rivière te porte de Shelley Read par Vincent Vallée




Quel roman !! Et pour cause, l'auteure y a mis du cœur, du ressenti, du vécu. Il y a une forme de naïveté dans la conception du récit mais surtout il y a de la poésie, de l'amour, de la haine, du drame.

Car oui, il s'agit d'une histoire d'amour bien trop éphémère qui pourtant va poursuivre, transformer le destin de la jeune Victoria Nash.

L'auteure met en avant l'ambiance d'une famille de paysans américains typique. Victoria rencontre l'amour unique, car on n'aime en général qu'une seule fois, ou du moins un de ces amours ne s'oublie jamais.

Bien entendu, on peut aimer encore, aimer sincèrement mais, l'amour passionnel, l'amour rêvé, qui souvent est furtif, marque une fois, il ne passe qu'une fois. Victoria va le rencontrer, le suivre sans savoir pourquoi, et puis c'est cet amour qui va la suivre, la poursuivre sa vie durant...

Victoria ne vit que pour son père, pas son frère ni son oncle qui sont très bien décrit: Un frangin nommé Seth qui est fainéant, alcoolisé la plupart du temps. L'oncle est un rescapé de la guerre avec tout ce que ça comporte, veuf depuis un drame familial qui a raboté la famille qui se verra privée de la mère de Victoria et sa tante. 

Le père est donc un jeune veuf perdu de par la mort de son épouse. La famille est à la tête d'un verger réputé dans la région, elle cultive les pêches depuis des générations, la façon dont elles sont décrites donne envie d'en manger... On les imagine belle, bien rondes et juteuses.

Victoria elle, est tombée de l'arbre de l'enfance et de l'insouciance en voyant Will la première fois, sale et mal vêtu mais si beau, splendide aux yeux de Victoria. La vie de la jeune fille va changer, basculer et ce sera une fuite vers l'amour, la passion, la folie ? 

Will est basané, pas comme les "Bons américains" doté d'un calme apaisant, une forme de don de sagesse, il provoque chez Victoria l'apaisement... 

Will sera victime de sa peau, de son apparence, de sa passion naissante chez lui aussi, pour la belle Victoria. 

Et puis, l'horreur survient une fois encore dans la vie de Victoria. Après avoir survécu à la mort de sa mère elle devra survivre tout simplement... Elle partira vivre 5 mois au loin dans la forêt avec des provisions, elle va se cacher dans la cabane qui servait d'abri à Will alors qu'il était traqué par le frère de Victoria et ses amis.

Will avait laissé à manger, Victoria loin de la ferme qu'elle a fui va survivre avec des légumes, quelques provisions et la pêche. Will vit en elle, en son sein, il na l'a pas quittée, elle le porte durant 9 mois encore, et le portera 20 ans ensuite...

Victoria va commettre une erreur ou avoir un geste de survie, chacun jugera. Un geste qui va la plonger dans une vie de nostalgie, faite de souvenirs. Jamais plus après Will, elle ne va aimer. Fidèle à son amour, au cadeau de la vie que lui aura laissé Will. Cadeau qui va pourtant lui manquer. Elle recommencera sa vie, une autre vie, ailleurs, plus loin, sa vie précédente ayant été noyée... Vous comprendrez.

Et puis un beau jour, lors d'un rituel du souvenir que seule une femme comme Victoria, rêveuse, poète dans son comportement, peut accomplir; elle trouvera le récit des 20 dernières années. 

20 années où elle aura vécu dans le souvenir et le regret; se demandant chaque jour à quoi il peut ressembler, à qui, à lui ? A Will ?

Mon Dieu quelle belle histoire, quel magnifique roman... Un léger regret sur la conclusion, une fin qui aurait pu être mieux élaborée, pensée. Mais voilà, c'est la fin que l'auteure a choisie et elle ne gâche rien au roman.

Courez vous le procurer ! Vous me remercierez !!

samedi 13 septembre 2025

TANT MIEUX de Amélie Nothomb par Vincent vallée


 


TANT MIEUX !

C'est ce que s'est répété Adrienne des années durant pour surmonter les horreurs commises par sa mère et face à la froideur de sa grand-mère.

Ce récit est un conte, comme aime nous livrer Amélie Nothomb. Comme toujours elle est concise et son texte regorge de mots nouveau pour moi... Vous les découvrirez à votre tour.

Son habitude d'insérer le mot "PNEU" est bel et bien au rendez-vous. Mais ce qui frappe le lecteur c'est cette faculté qu'a Amélie, de raconter un vécu ou celui d'un de ses proches, en l'occurrence sa mère ici, avec flegme et recul. Ce conte n'est pas dénué de bon sens ni d'humour. Mais on y retrouve surtout un hommage à sa mère, qu'elle admire pour avoir surmonté les épreuves d'une enfance particulière avec une mère serial Killeuse de.... Chats. Oui, c'est du pur Nothomb !

Qui plus est, nous sommes en Belgique, entre Gand, Bruxelles et Bruges.

C'est un conte certes mais biographique en l'honneur d'une mère que Amélie qualifie de folle et ayant "raté" sa mort au contraire de son père qui est parti avec toutes ses facultés.

Chose étonnante par contre, Amélie Nothomb se livre à la fin du roman en écrivant à la première personne du singulier. 

Vous l'aurez compris, ce fut vite lu comme de coutume mais ce fut surtout agréable et fluide, marrant et piquant. Un bon cru à nouveau de mon auteure favorite en France !

mardi 2 septembre 2025

Le blé en herbe de Colette par Vincent Vallée


 


Qui ne se souvient pas de ses premiers émois ? Cette sensation étrange, cette chaleur, ce trouble interne et cérébral. Soudain, nos jeux d'enfants semblent dérisoires et futiles. On ne sait pas ce qui nous arrive, on tourne le dos à nos jeux et à nos amis, et plus rien d’autre que ce trouble ne nous intéresse.


Vinca et Phil sont deux amis. Ils partagent chaque année des vacances avec leurs parents respectifs, nommés ici "les ombres" — une preuve de la confusion décrite par Colette quant à cette adolescence perturbante.


Autrefois amis et complices de jeux, de baignade et de pêche, c’est un amour qui va venir troubler tous les deux. Colette décrit très bien les changements physiques et les attitudes nonchalantes des préadolescents, qui, subitement, se comportent comme des adultes avec des corps d’enfants...


Mais ici, c’est Phil qui va tomber sous le charme de ce qui semble une vieille dame pour l’enfant, mais à laquelle je donnerais la quarantaine tout au plus. Et alors, nous nous surprenons à penser à la chanson de Dalida, qui évoque le roman : "Il venait d’avoir dix-huit ans"...


On bascule alors vers cet autre trouble ressenti par les adultes face aux jeunes hommes ou jeunes filles découvrant que leur corps est un outil de désir charnel, qui devient parfois, chez certains adultes entre deux âges, un objet de désir, avec une pointe de nostalgie quant à leur propre jeunesse...


Le mystère de l’amour naissant, le trouble d’un corps que l’on ne maîtrise plus car il se révèle, les ambiances chaudes et humides, l’esprit troublé sur lequel souffle une brise de vacances sentant bon le sable chaud et l’iode... Voilà quelques ingrédients de Colette pour ce petit chef-d'œuvre.

lundi 25 août 2025

La très catastrophique visite du zoo de Joël Dicker par Vincent Vallée


La très catastrophique visite du zoo et peut-être catastrophique critique ? NON. La critique est facile, l'art est difficile...

Je ne trouve pas ce roman raté, au contraire de ce que j'ai pu lire ailleurs. Certes, j'ai quelques bémols à émettre, mais qui peut empêcher un auteur, à succès ou pas, de vouloir changer de registre ?

Joël Dicker ose, il s'aventure dans un roman jeunesse. Le premier bémol est qu'il semble presque s'excuser de cet essai, mais il a tort. Un romancier est libre, entièrement libre à mes yeux. Que cette histoire s'adresse à tous les âges est une vérité qui semble déranger et pourquoi ? J'ai souvent replongé dans des romans de mon enfance, comme Tom Sawyer, La Petite Maison dans la Prairie, L'île au Trésor, et bien d'autres. Jamais je ne m'en lasse. Ne sommes-nous pas en quête perpétuelle de l'enfant que nous étions ? Ne regrettons nous pas cette magnifique époque ? Lire ce genre de roman c'est y replonger.

Ce roman est une enquête qui nous est contée à travers les yeux d'une petite fille. Ce fut audacieux de la part de Dicker de ne pas choisir la facilité avec un petit garçon. Il s'agit de l'histoire d'une école pour enfants "spéciaux" qui va se retrouver inondée et les élèves se verront contraints de poursuivre les cours dans une école pour enfants "classiques". Seulement, quelques enfants de l'école inondée ne vont pas trouver cette inondation accidentelle. Pour preuve, les suspicions de la police qui baisseront vite les bras pourtant. Mais pas les enfants !

Une enquête se poursuivra donc à travers le raisonnement d'une bande de copains qui vont, petit à petit, recouper les faits, les indices et remonter à un potentiel criminel...

Le tout est raconté avec des mots simples mais parfois improbables (bémol) dans la bouche d'enfants. Le sujet est pourtant maîtrisé par Dicker et il nous offre là une bien belle histoire pour tout âge et toute sensibilité.

Cependant, l'histoire est aussi un peu "simpliste", ou plutôt facile. Avec des personnages moins développés, une mise en page moins aérée, cela tiendrait en un petit roman. Il n'y a aucune honte à publier un roman court (bémol). Peut-être est-ce une décision éditoriale.

Avec ce roman, Joël Dicker a fait le tour des plateaux TV, des stations de radio, son leitmotiv était "La lecture", son importance, ce qu'elle représente à ses yeux, son rôle dans la vie, comment lire sans se lasser. S'il a attiré des "non lecteurs", alors tant mieux, mais était-ce le sujet du roman, son but ? Dicker joue un peu les moralisateurs, je trouve que ce n'était pas utile. Parler du souci du tout digital, certes, de l'abandon de la lecture, ok, bien que j'en doute... Mais ce n'était pas le sujet du livre (bémol).

Je reviens de Gran Canaria, où j'ai emporté des romans avec moi, et j'ai lu car cela fait partie intégrante de mes vacances. J'ai observé autour de la piscine une quantité incroyable de lecteurs et lectrices, et qui lisaient le roman de Dicker de surcroît ! Je ne crois pas que les lecteurs se fassent rares, les temps changent, internet prend de la place, mais l'humain fait toujours deux pas en arrière après en avoir fait un en avant. Et donc, il revient invariablement à la lecture. C'est mon avis.

Ce roman est donc facile à lire car simple, voire simpliste, je l'écris plus haut. Mais l'auteur a osé et ça j'admire. Je recommande cette lecture pour une détente, des vacances en ce qui concerne les adultes. Pour les enfants à l'école, entre 9 et 15 ans.

Car oui, on peut lire des romans jeunesse à tout âge, je dirai même que c'est essentiel !


jeudi 21 août 2025

Conversation avec Amélie Nothomb de "Autrement" par Vincent Vallée

 



Conversation avec Amélie Nothomb est un moment de lecture sympathique, court, vite lu et je crois, c'est le principe.
Amélie revient surtout sur son rapport avec la France, son autre pays adoptif après le Japon et la Belgique. Elle évoque ce qui l'a séduite chez nos amis français, ce qui lui déplait un peu plus comme cette culture de la victoire, de "l'écrasement" de l'adversaire. Ce qui l'a toujours mise mal à l'aise mais s'en accommode.
Amélie parle de lectures, d'écriture, cite ses parents, sa sœur. Sans oublier son amour du champagne, des truffes, du caviar...
Amélie n'oublie pas ses lecteurs, et la correspondance qu'elle entretient avec eux depuis parfois quinze années !

Un parallèle qui, parfois, ressemble plus a un gouffre qu'autre chose, entre la France et la Belgique son pays natal; c'est le fil conducteur de cet entretien. 
On n'apprend pas énormément de choses sur qui est Amélie Nothomb, et pour ses lecteurs c'est un peu du réchauffé mais on ne s'en lasse jamais. Amélie on pourrait autant l'écouter que la lire des heures durant !

mercredi 20 août 2025

Les garçons de la rue Pál de Ferenc Molnár par Vincent Vallée

 



Ce qui m'a en premier lieu attiré pour acheter ce roman, c'est sa couverture. Un roman qui parle d'une bande de copains, directement ça me parle et on lit la joie de vivre au travers de la simplicité de l'enfance sur leur visage.


Les garçons de la rue Pál, c'est ce genre de roman dont on décroche difficilement, tant durant la lecture qu'après.


Ce roman est le plus lu en Hongrie et est paru en 1907. L'histoire paraît simple et pourtant, le sujet abordé est sensible, surtout de nos jours : la conquête de territoires.


Il est question d'une bande de copains qui jouent, dirait-on, mais eux sont sérieux, très sérieux. Ils ont des grades, des procédures, et un code d'honneur. Leur terre ? Un terrain vague, qui est pour eux :


"... un petit bout de terre pestois, stérile et inégal, cette lande miniature coincée entre deux immeubles qui, dans leurs âmes enfantines, signifiait l'infini, la liberté; qui le matin figurait les prairies américaines; l'après-midi la Grande plaine; sous la pluie, la mer; en hiver, le pôle Nord; bref, qui était leur alliée et se transformait en ce qu'ils désiraient, juste pour les divertir..."


"Les garçons de la rue Pál" sont ceux que l'on va découvrir, apprendre à connaître, et face à eux "les chemises pourpres" qui convoitent le terrain vague car ils ne savent plus jouer là où ils ont l'habitude de se retrouver. C'est donc après espionnage, contre-espionnage, et déclaration de guerre que va se mettre en place le jour de la grande bataille !


Lors de la lecture, on va attendre ce fameux jour avec espoir et crainte. L'un des garçons de la rue Pál, Nemecsek de son nom est le plus chétif, le moins chanceux de tous, il finit souvent dans l'eau au point de se demander s'il est une grenouille... Cependant, sous des airs de légèreté, ce roman est bien plus lourd de sens, profond, grave.


La bravoure des enfants, leur sérieux à défendre leur bien, leur drapeau est touchant, émouvant. Mais par-dessus tout, leur amitié m'a fait frissonner. La bande adverse, les "chemises pourpres" sont à première vue les méchants de l'histoire, mais on ressent de l'empathie pour eux, de l'indulgence, voire de la peine.


Il y a deux chefs, Boka pour "Les garçons de la rue Pál", et Feri Ats pour "les chemises pourpres"; ils se conduisent en véritables héros à la tête de leur petite armée, ils sont fiers et respectés et pourtant, au travers du drame de ce roman, ce ne seront pas les héros de la fin... L'issue du roman m'a laissé triste, ému et sans voix...


Ce roman était un coup de cœur !



Ferenc Molnár, de son vrai nom Ferenc Neumann, est un écrivain hongrois du XXe siècle. En France, ses écrits ont parfois paru sous le nom francisé François Molnar.

Ferenc Molnár est issu d'une famille juive aisée de Budapest. Son père est médecin. Il débute dans le journalisme avant de poursuivre des études de droit à Budapest puis à Genève. Il prend alors le pseudonyme de Molnár (« meunier » en hongrois), en référence à un personnage d'une de ses premières pièces.

BIO: (Source Wikipédia)

jeudi 14 août 2025

La traversée de Paris de Marcel Aymé par Vincent Vallée

 



J'avais envie de découvrir la plume de Marcel Aymé et quand j'ai découvert qu'il avait écrit ce que je ne connaissais qu'à travers le célèbre film avec Gabin et De Funès, je me suis dit que cela pourrait être sympa à lire.

On peut dire que, sauf pour la fin, le scénario du film a bien respecté le roman. Bien entendu, impossible de retirer le visage des acteurs lors de ma lecture...

Un boucher véreux de Paris, Monsieur Jamblier,  va confier à un homme, Martin, un cochon découpé et stocké dans 4 valises pour un client habitant du côté de Montmartre. 

Martin, dans un bistro, fera la connaissance d'un homme un peu taiseux, mystérieux juste avant de se rendre chez Jamblier. 

L'homme regrettera d'avoir partagé ce travail de transport de marché noir à travers Paris à un pur inconnu, qui s'avèrera être tout le contraire de son apparence.

C'est un beau roman court, l'idée d'évoquer l'occupation de cette façon est intéressante. Je regrette juste de ne pas avoir plus de cliché du Paris occupé, ses rues, son ambiance. Si ce n'est cette évocation de la place du Tertre nue avec pour seul compagne, la lune qui l'éclaire de sa blancheur...

samedi 2 août 2025

La lumière de la pluie sur son visage de Manuel Verlange par Vincent Vallée



L'écrivain nous relate, avec une plume légère et poétique, l'histoire d'un jeune garçon, un petit bonhomme qui vit avec sa maman dans une précarité toute relative. La maman de Manuel fait de son mieux pour garder la tête hors de l'eau, elle travaille ici et là, tantôt comme vendeuse de canapés par correspondance, tantôt comme laveuse de vitres. Mais surtout, elle se bat et garde Manuel sous son aile de mère protectrice, trop peut-être ?


Manuel est un jeune homme attachant et qui a du caractère. Dans le fait de manger tous les jours, il est rassuré par les pirouettes de sa mère concernant les repas peu appétissants et peu diététiques, et finalement, le menu kebab ou autres "crasses" du même acabit passent avec le sourire. "Un peu de ketchup pour les légumes..."

Il y a un fil conducteur dans ce roman, et après lecture on pourrait dire que c'est la littérature, les mots, les grands auteurs, mais non. Le fil conducteur, c'est l'amour. 
Un homme ne vit qu'un seul et véritable amour durant toute sa vie, c'est celui de sa mère. De "La promesse de l'aube", j'ai retenu ce passage déchirant qui illustre très bien la perte d'une maman: "On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné".

Le petit Manuel donc, est l'auteur d'une nouvelle qui a fait sensation, impressionné son professeur de français. Depuis, sa mère l'encourage à écrire, comme elle... Chaque jour qui passe, la mère de Manuel écrit mais ne divulgue rien, non, elle encourage.

Manuel lui, est paralysé par l'amour, sa plume est gelée de tendresse pour sa mère. Malgré ses efforts, il ne parvient pas à écrire le grand roman que sa maman lui réclame à coups d'encouragements.

Rien n'y fait. Manuel essaie pourtant, écoute sa mère et l'observe, prend exemple sur elle qui, en plus, travaille pour subvenir à leurs besoins mais rien, pas une ligne ne s'écrase sur le papier.

Et puis un beau jour, Manuel va se faire voler sa mère par les grands auteurs et leurs œuvres, les livres. En effet, c'est dans une bibliothèque, un univers bien à propos, que la mère de Manuel va s'imposer. La libraire est âgée et va compter de plus en plus sur sa recrue passionnée par les livres. Et puis, Manuel va se faire dérober sa mère par La Rochelle, une ville où la vieille libraire ouvre un autre temple du livre. C'est la mère de Manuel qui est chargée de donner vie à la librairie naissante. Cependant, un vilain air conditionné va faire tousser la maman de Manuel, les travaux liés aux premiers pas de la librairie vont durer et durer encore, et la mère de Manuel sera privée de son fils, et inversement, longtemps. Très longtemps, trop longtemps...


Roman édité chez : LE LION Z'AILE


Manuel Verlange :





Biographie


L'auteur a passé son enfance à Nantes, France. Très tôt, il marque une aspiration vers la littérature. Celle-ci se transformera en passion, avec les années. Férue de lettres et d'écriture, auteure de poésies, sa mère le confortera dans cette voie. Après ses études, il part enseigner la langue française à Tokyo, puis en Belgique. Il vit aujourd'hui près de Bruxelles, où il travaille à l'écriture de ses romans

(Source biographie : https://www.manuelverlange.com ).

 

samedi 26 juillet 2025

Les secrets de la femme de ménage de Freida McFadden par Vincent Vallée


Après avoir lu La femme de ménage, le premier opus de Mc Fadden, j’ai entamé Les secrets de la femme de ménage. Il faut d’abord savoir que dans ce roman, on ne découvre aucun secret lié à Millie, la femme de ménage en question. Le ton est donné. Il lui fallait un titre quoi... accrocheur tant qu'on y est.


Car, tout en lisant, j’ai compris que là, on avait affaire à du réchauffé, de l’insistance littéraire. Forte de son succès, Mc Fadden a été tentée — ou peut-être obligée, par son éditeur, que sais-je — d’écrire un second tome. Mais c’est en partie loupé à mon sens. Le premier souci est qu’il n’y a aucune liaison avec le premier roman... Jamais on ne reparle des Winchester et des mésaventures du premier roman où l'on fait la connaissance de Millie. Elle a tout de même été l’otage, la victime d’un homme cruel et sans pitié, qui enfermait son épouse au grenier. Rien, on retrouve Millie qui cherche du travail à nouveau, dans le même domaine, car elle a repris des études pour devenir assistante sociale.


Il s’avère que notre femme de ménage va encore atterrir chez des gens riches, encore... dont l’un des deux est cinglé, et forcément pas celui que l’on voit dans le déroulé de l’histoire...


Il y a beaucoup de clichés, du style feuilleton de l’après-midi à l’eau de rose : Millie est agaçante, le mot est lâché ! Elle se mêle de tout, elle fouine, et s’occupe de ce qui ne la regarde pas. De plus, elle se sent importante, regardée, désirée tout le temps... À cela, on peut ajouter qu’elle se sent constamment espionnée, comme dotée d’un don qui lui donne des frissons dans la nuque chaque fois que c’est le cas... Ben tiens...


Quoi qu’il en soit, c’est de nouveau, semble-t-il, une femme battue qui se cache derrière la porte de la chambre d’ami de la maison où Millie est employée. Et voilà, ce fait va devenir la « mission » de SUPER Millie.


Il y a une quantité d’incohérences dans ce roman, c’est hallucinant !


ATTENTION, SPOIL POUR LA SUITE :


L’épouse de l’homme qui engage Millie est décrite comme maigre, émaciée. Or, il va s’avérer qu’elle est le monstre de notre histoire, la prétendue bourreau, la victime. On a la sensation que l’auteure tente de rattraper des détails que le lecteur pourrait relever, en leur donnant rapidement des explications. Aussi, la véritable tortionnaire va se faire exploser la tête par son complice, jouant le rôle du mari aux yeux de Millie, afin de donner du réalisme à leur mise en scène grâce à ses talents de maquilleuse pour feindre coups et bleus sur son visage et son corps. On se demande ce qu’elle fait, car, à part des moyens dignes d’un tournage de film, il faut être très habile pour simuler de tels coups et bleus. Sinon, Mille s'avère être vraiment idiote, ce qui est évident au fil des pages, je crois.


Sa blessure, à notre monstre qui se fait passer pour la victime durant les 3/4 du roman sera incohérente lorsqu'elle va finalement retrouver son véritable époux. En effet, c’est après s’être fait exploser la tête par son amant et complice — qui s’avère être une vraie loque, ce mec — on se demande ce qu’une femme aussi riche et intelligente lui trouve de charmant. Le fameux mari donc, ne s’interroge pas sur l’état de sa femme, alors qu’elle a la tête fracassée. Là encore, l’auteure n’a rien trouvé pour rattraper le coup (c’est le mot)...


Millie est amoureuse d’un homme parfait, avocat, qui lui propose logement, repas, tout ce qu’il faut. Mais non, Millie préfère galérer et vivre dans un deux-pièces. Franchement, il faut vraiment être conne, non ? Certes, elle n’est pas vraiment amoureuse, elle ne sait pas, ben, on se dit que forcément, car leur histoire ne débute jamais, elle est bien trop occupée à tomber dans un piège, encore un, et sa curiosité insupportable la pousse à y céder.


Enfin, vous l’aurez compris : ce roman est un cliché du début à la fin. L’histoire précédente n’est jamais évoquée, il y a une grande méchante — ce n’est pas celle que l’on nous décrit —, et puis, la cerise sur le gâteau : un beau chevalier blanc arrive sur son cheval pour sauver notre chère Millie ! Ben tiens...


Vous l’aurez compris, je ne lirai plus Mc Fadden.


Bye, Mc Fadden.


samedi 12 juillet 2025

L'île Mystérieuse de Jules Verne par Vincent Vallée



Mon Dieu, quel roman ! Quelle aventure ! Quelle évasion !

Il existe des ouvrages auxquels il est difficile de se dévouer pleinement, et celui-ci me laisse presque orphelin. Je m'éloigne d'une île, véritable paradis terrestre, isolée du monde tel que nous le concevons. Ce lieu a été imaginé par Monsieur Jules Verne, dont le talent est prodigieux et l'imagination d'une richesse inouïe !

Comment parvient-il à nous tenir en haleine tout en nous offrant un tel voyage ? C'est là toute la magie de son style, celui de ce visionnaire, de cet écrivain explorateur. J'ai d'ailleurs eu l'honneur de découvrir une exposition consacrée à Jules Verne durant ma lecture, et j'ai été fort enjoué d'apprendre davantage à son sujet. J'ai déjà eu le plaisir de parcourir ses œuvres, telles que "Voyage au centre de la Terre", "De la Terre à la Lune", et "20 000 lieues sous les mers", mais cet ouvrage, "L'île mystérieuse", demeurera gravé dans ma mémoire pour longtemps.

Il convient de noter que l'édition complète que j'ai lue est une véritable brique à dévorer. Jules Verne possède ce don de nous transporter, et cette fois, ce n'est ni dans les entrailles de la terre (quoique...), ni sous l'onde (êtes-vous vraiment certain ?). Au commencement, nos héros s'envolent dans les cieux pour fuir la guerre de Sécession et leur geôle.

À bord d'un ballon, ils s'échappent : l'ingénieur Cyrus Smith, son fidèle chien Top, le reporter Gédéon Spilett, le Noir Nab, le marin Pencroff, et le jeune Harbert. Pris dans la tourmente d'une tempête, ils se retrouvent échoués en mer, mais trouvent refuge sur une île. Une île, certes, mais quelle île !

Ils vivront des mésaventures étonnantes, notamment la surprise de retrouver leur ami ingénieur, disparu lors de l'accident maritime. Cette terre d'exil, qui leur a sauvé la vie, se révélera être une source inépuisable de tout ce dont ils auront besoin pour survivre : un véritable Eden terrestre. Il est cependant indéniable que, sans l'ingénieur retrouvé, leur sort eût été des plus sombres, tant cet homme était une inépuisable source de connaissances et d'idées.

Sur cette île, nos intrépides colons découvriront la manière de produire le feu, de cultiver le blé à partir d'un unique grain, ainsi que de fabriquer des outils issus des matières premières disponibles.

Chaque moment critique se résout soit par un coup de chance, soit grâce à une providence extérieure. Qui se cache donc derrière cette assistance mystérieuse ?

Les rescapés, nos colons, s'approprieront l'île et lui donneront le nom de L'île Lincoln. Ils baptiseront également chaque recoin de cette terre d'exil : vallées, forêts, cours d'eau et montagnes.

Le talent de Verne réside dans sa capacité à nous tenir en haleine tout en nous instruisant et nous divertissant. Comment nos colons parviendront-ils à survivre à l'approche de pirates ? Qui est cet homme sauvage qu'ils rencontreront sur une île voisine ?

Par un heureux hasard, lors de ma lecture, j'appris qu'une exposition se tenait à Bruxelles. Naturellement, j'ai réservé des places et nous avons eu l'opportunité d'explorer plus avant l'univers de Jules Verne, ainsi que les difficultés qu'il rencontra pour se faire éditer (n'est-ce pas incroyable ?). Une immersion dans l'existence d'un écrivain que je considère comme le plus grand de son époque.

Il m'a fallu deux mois pour achever cette lecture, mais comme je l'ai mentionné, le roman est d'une ampleur considérable dans sa version intégrale. Quel bonheur de pouvoir, chaque jour, retourner sur l'île Lincoln avec les rescapés et partager avec eux un quotidien où l'ennui n'a pas sa place.






 


Votre serviteur et Monsieur Jules Verne !

 

samedi 10 mai 2025

Photo sur demande de Simon Chevrier par Vincent Vallée

C’était une expérience de lecture à la fois inhabituelle, rapide et profondément stimulante. Le titre intrigant, associé à un résumé accrocheur, a immédiatement éveillé ma curiosité et m’a incité à plonger dans les pages de ce livre, impatient de découvrir ce qui se dissimulait sous cette couverture énigmatique.





À travers des paragraphes concis mais évocateurs, l’auteur nous immerge dans l’univers complexe de son personnage principal, un jeune homme dont la vie prend un tournant inattendu et déroutant lorsqu'il aperçoit, suspendu au-dessus d'un lit, le portrait d’un certain Daniel Schook. Ce dernier, bien que paraissant invisible tout au long de l'histoire, devient le catalyseur d’un voyage introspectif et d’une quête personnelle. En cherchant à percer le mystère de cet homme énigmatique, le protagoniste jongle habilement entre son travail d’escort, les préoccupations pressantes liées à la maladie de son père, le sentiment de confinement qui l'étouffe, et les méandres tumultueux de sa propre existence, créant ainsi un portrait riche et nuancé de sa réalité.


Ce style d’écriture, qui m’était jusqu’alors totalement étranger, a suscité en moi une certaine ambivalence. J’ai eu du mal à déterminer si j’ai réellement apprécié ce texte, tant il m’a dérouté par sa singularité. Cependant, je peux affirmer sans hésitation que cette lecture était à la fois déroutante et captivante. L’originalité du récit a réussi à éveiller en moi un intérêt sincère, et le rythme effréné avec lequel j’ai tourné les pages témoigne indéniablement de l’empreinte que l’auteur a su laisser sur moi.


Ce roman résonne profondément avec les préoccupations contemporaines, abordant des thèmes universels tels que les rencontres interpersonnelles, la sexualité, et les bouleversements sociaux de notre époque. Il met en lumière la façon dont le numérique et les plateformes de rencontre transforment nos interactions humaines, tout en interrogeant les liens que nous tissons dans un monde en constante évolution. Cette réflexion sur notre rapport à l’autre et à nous-mêmes fait de cette œuvre un miroir de notre société actuelle.



Simon Chevrier est diplômé d’une licence d’anglais et du Master Création Littéraire au Havre.


En décrochage scolaire à partir de la troisième, il finit ses études secondaires au Lycée expérimental de Saint-Nazaire et au Lycée Autogéré de Paris où il obtient son Baccalauréat. Dans le cadre de son apprentissage de la langue anglaise, il a vécu à Londres en Angleterre, puis à Galway en Irlande, isolément sur deux années.


"Photo sur demande" (2025) est son premier roman. Il s'agit de l'histoire d'un étudiant qui nous raconte par fragments ses rencontres amoureuses, ses mois de prostitution pour affronter la précarité, le décès de son père.


Simon Chevrier a remporté le 6 mai 2025 le prix Goncourt du premier roman avec "Photo sur demande".

(SOURCE BIO: BABELIO).


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jeudi 1 mai 2025

À la ligne de Joseph Ponthus (+) par Vincent Vallée


Voici un livre, dont on m'a parlé en référence à ma condition d'ouvrier, auteur, mais aussi ouvrier.

Donc, j'ai été tenté, curieux, intrigué. Le personnage est intérimaire, ce qui est sensiblement différent d'un véritable ouvrier en usine. La succession de petits jobs, de travail en abattoir essentiellement, ne peut permettre à l'auteur d'avoir une vision réaliste de ce qu'est le monde ouvrier en milieu industriel. Et ça se voit à la lecture.

Aussi, je n'ai pas compris et ne comprends toujours pas ce choix d'écrire sans ponctuation si ce n'est de vouloir rassembler une succession d'idées, réflexions en plein travail, de notes prises sur un coin de papier rapidement, mais ce n'est pas expliqué en ce sens donc, je trouve une excuse à l'auteur et son éditeur.

Sinon, il y a quelques passages que j'ai relevés et qui m'ont parlé, comme ceux qui suivent :


Beaucoup, parmi nos collègues, pensent nous connaître, mais ils sont à mille lieues de savoir qui nous sommes vraiment, nos passions, nos ambitions, ce qui fait battre notre cœur.




Oui, une succession de jours qui sont perdus, qui ne servent à rien si ce n'est changer le chiffre d'un compte en banque... Triste vérité, triste sort, triste choix puisqu'on y reste.


Oui, c'est comme ça. Pourquoi c'est comme ça ? Parce que pas de diplôme, parce que pas de courage ou/et d'audace pour changer, partir, fuir cette monotonie, cette routine puante et illogique, cette hiérarchie qui se regarde tel Narcisse et se trouve parfaite...

Vous l'aurez remarqué, j'ai, j'aurais pas mal de choses à développer sur ce sujet et je le ferai, plus tard, plus tard.

Mais autrement, je ne ferai pas l'erreur de Ponthus de ne pas ponctuer. Car l'auteur aimait les mots, les écrire, ne pas les habiller d'une belle ponctuation et ainsi leur donner une jolie musicalité, c'est les trahir.





Joseph Ponthus, né Baptiste Cornet, est un écrivain français.

Après des études de littérature à Reims et de travail social à Nancy, il a exercé plus de dix ans comme éducateur spécialisé en banlieue parisienne où il a notamment dirigé et publié "Nous... La Cité" .
Il chroniquait également, jusqu’en 2015, le quotidien de sa vie "d’éducateur de rue" dans un journal libertaire.

En 2015, il devient ouvrier intérimaire, principalement dans l'agro-alimentaire. Il se met alors à écrire son premier roman, un livre sans ponctuation qui se lit comme un long poème témoignant du quotidien à l'usine, de la pénibilité du travail et des divagations induites, intitulé "À la ligne" (2019).

Joseph Ponthus remporte le Grand Prix RTL-LIRE 2019 pour "À la ligne".

(Source BABELIO pour la BIO).



mercredi 23 avril 2025

Plus noir que noir de Stephen KING par Vincent Vallée




Un recueil de nouvelles du King : sa dernière sortie littéraire

Je suis un grand fan de Stephen King, vous le savez. Cependant, je dois dire qu'avec ce recueil, il m'a tantôt perdu, tantôt reconquis. Pour être objectif, ce n'est pas son meilleur ouvrage, mais il y a quelques pépites ! Ben quoi, c'est Stephen King, pas Stephen God !

Commençons avec la première nouvelle : un fils découvre comment son père et son oncle sont devenus célèbres après avoir sauvé une extraterrestre. Comment expliquer une soudaine célébrité ?

La seconde nouvelle aborde un homme en réunion chez les AA, qui parle à un inconnu dans le cadre de la 5ème étape du programme. Son défaut ? Il aime tuer.

La troisième nouvelle met en scène Willie, un enfant en retard de développement, attiré par la mort, en particulier celle de son grand-père. Il n'hésitera pas à l'interroger sur ses ressentis à l'approche de la faucheuse.

Dans la quatrième, un homme rêve du meurtre d'une jeune femme. Lorsqu'il constate que son rêve devient réalité, il hésite, mais prévient la police et devient le principal suspect. Selon moi, c'est la meilleure des douze nouvelles.

La cinquième raconte l'histoire d'un homme malchanceux depuis sa naissance, kidnappé par erreur. Un peu pauvre, celle-ci...

La sixième nouvelle : en prenant un raccourci pour rendre visite à une tante mourante, une famille, accompagnée de leur grand-père, est attaquée par deux voyous. Cette histoire prouve que l'âge n'a pas d'importance ! Une sacrément bonne histoire !

La septième : un veuf reçoit de sa sœur un petit chien pour l'aider à faire son deuil. Effectivement, il n'en veut pas, mais elle lui sauvera la vie de bien des façons.

La huitième nouvelle met en scène un homme qui tue sa femme, croyant qu'elle est possédée par un extraterrestre.

La neuvième parle des facilitateurs, qui empêchent les crashs lors de turbulences en avion. Un métier comme un autre, quoi... J'ai beaucoup aimé l'imagination de l'auteur.

Dans la dixième, après la mort de sa femme, un homme part en Floride pour se refaire une santé. Il croise une prétendue folle qui promène, dans un landau, les fantômes de ses enfants morts depuis 40 ans. À sa mort, elle s'attend à ce qu'il prenne la relève. Géniale, celle-ci aussi !

La onzième : un savant fou fait des expériences sur le sommeil. Rien à dire, je n'ai pas accroché du tout.

Enfin, la douzième nouvelle raconte l'histoire d'un homme qui consulte l'homme aux réponses, un personnage qui prédit l'avenir à travers les questions qu'on lui pose. Il le rencontrera trois fois dans sa vie. Savoir son avenir, en partie, a-t-il changé quelque chose ? Il ne pourra pas empêcher le destin. Magnifique histoire, j'ai beaucoup aimé cette dernière nouvelle.

Ce que j'ai le plus déploré, c'est l'obsession de l'auteur pour le COVID, qu'il ramène souvent dans ses histoires. Je crois que le King n'a pas digéré le confinement...

Sinon, il y a des nouvelles moins bonnes, mais dans l'ensemble, c'est un très bon recueil de nouvelles de mon auteur favori !




 

lundi 14 avril 2025

Stupeur et tremblements de Amélie Nothomb par Vincent Vallée




Stupeurs et Tremblements est un livre qui illustre parfaitement l'attitude de déférence à adopter face à l'empereur japonais. C'est cette dynamique que va explorer Amélie lorsqu'elle est engagée par la société japonaise Yumimoto.


Lorsque je m'attaque à un roman volumineux, je préfère toujours lire un ouvrage plus court en parallèle afin d’éviter la sensation de stagner. Amélie Nothomb est idéale pour cela. Ce court récit est riche d’anecdotes sur ce que signifie être embauché dans une entreprise. Je me suis reconnu dans certaines situations, notamment celle de faire face à une hiérarchie infinie où chaque supérieur en a un autre au-dessus de lui.


Amélie San est engagée en tant qu’interprète, mais on lui interdit de parler la langue japonaise. Elle se retrouve alors à jongler avec des chiffres qu'elle ne maîtrise pas, et se voit assignée à la photocopieuse, dont le résultat ne satisfera jamais son supérieur. Cet enchaînement de déconvenues pourrait ébranler même le plus courageux des employés.


C'est alors qu'Amélie se retrouvera, comme elle le dit si bien, « aux chiottes ! » Punie pour son audace, elle est reléguée à l'entretien des toilettes du 43e étage. Sa seule échappatoire se trouve être la fenêtre, où elle s'imagine, non sans ironie, sauter pour s'envoler, observant son corps fuir dans le vide devant ses yeux. Bien que l'écriture soit empreinte d'humour, je ressens un malaise profond, une envie d'évasion face à la dénigration dont Amélie doit faire l'expérience au sein de cette entreprise.


À propos de fenêtres, Amélie livre une belle citation dans ce roman : « Aussi longtemps qu'il existera des fenêtres, le moindre humain sur terre aura sa part de liberté. » Cette phrase résonne en moi, surtout lorsque je me retrouve enfermé au travail, à regarder passer les camions, une routine qui dure depuis 27 ans. Cela témoigne de l'impact que ce roman a eu sur moi.

Finalement, j'ai donc beaucoup aimé découvrir cette expérience de notre chère Amélie Nothomb avant qu'elle ne devienne l'écrivain que l'on connaît. Cela illustre bien que chacun possède en lui sa destinée. Amélie la vit pleinement, sans se compromettre dans une soumission purement alimentaire. L'essentiel n'est-il pas de trouver SA voie, même si cela implique des concessions pécuniaires et de se contenter d’une fenêtre d'où l'on peut voir passer des camions ?


Merci Amélie pour cette réflexion profonde sur la quête de soi et la liberté !