lundi 23 novembre 2020

Quartier libre de Vincent Lahouze par Vincent Vallée

 


J'ai découvert la plume de Vincent Lahouze avec Rubiel e(s)t moi. J'ai alors été submergé par le talent qui coule de cette plume.

Aujourd'hui, ou plutôt ce soir, car j'ai poussé ma lecture jusqu'au bout, je chronique Quartier libre, le deuxième roman de Vincent. Si j'ai poussé ma lecture jusqu'au bout c'est parce que l'appat était trop appétissant, j'ai été harponné par un sacré coup de stylo ! Vincent Lahouze réussit un coup de maître : Faire mieux que son premier roman !

Quartier libre, un récit que je n'ai pu lâcher, vous l'aurez compris. L'histoire d'un jeune homme, Olivier, un peu fainéant, qui va être poussé par ses parents à se prendre en main. Il est envoyé à Toulouse pour y devenir éducateur mais, il ne connait rien à ce job, il va le découvrir, apprendre sur le tas, sur le terrain. Tout d'abord obligé puis, passionné. C'est ainsi que le jeune Olivier, loin de chez lui et de ses amis Boris et Pierrick, va entamer une nouvelle vie et quelle vie... Le milieu dans lequel il va enfin évoluer est triste, sombre sous certains aspects, mais riche de sa multiculturalité. Un quartier difficile, corrompu et où les éducateurs ont du travail, parfois dangereux.

C'est au sein de l'école où Olivier fera ses premiers pas en tant qu'éducateur, qu'il découvrira une génération parfois perdue parfois enthousiaste et qui pousse à réfléchir. C'est au travers d'Ismahane qu'Olivier fera sa première gaffe, c'est aussi à cause ou grâce à elle que sa vie basculera. 

Drogue, corruption, violence se conjuguent avec partage, amitié, multiculturalité. Le racisme n'est jamais loin, le pas de côté non plus. L'équilibre est difficile à trouver et parfois tout bascule, et on peut sombrer, être emporté dans un tourbillon qui ne laisse pas une seconde de souffle. C'est un roman choc, poignant, haletant. Un roman qui fait mal mais qui est nécessaire. Un roman qui doit être lu pour ne pas se voiler la face... Trop de voiles masquent des visages tristes parfois.

Olivier, Ismahane, Sophie, Pierrick... Boris. Des chapitres courts, un épisode de vie incroyable. 

Une morale pour moi au terme de cette lecture :

Plus jamais je ne verrai une communauté étrangère à la mienne avec un œil méfiant. Chez tous et toutes il y a une richesse de cœur et d'esprit qui peuvent côtoyer la haine et la violence et ce, chez tout un chacun quelque soit son origine...


Vincent Lahouze est un écrivain de 32 ans.


Découvert sur les réseaux sociaux par ses textes très personnels, aussi puissants qu’engagés, il a fédéré autour de sa plume et de ses valeurs humanistes, une fidèle communauté de lecteurs qui ne cesse de croître.


Après avoir vécu durant 12 ans à Toulouse, il aménage à Genève pour vivre de nouvelles aventures suisses.


On peut le retrouver sur son profil Facebook:

Vincent Lahouze

Et sur son compte Instagram: vincent_lahouze

Source : http://www.michel-lafon.fr




lundi 2 novembre 2020

Un pommier sur la rive de Nicole Nisol par Vincent Vallée


Je viens de terminer ce joli roman court. Comme je l'ai dit à l'auteure, rien que la couverture donne envie de se mettre à l'aise un dimanche après-midi avec un morceau de tarte aux pommes. J'ai déjà lu ce que Nicole publie, de nouveau elle m'a embarqué dans une histoire de terroir, une histoire d'hommes, de femmes écorché(e)s par la vie, les aléas de celle-ci. Nicole à ce talent de vous plonger au cœur d'un récit à la fois tendre, dramatique et rassurant.
Nous allons avec ce court roman nous retrouver en Normandie en 1950 quand Julia revient dans son village natal pour y enseigner et aussi replonger dans ses souvenirs d'enfance. Elle va retrouver une mère éteinte depuis tant d'années, un père toujours au travail, une Nanou toujours aussi gentille et bonne cuisinière.
Plus loin, beaucoup plus loin, sur les bords du Rhin, une jeune fille prénommée Emma va voir son destin basculer en même temps que celui de Julia. Elles ne se connaissent pas, et pourtant…
Ce récit est une histoire de famille, de destins qui se croisent et se trouvent. De non-dits en silences bercés par le chagrin, la mélancolie, c'est un joli voyage au travers de vies qui semblent banales et pourtant, cette histoire ressemble à tant d'autres de l'époque. L'occupation laissa des traces indélébiles, des cicatrices difficiles à oublier malgré le fard qu'on y appose parfois

J'ai noté quelques passages de ce roman pour vous :

"Les paysages de mon enfance n'avaient pas beaucoup changé, la guerre change les gens mais la nature reste toujours pareille."

"De grosses gouttes se mirent à tomber, elles éclataient en énormes bulles sur le Rhin, rondes comme des yeux qui ont trop pleurés."

 

samedi 3 octobre 2020

Je, Tu, Il, Nous,...

 


JE suis lui

TU es moi

IL est l’autre

NOUS sommes eux

VOUS êtes tous

ILS sont quiconque

Oui, NOUS sommes TOUS des AUTRES…


Vincent Vallée

dimanche 13 septembre 2020

L'étendue par Vincent Vallée (texte rédigé à l'occasion de l'expo Francis Feron à la chapelle des Cocars de Dour).

 


L’ ample étendue houleuse pleure sa mélancolie et s’arrime aux golfes clairs. Cependant elle frissonne, s’avance, tremble puis réfléchit et se retire…

Elle est frileuse et prudente, elle écume !

Plus loin, sous ce plomb céleste mais sombre, elle convole, épouse l’étendue lointaine.

Alors elle ondule, remue, s’élève souvent pour mieux replonger dans un sommeil apaisé.

Du ciel, c’est sûr, jamais elle ne divorce que du contraire, elle est en communion éternelle et engloutit l’astre radieux chaque nuit.

Je m'adosse à la roche. Mes yeux se perdent dans la vaste étendue de la mer. La plage ressemble à une minuscule crique... J'ai toujours été impressionné par l'étendue maritime, elle me rend humble, petit et faible...

Rien n'est plus majestueux et mystérieux à mes yeux, rien ne me fait plus peur. La plage paraît minuscule mais tout autour l'est également. Rien n'est plus grandiose que cette houle qui ondule, forme des crêtes à fleur d'eau et vient s'écraser sur le sable timide et suant de fatigue d'être ainsi sollicité.

Les hommes toujours un peu fous ou audacieux depuis la nuit des temps, tentent de l'apprivoiser mais en vain. L'iode, l'air du large, l'embrun magique et vivifiant rassérène tout un chacun... Sa colère est affolante, elle se soulève, rugit pour s'écraser avec fracas, écumante de rage. Tantôt calme et apaisante, tantôt colérique et incontrôlable elle termine toujours par s'apaiser mais... Il faut se méfier de l'eau qui dort.

jeudi 10 septembre 2020

Lettre à l'enfant que j'étais... Par Vincent Vallée.

 


Si on m’avait dit que je pouvais te causer, et bien… Parce que mine de rien j’en ai des choses à te dire. 10 ans, non mais t’imagines ? J’ai 10 ans et je peux me dire ce que je pense de moi. Tu sembles triste pourquoi ? T’es pourtant en bonne santé, une bonne bouille et les cheveux en bataille. Mais pas de lueur dans les yeux… Elle est où ton insouciance ? Il est où ton rire ? Ou ton sourire au moins ? Que dis-tu ? Ben oui je le sais, tu es seul, et encore plus depuis que tu as compris l’an passé qu’un visage si familier pouvait disparaître… Alors sois rassuré, ta crainte la plus profonde aujourd’hui ne se réalisera jamais, mais jamais. Non tu ne l’oublieras pas ton Tintin et bien sûr qu’il veille et veillera sur toi. Alors avance non ? Travaille un peu, étudie quoi…

Je sais que ça ne te semble pas important parce que personne ne te le dit à part ton prof et donc ça semble secondaire. Ben oui le prof c’est son boulot de te dire de travailler. Tu les détestes les maths pas vrai ? C’est de pire en pire… Et alors, le cours de natation c’est l’horreur ! Ben oui, ça l’odeur du chlore elle va continuer de te mettre mal à l’aise. Il est un peu con notre oncle de nous faire peur chaque fois qu’on est sur le sable à la mer. Rien que pour ça tu redoutes d’y aller… Oui, parfois on ne décèle pas les vraies craintes des fausses peurs chez les gosses. Toi aussi tu feras l’erreur.

Bah si, tu seras aussi papa. Tu n’y crois pas ? Ben pourtant mon vieux… Mais l’amour sera compliqué mais bof, sois rassuré, c’est compliqué pour tout le monde. Mais dis, t’es franchement différent de l’homme que je suis quand même. Pas étonnant que tu ne me crois pas. T’es si éteint là… Alors que moi je suis un révolté, une grande gueule. Tu vas courir vite dis pour le rattraper le retard. Ton docteur demande à maman de nous laisser tranquille ?

Oh ne lui en veut pas, elle fait ce qu’elle peut et avec ses erreurs elle sera toujours la plus belle personne de ta vie. Tu sais, une maman c’est avant tout une femme, une personne quoi… La tienne t’aimes beaucoup alors, pardonne lui ce qu’elle ne fait ou ne dit pas. Hé, tu sais ces lectures que tu aimes tant en fin de journée à l’école, ces livres entourés de nuages, si bien lus par ton instit, tu devrais creuser ce filon, ça pourrait t’amener sur un chemin… C’est beau les mots pas vrai ? T’aimes les BD et puis écrire de petites histoires.

Ça c’est comme le reste, tu vas pas m’écouter puisque jamais tu ne me liras, mais c’est ça qu’il te faudrait travailler plus, encore plus… Parce que c’est ton rêve d’adulte. Ah si tu pouvais me lire à 10 ans… Tout serait si différent, si différent. T’aimes bien tes mains je le sais, mais avec les mots tu ne les abîmerais pas, tu devrais me lire vraiment… Et puis tiens toi droit, ne fais pas le malin quand tu apprendras un métier, écoute les conseils parce que ton dos… Ben c’est précieux, si si, tu verras. Le gars qui t’écris cette lettre que tu ne liras jamais du haut de tes 10 ans a en ce moment même, mal au dos, aux mains… Au cœur aussi… de ne pas s’être lu 33 ans plus tôt. Parce qu’alors… Son lendemain serait fait de livres, de mots, de lectures, tout ça tout ça…




dimanche 6 septembre 2020

Un été indien de Truman Capote par Vincent Vallée

 

Un été indien est parfait pour découvrir la plume de Truman Capote. Il s'agit d'une nouvelle brillamment écrite. On ne sait s'il s'agit d'un souvenir personnel de l'auteur mais c'est en tous les cas une bien belle histoire, une de celles qui me parle beaucoup moi qui regrette tant mon grand-père.

Il est question de Bobby, un jeune garçon qui vit avec ses parents chez ses grands-parents mais pour qui la vie va changer de manière radicale. On comprend qu'il y a un conflit au sein de la famille, des soucis d'argent mais c'est le point de vue de Bobby que nous relate Truman capote. Celui d'un jeune garçon qui sent la séparation arriver et pour qui ce sera très difficile tant son attachement à ses grands-parents, surtout son papy, est grand.

Le jour du départ tant redouté arrivera et la séparation sera difficile, une autre vie l'attendra, mais la séparation restera un gouffre pour lui mais aussi pour son papy. C'est au travers d'une lettre que Bobby aura à nouveau des nouvelles de son aïeul...

Une bien belle nouvelle que je conseille.



jeudi 3 septembre 2020

Mais je suis un pauvre type... Par Vincent Vallée

 


Je pense, je suis persuadé qu’on aime, oui on aime qu’une fois. Je veux dire vraiment, avec son cœur, celui qui n’existe pas physiquement, appelez ça l’âme les tripes, on s’en fiche. Cet amour est plus qu’un ressenti alors, c’est comme trouver son alter égo, non je dis n’importe quoi c’est bien mieux, c’est se trouver sur un chemin de hasard, un chemin d’errance parfois…

Je lui avais tout donné… tout. Oh, rien de matériel vous ne me comprenez pas. Je lui ai donné mon âme, ça ne se donne qu’une fois une âme, et puis mes tripes aussi, mes ressentis, mes larmes ! Oui… Mes larmes. Et encore tellement de petites gouttes qui elles, sont tombées sur le papier ou ont mouillé mon oreiller dans un demi-sommeil. Mais pourquoi je narre, je vais m’adresser à toi non ? Allons-y… Je t’ai dit tant de choses que je pensais, mais oui, que je pensais malgré ce qu’on me disait et à raison d’ailleurs car tu étais bel et bien un salaud. Mais tu étais celui qui…

Celui qui a fait sauter mon cœur, vibrer mes artères, qui a levé mes frissons les plus raides. Tu as animé une foule de fourmis trépidantes dans mon ventre. Tu as dit tant de choses, alors que tu les aies pensées ou pas, que tu y aies cru ou non mais comme je m’en fiche. Je me sentais si important, enfin j’avais de l’importance dans un regard, de l’importance. Non pas pour mon égo, ma grandeur, mais pour mon bonheur. C’est dans tes bras que je me suis senti le plus apaisé, c’est dans tes mots que je me suis le plus reconnu, parfois… C’est sur et sous ton corps que je me suis laissé fondre. Et puis tu t’es révélé… rideau ! Une révélation sale et médiocre mais je te le répète, je m’en moque, j’ose le dire, j’en ai l’audace oui… Oui je m’en fiche car je ne peux pas croire que cette histoire n’ait servi à rien ni à personne. Pas à toi ? Mais à moi oui, et je t’emmerde.

Mais oui, un jour je passerai à autre chose, mais quand tu étais ici autrefois je ne pouvais pas te regarder dans les yeux*… oui tu vois je n’oublie pas ce cri, au-delà d’un chant, d’un son, c’est une vibration chez moi… Une vibration tu entends ? Je n’ai pas prémédité ce que j’écris en ce moment, ça coule tout seul, oui ça s’épanche comme ça parce que c’est là, en moi, là et maintenant. Certainement que c’est en moi depuis longtemps, c’est un cri que je retiens, une voix qui veut hurler, me mettre là au bord d’un précipice de papier et hurler de toute ma voix, hurler que oui, un jour j’ai aimé, bordel oui aimé ! Mais je suis un pauvre type un taré qu’est-ce que je fous ici, ma place n’est pas ici ! *

Alors tu vois, ces mots fusent et s’en vont, me quittent, jaillissent et c’est de plus en plus vite que je les étale parce que ça tu vois, le don, le talent, l’envie, la prétention, les gribouillages que je ponds là ? Ça part d’un coup, il ne faut pas les retenir, il faut que ça s’en aille parce que ça fait mal si je les retiens, comme tu m’as fait mal, ça saigne. Comme tu m' as saigné…

De plus en plus vite sans ne plus séparer mes mots, je dois le coucher ce putain de texte parce que c’est un exorcisme, un besoin, c’est vital tu entends ?? Vital ! Ah mais non tu n’entends pas, tu ne lis pas ? Tu grattes, tu fumes du rêve, tu fumes de l’illusion ! Mais la réalité et ceux qui t’aiment tu les jettes par les fenêtres et c’est un autre qui ramasse, pas vrai ? ! Oui il faut ramasser derrière toi, ramasser… et pour moi il aura fallu la louche ! Alors ce soir il est vrai, c’est une cuillère à thé certes, mais elle ramasse encore tu sais ?

Alors tu vois ? Je suis un pauvre type qui écrit, je ne sais faire que ça putain mais bordel comme je le fais bien…. Et tu sais pourquoi je le fais bien ? Parce que je n’écris pas avec un dico ou un Bescherelle, non j’ai mieux : j’écris avec mon cœur, celui que tu n’as pas vu.

*Creep (Radiohead).

©Vincent Vallée

dimanche 30 août 2020

Les nuits blanches de Dostoïevski par Vincent Vallée

 



Les nuits blanches.

C'est Félix Radu, jongleur de mots et comédien belge qui m'a donné envie de lire cet ouvrage.

Dostoïevski est un écrivain un peu spécial, il torture et met à nu nos sentiments les plus enfouis, la face et le côté sombre de tout un chacun.

D'aucun me diront que ce roman court parle d'amour et de désespoir, moi j'y vois et y ressent autre chose : Une soumission ridicule et un mépris en guise de conclusion, verrouillé par un énième coup de couteau.

Un jeune homme erre dans Saint-Pétersbourg, s'ennuie et semble très seul, la lecture nous démontrera qu'il l'est. Et puis, un soir il voit une jeune fille seule et malheureuse comme lui, sauf qu'elle, ne le cache pas. Ils finiront par faire connaissance et dans une attitude et un dialogue fielleux ils vont s'épancher en confidences. Lui et sa solitude, elle et son chagrin d'amour... 

Pour beaucoup ce sera un éloge à l'amour, mais personnellement je n'y ai vu que la sottise et l'aveuglement d'un jeune garçon, une admiration et des sentiments amoureux poussés à l’extrême pour une jeune fille jamais rencontrée et qu'il ne connait que depuis 3 jours à l'issue de ce roman.

Mais, je sais que notre cher Dostoïevski est connu pour faire ressortir la laideur, la mièvrerie ou la bêtise de chacun de nous. Dès lors, je suis rassuré, avec cet ouvrage c'est l'abrutissement amoureux qui ressort et se contemple... J'oublie de parler de la cruauté de la jeune fille à la fin de ce roman qui, par une lettre envoyée au jeune homme, va retourner le couteau dans SA plaie, le torturer une fois encore, là où il aurait fallu lui rendre sa paix intérieure. Autant ce jeune homme me fait pitié par  sa sottise que cette jeune fille m'agace.

Bon, cher Dostoïevski, nous avons fait connaissance mais nous en resterons là toi et moi. Sans rancune car de nos jours, la sottise et la laideur humaine ne doit plus être décortiquée par un écrivain de talent, elle s'étale en quelques clics, oui ça tu ne connais pas...


Petit passage que j'ai aimé :


"Qu'as-tu donc fait de tes années ? Où as-tu enterré la meilleure part de toi ? As-tu vécu ou non ?"



vendredi 28 août 2020

Métaphysique des tubes de Amélie Nothomb par Vincent Vallée

 


Un roman qui commence étrangement, bizarrement, Amélie Nothomb y parle d'un tube... Ce tube est un nouveau né, et ce nouveau né... C'est elle.

C'est là qu'en tant que lecteur tu te dis : Ce roman va m'ennuyer.

Cependant, j'ai appris à force de lire, à laisser une chance à un roman, ne pas le refermer de suite, lui laisser le temps de m’appâter, me ferrer et parfois ça marche, je me laisse pêcher. Cette métaphore est utile car je peux faire la transition avec un des symboles asiatiques, le Koi, la carpe quoi. Amélie la déteste et je vous laisse découvrir pourquoi.

Revenons à notre tube, ou plutôt Amélie. Ses parents l'avaient surnommée la plante, c'est dire. Car en effet, elle ne bougeait pas, elle attendait et se contentait de boire sans pleurer ni avant, ni après. La vie débutait étrangement pour elle, son meilleur ami était le plafond et ses fissures. Et puis un beau jour, dans le champ de vision du tube, un visage se glissa, fini le plafond, c'était une dame inconnue qui laissa vite la place à une forme étrange mais olfacivement agréable : Du chocolat blanc. La vieille dame fit goûter la délicate douceur à la plante et c'est là que se fit le réveil, Amélie vint au monde, elle venait de naître. De sa naissance jusqu'à ses premières années c'est au Japon qu'elle se prit d'abord pour un tube puis pour Dieu... 

Oui Dieu c'était elle, c'était ainsi, elle l'avait décidé ou peut-être y croyait-elle vraiment du haut de son enfance. Le Japon, le métier de son  père, les carpes qu'elle haïssait au plus haut point et puis Nishio-san... Cette dernière était sa nounou et elle s'adoraient toutes les deux. Il y avait tant de bienveillance dans les propos et les gestes de la nounou, qu'Amélie ne jurait que par elle. 

Alors voilà, une façon étrange pour certains, agréable à mes yeux, de découvrir les premières années de la vie de cette auteure incroyable et puis belge ! C'est ainsi que Amélie va se raconter, au travers de ses premiers romans et j'aime cette façon de faire, sans filtre ou alors ceux qui l'amuse. C'est un Japon magnifique et respectueux qui est décrit, une enfance dont on a du mal à croire les souvenirs si exacts et puis pourquoi pas ? Qui nous dit que nos souvenirs sont exacts, n'avons nous pas un peu, nous aussi, fantasmé les nôtres ?

Je vous recommande vivement ce petit roman. Un bijou.




mercredi 26 août 2020

Tu étais une fille de la mer… Par Vincent Vallée

 




Tu étais une fille de la mer…

 

 

Tu t’en es allée.

Et avec toi, est aussi parti une certaine époque, un temps que moi je regrette tant, mais tant. Le Borinage, Bruxelles, Popeye, tes visites et puis cet autre aspect de la famille.

Avec toi s’en est allé un souvenir doux, une voix, un rire, une fille de la mer.

Et puis un jour voilà, c’est ainsi on se réveille et sans le savoir, on se souvient qu’on l’avait pressenti. C’est étrange, je ne sais l’expliquer mais quelque part c’est écrit, cela me fut prédit.

Avec toi s’en est allé un souvenir doux, une voix, un rire, une fille de la mer.

C’est triste de ne s’être pas revu, triste de ne s’être pas parlé plus, car à travers toi c’est eux que j’aurais pu voir… À travers ta mémoire, leurs vies, leur amour, leurs souvenirs.

Avec toi s’en est allé un souvenir doux, une voix, un rire, une fille de la mer.

Je ne peux, et eux non plus, rattraper le temps perdu, mais avec une ancre on peut s’arrêter un moment. Regarder au loin et le visage au vent, s’endurcir comme toi, résister au temps. 95 ans c’est grand…

Oui c’était ça ton secret, tu étais une fille de la mer…

Alors maintenant c’est mon tour de te le dire : Grosse bise Babeth…

samedi 22 août 2020

Les aérostats de Amèlie Nothomb par Vincent Vallée

 


Les aérostats... Je suis d'abord allé voir ce qu'était un aérostat, oui, oui... Je me suis alors dit que de nouveau, Amélie allait nous faire voltiger, planer.

Avant tout je dois dire qu'après "Soif" son avant dernier opus, j'avais une crainte car j'avais été déçu, très déçu par ce petit roman caricaturant l'homme Jésus et ce qu'il représente également.
Là, nous allons découvrir une jeune fille, Ange, simple certes, à première vue studieuse et cultivée. 
Elle est en colocation et pour une fois, nous sommes à Bruxelles, une première pour un roman d’Amélie. C'est un des seuls soucis de ce roman à mon sens, car Amélie nous dépeint une colocataire acariâtre, limite tyrannique et un peu cinglée et puis en face, une désinvolture dans le chef de Ange qui contrecarre le tempérament de la jeune colocataire un peu agaçante. 
Cependant, Donate la jeune voisine de studio de Ange va être un peu oubliée par l'auteure au fil des pages. Je me pose encore la question de savoir pourquoi elle est ainsi décrite et dans quel but...

Ensuite, arrive Pie, un jeune homme de 16 ans dyslexique et qui devient un travail, une tâche confiée à Ange par le père de celui-ci. Pie, Donate, Ange... quelques prénoms encore bien spéciaux et loufoques à l'image de l'auteure. Le style d'Amélie Nothomb est bien là et le décor est planté ! Le jeune Pie est très spécial, enfermé c'est le moins qu'on puisse dire, renfermé aussi... mais qui va petit à petit s'ouvrir et guérir de sa dyslexie grâce à Ange. Cependant, Pie attend autre chose d'Ange.

Le seul rappel à Donate sera lorsque Ange se racontera, se confiera après avoir donné une leçon de littérature à Pie. En effet, le père de l'élève est un peu spécial ayant des façons un peu étranges et malsaines...
La fin mon Dieu... Le machiavélisme si j'ose dire, de l'auteure est là et bien là. Je suis resté abasourdi une minute et puis cette désinvolture à la narration me laisse pantois. Oui, c'est un bon cru d'Amélie Nothomb, je suis rasséréné.

Je suis passé par trois étapes lors de ma lecture : La confiance, la crainte, l'étonnement.
J'ai eu confiance en ce récit car une jeune fille qui va donner goût à la lecture à un jeune homme par le biais de classiques, je ne pouvais pas être déçu. Cependant, les classiques choisis...

J'ai donc craint, craint d'être à nouveau déçu et de baisser les bras à la lecture de ce court roman, mais... La seconde partie du livre et puis le dénouement m'ont surpris, étonné car je suis resté stupéfait par l'issue choisie.

Alors, n'en déplaise à ses détracteurs j'ai aimé ce dernier roman d'Amélie Nothomb. Quant à celles et ceux qui ne l'ont pas encore lue, soyez rassuré, Amélie ne mords pas, si ce n'est avec la plume.

vendredi 21 août 2020

Le bleu de tes mots de Cath Crowley par Vincent Vallée

 



Le bleu de tes mots.

Une fois le roman terminé, ce titre prend tout sons sens. En voilà une belle et constructive idée que d'ouvrir une librairie avec un rayon épistolaire. Dans ce rayon, on y trouve des livres dont les pages sont cornées, annotées. On y trouve des lettres également, des lettres que les lecteurs et lectrices laissent dans un livre que le destinataire ouvrira à coup sûr.
Cependant, une de ces lettres ne sera pas trouvée, pas ouverte, pas lue... 
Cette lettre est de Rachel pour Henry, ils sont amis depuis presque toujours et cette amitié va se transformer en amour du moins pour Rachel, seulement elle va déménager. Henry est propriétaire avec ses parents et sa sœur Georges de cet endroit magique qu'est la librairie, parfumée de mots, les sentiments, les livres se respirent là... Mais Henry ne lira jamais cette lettre, du moins, pas au bon moment, celui qui aurait pu tout changer... Henry va sombrer dans une folie amoureuse pour une fille volage et instable mais si jolie à ses yeux.

Rachel, une fois partie, continuera de répondre aux lettres d'Henry mais déçue, parfois fâchée de ne pas avoir eu de réponse à sa lettre d'amour, répondra brièvement.
Henry ne comprendra pas cette distance, forcément. Et puis un jour, au bord de l'océan que Rachel et son frère Cal aiment tant, un drame arrivera, la mort s'invitera et détruira Rachel.

C'est chez sa tante, près de chez Henry qu'elle ira se réfugier un peu à contre cœur. Henry lui, toujours entre amour et tristesse avec Amy sa dulcinée, verra son amie revenir en même temps qu'il apprendra la possible vente de sa librairie, son antre, son refuge...
Rachel, Henry, Cal, Georges et tant d'autres que nous apprenons à connaître et à aimer. Le drame de Rachel, cette mort, elle va la confier après avoir retrouvé Henry, ce qui ne se fera pas sans fracas et incompréhension. Henry sera loin de comprendre la froideur, la distance de Rachel car perdu dans son amour pour Amy cette fille un peu délurée... L'amour lui, ne meurt jamais, mais le sincère, celui qui possède de bonnes racines, une terre fertile.
Les mots sont des pansements, les écrire un onguent, un baume pour l'âme et les sentiments et c'est là, au milieu des mots que Henry et Rachel amis depuis toujours vont se comprendre, s'épancher, se retrouver.

Ce roman est magique, roman jeunesse certes, mais une fois le résumé lu, j'ai craqué. Il n'y a pas d'âge pour lire un roman, celui-ci me parle beaucoup, m'interpelle, me fait du bien. Nous avons parfois des bleus à force que la vie nous donne des coups et moi comme vous, ce sont les mots qui les apaisent. C'est tout le thème de ce livre. Durant cette lecture je me suis épanoui, j'ai reculé dans le temps puisque c'est une littérature jeunesse pour pouvoir revenir à mes 43 ans, plus fort, plus serein, plus posé. Pansé...


Cath Crowley est d'origine australienne, vivant à Melbourne. Auteur de nombreux romans de littérature adulte, elle écrit aussi pour les adolescents.
Graffiti Moon, a remporté trois prix prestigieux de littérature ado: NSW Premier's Literary Award, Honour Book - Children's Book Council of Australia Book of the Year Awards - Prime Minister's Literary Award.





mercredi 19 août 2020

Etre ou ne pas être...




Etre ou ne pas être... pour moi signifie que l'on peut choisir entre vivre sa vie rêvée ou subir celle que "la vie" nous impose...
Je veux essayer, d'être. Je fais en tous cas, tout ce que je peux pour être. Ouvrier, certes, mais amoureux de lectures, amoureux des mots, je veux être celui que je rêve d'être depuis toujours. 

Celui que j'ai laissé passer quand j'aurai pu choisir ? 

Choisir d'être... Je veux me battre pour être, pour ne pas survivre en rêvant parmi mes regrets, je ne veux pas je veux juste saisir le temps, lui dire : Hé stop fieu! JE est un autre, tu te trompes parce que je ne serai pas ce type là, c'est une façade, un mauvais reflet ou que sais-je. 

Moi, le vrai MOI c'est un autre, c'est celui qui écrit, philosophe, pense, lit, écrit tout ça tout ça... 

Non ce n'est pas celui qu'on voit, que je vois, c'est celui que je ressens en moi, tu sais le pt'it, le gamin de 10 ans qui écoute son prof lire une histoire... 

Ouais, c'est lui que je suis.





Vincent Vallée




lundi 10 août 2020

Voyage au centre de la terre de Jules Verne par Vincent Vallée

 


Voyage au centre de la terre... Qui n'a pas lu ce roman célèbre  si ce n'est le plus connu, de Jules Verne?
Et bien moi pardi !
Mon fils de 19 ans m'a devancé et l'a lu, honte à moi direz-vous et pourquoi ?
J'aime découvrir les classiques qui me font de l’œil. Qui a décrété qu'il y avait un ordre de lecture et un chrono derrière nous ?

Alors ce roman ? Je n'ai pas de mots pour le décrire et pourtant je vais devoir en trouver. J'ai ouvert ce roman et suis tombé sur une description de l'objet livre par le personnage principal du roman, Otto Lidenbrock, professeur en minéralogie. Il trouve un livre très révélateur pour la suite de l'aventure et le décrit comme ceci :

« Vois, disait-il, en se faisant à lui-même demandes et réponses ; est-ce assez beau ? Oui, c’est admirable ! Et quelle reliure ! Ce livre s’ouvre-t-il facilement ? Oui, car il reste ouvert à n’importe quelle page ! Mais se ferme-t-il bien ? Oui, car la couverture et les feuilles forment un tout bien uni, sans se séparer ni bâiller en aucun endroit. Et ce dos qui n’offre pas une seule brisure après sept cents ans d’existence ! Ah ! voilà une reliure dont Bozerian, Closs ou Purgold eussent été fiers ! »

En parlant ainsi, mon oncle ouvrait et fermait successivement le vieux bouquin. 

C'est là que Jules Verne m'a happé. J'ai pourtant cru que j'allais me lasser mais c'était sans compter sur la découverte de ce cher Otto, le professeur Lidenbrock, un autre savant comme lui avait laissé un code dans ce livre, une sorte de message crypté que le professeur va en vain, tenter de déchiffrer. Fort heureusement il y a son neveu, Axel, et aussi son élève qui va lui, comprendre et aussi prendre peur car il connaît son oncle, fougueux, entreprenant, enthousiaste, fou ?

Cette découverte va donner naissance à l'entreprise d'un voyage, mais pas n'importe lequel, celui d'un périple au centre du globe. En effet, le professeur et oncle d'Axel est persuadé d'y parvenir, de faire là des découvertes énormes ! Axel est bien plus sceptique, prudent et il faut bien le dire, craintif.
Mais rien n'arrêtera Otto Lidenbrock, le voyage va alors débuter et nous conduire dans les entrailles du globe terrestre, avec tous les dangers que l'on peut imaginer, et pourtant, Jules Verne va imaginer une descente toute autre que celle que nous pourrions nous, imaginer.
Une foule de termes scientifiques vont égrener ce récit, des hauts et des bas (n'y voyez qu'un petit jeu de mots...) vont nous permettre de ressentir le voyage comme Axel et son oncle mais il ne faut pas oublier Hans le fidèle chasseur et guide de la belle aventure ! Sans lui...
C'est toute un monde qui se cache sous nos pieds selon Jules Verne, un monde sous marin ? Un feu dévorant ? Ou juste quelques grottes banales ? Il y a du vrai et du faux dans mes questions, mais il y a dans ce roman toute une série d'autres aspects que je n'aurais imaginé. La descente et ses aléas parfois plus que dangereux nous font frémir et rêver... La ténacité alternant avec le presque découragement du professeur est inquiétante, osée, folle ? La crainte et la réserve d'Axel, plus pragmatique et réservé quant à l'issue de cette expédition permettent le doute et nous incitent à tourner les pages pour savoir jusqu'où vont aller nos amis.
C'est en Islande qu'ils vont entamer cette aventure, mais y reviendront-ils ? Et si oui, est-ce en Islande qu'ils reverront le soleil ? 

Ce que je tiens à dire, c'est que je suis interpellé par ce roman, ce classique, et en l’occurrence de Jules Verne et je vais dire pourquoi :

Bon nombre de romans contemporains me sont conseillés, je les achète puis je déchante, je n'entre pas dans l'histoire, c'est fade et insipide, je laisse alors tomber, non sans avoir insisté pourtant.
Et puis voilà un roman de Jules Verne, rien que l'évocation de cet écrivain fait pousser de longs soupirs aux étudiant(es). Et pourtant... J'ai été happé, surpris et suis entré de suite dans le récit, aucun passage ne m'a lassé ou énervé, j'ai frissonné et même ri. Alors, je me répète, un roman c'est une évasion, une aventure, une histoire, des sentiments, de la tendresse, de l'horreur etc, quelques personnages, quelques !! De nombreux romans de nos jours, sont publiés sans être compris ou lu, je commence à me le demander.

Jules Verne :





Jules Verne, né le 8 février 1828 à Nantes et mort le 24 mars 1905 à Amiens, est un écrivain français dont l'œuvre est, pour la plus grande partie, constituée de romans d'aventures évoquant les progrès scientifiques du xixe siècle.


Bien qu'il ait d'abord écrit des pièces de théâtre, Verne ne rencontre le succès qu'en 1863 lorsque paraît, chez l'éditeur Pierre-Jules Hetzel (1814-1886), son premier roman, Cinq Semaines en ballon. Celui-ci connaît un très grand succès, y compris à l'étranger. À partir des Aventures du capitaine Hatteras, ses romans entreront dans le cadre des Voyages extraordinaires, qui comptent 62 romans et 18 nouvelles, parfois publiés en feuilleton dans le Magasin d'éducation et de récréation, revue destinée à la jeunesse, ou dans des périodiques destinés aux adultes comme Le Temps ou le Journal des débats.

jeudi 30 juillet 2020

La vie en chantier de Pete Fromm par Vincent Vallée




Je viens de terminer ce roman. Encore un de ces romans où l'on se sent bien avec les personnages, avec qui l'on aimerait faire quelques pas encore...
Pete Fromm m'avait déjà happé par un premier roman : Indian Creek Voir ma chronique ici , pourtant nous sommes ici avec cette seconde lecture, dans un tout autre genre. Fromm fait plus fort, il s'attaque avec humour et délicatesse à l'éducation, l'apprentissage du rôle de père, un père dépourvu pourtant, triste et abattu par le décès de son double, sa moitié, la mère de sa fille à peine née...

Taz et Marnie forment un couple heureux et s'amusent beaucoup l'un avec l'autre, Taz est plus léger, ne s'occupe pas trop des factures etc. c'est Marnie qui gère. Elle le lui reproche mais avec humour et délicatesse car elle l'aime tout autant que lui l'aime. Ensemble, ils ont un endroit rien qu'à eux, du moins c'est ce que laisse entendre l'auteur. Une espèce de crique, un lieu presque interdit, un lac ou un étang un lieu un peu paradisiaque où ils aiment patauger, nager, se retrouver seuls au monde.

Quand Marnie va l'abandonner après avoir mis au monde Midge, leur petite fille, c'est là que Taz va se réfugier pour se retrouver à nouveau seul avec Marnie. Puis, Midge va l'accompagner souvent, de plus en plus et va apprendre à nager comme un poisson dans l'eau, là il a la sensation d'être en famille avec Marnie et Midge...  Marnie veille depuis là où elle est. Tout le temps... Oui tout au long de ce récit, Marnie va "parler" à Taz, lui dire ce qu'elle pense de telle ou telle décision que prend Taz, elle va continuer de le secouer. Ce dialogue est surtout le fruit de l'imagination de Taz bien sûr, ce n'est pas glauque un seul instant et c'est d'ailleurs tout le contraire. Attendrissant, marrant, vrai, voilà quelques adjectifs qui conviennent à ce roman.

Puis va arriver Elmo, une jeune baby-sitter, un peu loufoque mais attachante, il y a le "Rude" également, Rudy donc, le meilleur ami de Taz qui, par sa présence, son manque de tact, sa bienveillance va veiller à ce que son ami remonte la pente.
Car oui il s'agit de ça, remonter la pente après une mort en couche... Taz a perdu l'amour de sa vie, sa moitié, sa comptable, sa sœur, sa mère de cœur, Marnie... Mais Midge est là elle, c'est un peu de Marnie qui va grandir durant plus d'une année, c'est le temps qui s'écoule avec ce roman magnifique.

Menuisier il va se réfugier dans le travail, tenter de sortir du trou dans lequel il s'est retrouvé plongé par un coup dur de la vie. La mère de Marnie, grand-mère de Midge va l'aider alors qu'il la pensait aigrie, pas très sympa, elle se révélera bien plus aimante et compréhensive que ce qu'il avait imaginé.

" Je ne crois pas, je veux dire...(Au dernier moment, de justesse, il parvient à transformer son"je" en "nous".)
Vous pensez que nous irons mieux un jour?
_"Un jour", c'est une expression dangereuse, Taz, dit-elle..."

Un passage qui en dit long sur ce que peut ressentir Taz, qui va se battre pour Midge, pour Rudy son ami, pour Elmo qui va petit à petit prendre une place importante dans la vie de Midge, mais pas que...

J'ai trouvé que Fromm s'était surpassé avec ce roman, il aborde une forme de deuil très douloureux et pourtant, pas de sensiblerie ni d'humour noir, encore moins de tragédie dans ce roman, c'est tout le contraire et c'est ce qui donne tant de cachet à cette lecture.

PETE FROMM:




mercredi 15 juillet 2020

La Vallée de Bernard Minier par Vincent Vallée



J'ai terminé ce roman en quelques temps, beaucoup moins de temps que je ne l'avais pensé puisque je l'ai terminé très vite pour une telle brique.

Un thriller, et quel thriller ! Bernard Minier m'a embarqué avec lui tout au long de ces quelques 400 pages. Ce qui m'a séduit ?
On y parle d'une vallée, d'un monastère retiré au creux des bois, des crimes étranges y sont perpétrés, et puis il y a cet appel à l'aide après 8 ans de disparition...
Servaz comme Minier aime l'appeler, à la façon des meilleurs films policiers, est un flic déchu, il attend de passer en conseil de discipline pour des fautes passées, donc là je comprend que ce roman est une suite si je puis dire, mais je n'ai pas lu les autres ouvrages de Minier. Et bien peu importe, je suis embarqué malgré tout, et force est de constater que celui-ci se lit sans avoir lu les précédents.

Il y a tout les ingrédients nécessaires, un flic coincé, menotté par une interdiction d'exercer, un appel à l'aide depuis des bois enfouis au fond d'une vallée, un monastère lugubre, un village au creux de cette histoire qui sera lui, coupé du monde extérieur et des crimes atroces et étranges...
Mais...

Oui y'a un "Mais", pour ma défense et parce que j'en suis fier, au milieu du roman, j'ai eu l'intuition de qui pouvait être le tueur.
Je n'étais pas bien loin de la vérité, j'avais juste une partie de la réponse, la clef ouvrant la porte aux autres explications qui terminent le roman.

Mais bon sang, voilà un thriller haletant, rondement mené, j'ai ainsi découvert la plume de Minier, et j'en redemande. Les précédents peut-être ?
Je recommande vivement et je peux vous assurer que vous n'allez pas vous ennuyer avec cette lecture.

Bernard Minier :


lundi 1 juin 2020

Lettre à Arthur Rimbaud par Vincent vallée


Dans tes pantalons usés et crasseux de poussière tu marchais au travers des villes et des champs.
Parmi les villageois, les citadins peu importe tu étais. Ton JE était mais l'autre ?
Les poches usées et lisses de les avoir remplies de tes mains à plumes tu fus, tu es, tu resteras le génie de la poésie, oui Arthur on les emmerde les élites!

Les godasses trouées, les semelles râpées tu foulais la merde et les pavés suintants. Puis plus tard c'est le sable chaud qui ondulait sous tes pieds, puis...ton pied.
Les cheveux hirsutes, en bagarre comme cette vie qui fut la tienne, tu affrontais les bourrasques, les pluies pénétrantes, et puis ce soleil de plomb, t'écrasant, t'harassant...
Mais ainsi, tu avanças ta vie durant, vaille que vaille.

Souvent tu quittais ta plaine, ta campagne française que tu disais puante, répugnante d'ennuis et puis tu y revins, sans cesse, sans discontinuer jusqu'à y reposer. Tu t'es bien fichu de nous...
Ta besace, ta valise, que de cabotages entre villes et villages. Les pays lointains ne te repoussèrent pas et toi, toi tu les adopta. Tu t'y fondis, tu t'y immergea en te faisant adopter et par les cultures et par les idées, les autres.

Mais cette poésie t'as vraiment quitté dis ? Tu t'es découragé de ne pas voir tes manuscrits sur des étagères n'est-ce pas ? Oh Arthur comme je me retrouve en toi, comme j'aime regarder mes godasses foulant la poussière. J'en arrive presque à aimer être refusé par un libraire tu sais ? C'est quoi la célébrité ? Non mais à quoi sert-elle quand on écrit ?

Tout comme toi j'écris pour me libérer... C'est imprimé et puis après ? Je rechausse mes godasses et de par les routes et les sentiers je repars un autre cahier vierge sous le bras. Je cherche un coin de tranquillité et je m'y repose pour vider mon bras...
J'ai en moi, et depuis toujours cette mélancolie... On l'associa souvent, et moi aussi, à de la mélancolie triste mais elle est heureuse. Parce qu'écrire m'est vital.

Tout comme toi j'ai tourné ma vie dans tous les sens pour savoir son sens... J'ai demandé l'avis des gens et puis quoi ? La vie ne vaut rien, mais moi j'y tiens. Tu y tenais aussi pas vrai ? Sinon pourquoi repartir dans cette France que tu avais fui ?
Mes mains se mettent à briller quand j'écris et se racrapotent quand je n'écris plus. Et puis lire, Diable lire ! Rien ne vaut l'acte de lire. J'ai parfois tant de mal parce que cette saleté de vie me vole même ces instants uniques en fermant mes paupières sous le poids de cette fatigue imposée, pas saine, oh non pas saine.

Tout porte à croire que tout nous échappe Arthur... Même l'écriture ! J'aime me laisser bercer par le pépiements des volatiles, mais que ce monde me laisse m'envoler, franchir les rivières de cette vie ruminante. La foi qui m'anime est un mensonge ? Dieu le sait non ? Et toi tu y croyais dis ? Verlaine croyait aussi tu penses ? Je ne crois pas.
Et l'éternité Arthur ? Cette mer halée avec le soleil ? Tu l'as aimée ? Tu l'as admirée c'est vrai ? Moi je l'aime cette éternité retrouvée, elle me parle, elle m'apaise, elle me punit avec sa grandeur et tout ce qui s'en échappe.

Alors c'est ça la vie d'un auteur non reconnu ? Un fin sans fin ? Des pulsions ? Ne pas écrire des jours entiers et puis tout à coup, comme une vague qui se soulève de l'océan, les mots viennent mourir en s'écrasant sur le sable de ma feuille ?
Il me faudra aussi m'exiler dis ? Il me faudra donc tout laisser tomber et tout quitter pour partir crever loin ? Oh tu sais, il y a parfois aussi pire que de perdre une jambe pour succomber.
Allez Arthur, je vais rechausser mes godasses comme toi, user mes poches lustrées et ramasser ma besace, j'y mettrais ma plume et quelque feuilles, oui, on ne sait jamais...


Putain d'élite ! Saleté de vie !  Fichue inspiration et putain de fainéantise !
Je tourne pourtant les pages et je vais continuer à chercher, à comprendre, je te cherche...
Je me cherche dans les yeux des enfants et leur façon de rire... Il disparaît à chaque réveil le mien... Je te cherche mais jamais ne te trouve.
J'ai ancré ma tête dans les cris et puis j'attends... Soleil Arthur... Jour sans fin... Marche libératrice, écriture salvatrice, lecture apaisante, oui c’est pour ça qu'elle m'emporte et clos mes yeux avides de lectures...
Allez Arthur explique moi, laisse toi trouver tu veux ?

dimanche 19 avril 2020

Ces silences entre les mots… ... ... Par Vincent Vallée




Ces silences entre les mots…

Oui, ces silences, car les mots, après tout, mis bout à bout, oui comme ça, sans modération, sans freiner, sans… s’arrêter, qu’ont-ils comme saveur ?
Les silences courts ou plus lancinants dame ! Ils sont importants, moi, j’en ai besoin. Écrire quelques mots qui feront une phrase, attendre la suite, elle ne vient pas, attendre encore, l’imaginer et puis ! La suite nous donne tort pour notre plus grand plaisir car, on recommence alors.

J’ai parfois tant de mal à exprimer, dire les choses de manière concise, les mots se bousculent dans ma bouche, écartent mes dents et jaillissent sans prévenir, donnant ainsi un monologue assourdissant.

Et pourtant…

Quand je me tais et que j’écris, j’arrive à freiner, formuler, parfois un peu gauchement certes, mais on m’apprécie alors, mieux, bien mieux…
Ces silences entre les mots, cette réflexion et ce temps que l’on prend pour faire une belle phrase, concise, mais intense alors, sont si importants. Les mots ont besoin de ces silences, j’en ai besoin aussi pour ressentir toute leur profondeur, leur intensité, leur prix !

Écoute le silence… écoute sa mélodie, son intensité, finalement quel vacarme fait ce silence, quel bruit, quel… Mais, qu’est-ce que le silence puisqu’on ne l’entend pas ? Oh c’est bien simple, le silence c’est le son d’une cloche au loin, le cri d’un coq enroué, le pépiement des moineaux, merles et autres enchanteurs sifflants. Le silence c’est aussi cette bise qui pousse nos tuiles, les caresse, ou encore le néant qui ressemble à la mort, quelques instants…

Le silence est si important, ne rien dire, ne rien écrire, puis recommencer pour mieux s’exprimer, donner davantage de puissance aux mots. Oui, les silences sont puissants entre les mots… Nécessaires, indispensables bien sûr. Je pourrais écrire des heures sur le silence entre les mots, le silence tout court… Oui, quand on se tait enfin, on s’entend. Céline lui, avait compris l’importance du silence, exprimé ainsi… simplement ainsi… … … …

« Je lui ai dit dès le premier jour quand elle a toussé :  Ne vous allongez pas, surtout ! … Restez assise dans votre lit !  Je me méfiais. Et puis voilà… Et puis tant pis. »


Il avait tout compris Céline, tout…

©Vincent Vallée

lundi 13 avril 2020

Notre conversation… Par Vincent Vallée




Comme un pauvre fou je me suis laissé avoir, rien ne m'a stoppé, pourtant tu le savais que je t'aimais.
Tu savais aussi que ma vie je te l'avais donnée, par immersion j'avais plongé dans cette eau qui m'a envahi, ou j'ai reconnu que tu étais le sauveur de ma propre vie.

Et il est arrivé, m'a tenté et tu m'as laissé succomber. Oh oui c'est facile pour moi de te blâmer alors que c'est moi qui ai fauté me diras-tu, aisé aussi de te rendre responsable de tout ce qui m'avait été annoncé, c'était pourtant écrit... Et je l’ai lu. Mais est-ce que c’est à moi que tu parlais en disant :

Rm 1, 18 ; 26-27 : « La colère de Dieu se révèle du haut du ciel contre toute impiété et contre toute injustice des hommes qui, par leur injustice, font obstacle à la vérité. […] C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions déshonorantes. Chez eux, les femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature. De même, les hommes ont abandonné les rapports naturels avec les femmes pour brûler de désir les uns pour les autres ; les hommes font avec les hommes des choses infâmes, et ils reçoivent en retour dans leur propre personne le salaire dû à leur égarement. »

Mais… Tu n’avais aucune raison d’être en colère contre moi, aimer un homme serait donc une punition que tu m’inflige ? Je ne veux y croire et pour une simple raison : Je ne te trahissais pas pour recevoir cette punition. Pourtant j’ai été puni et ça c’est entre toi et moi.
Oh dieu, j'ai succombé et maintenant ou aller ? Que faire ? Que dire, comment vivre, survivre ?
J'avais si bien commencé cette vie, si bien débuté, Je me demandais qui et où tu étais, je te cherchais et j’aimais déjà les garçons, mais il est arrivé ce démon, ce fou, ce médiocre. Ah il les connait aussi tes saintes pages, je le savais bien…Mais ? Était-ce lui ?
Je me suis banni à toi, interdit de toi et de ton salut, je t'ai renié sans le vouloir et ne peux te demander pardon, je ne peux même pas m'agenouiller devant toi et pleurer ma servitude, étaler mon chagrin, crier mon pardon ?

Oh mon dieu comme je regrette mes jeunes années ou j'avais si peu, mais en y songeant j'avais tellement... Je croyais simplement, sans réfléchir et comme j’étais heureux, jamais le fait d’aimer un garçon m’aurait ennuyé, j’étais innocent et je croyais simplement. Ce sont les hommes qui se disent de toi qui on tout compliqué et vidé les tiroirs de mon cœur…
Oh oui j'avais en abondance dans mon cœur, et dans mon âme, j'étais alors pauvre d'esprit et si commun, mais je n'avais pas encore connu la tentation, ni le tentateur. Était-ce lui ? J'avais un seul ami et plein d'amours espérés, plein d'avenir, plein de projets, oh mon dieu qu'ai-je fait de mes années à tout foutre par terre, j'ai vraiment foiré mon Dieu, je ne sais comment faire car j'ai découvert une part de moi qui m'empêche d'aller à toi et de t'implorer, de te demander pardon seigneur.
Je ne peux que regarder de loin ta croix et la désirer ? Je ne suis plus rien même la poussière me parait immense à mes côtés.
Dieu que vas-tu faire de moi car il faut que tu me juge, que tu me condamne pour avoir trahi ton nom et ta parole, oui j'en suis conscient, oui je sais que je ne suis plus rien à tes yeux et je ne peux même pas te toucher, je ne peux pas t'implorer, je ne peux que te prier en vain et pleurer mon Dieu...
Tu es mon seigneur et à jamais je te sais et te reconnais pour vrai.
Mais moi à tes yeux je suis un leurre n’est-ce pas, je suis mauvais et je le sais, le mérite, et en crève.Je ne vais pas à l'église mais j'aime y entrer pour te parler, je ne vais pas dans les temples et les mosquées mais je ne suis pas contre y être invité pour te retrouver, toi mon Dieu, non pas le leur, mais le mien, car tu es partout pour moi, pour lui, pour elle. Et si allumer une bougie, un cierge ou que sais-je me permet de me rapprocher de toi et de penser à toi, alors j'aime à croire que c'est bien et que tu apprécies. Oui tu apprécies et te laisse approcher, en tous lieux et en toutes circonstances...

Je t'aime et te suis reconnaissant pour ta fidélité et ton amour, je sais que ton sang a coulé pour moi, mais je n'en suis pas digne, oh que non, pas digne... Mais… Ces gens qui se disent de toi le sont-ils ? N’ont-ils rien à se reprocher de m’avoir ainsi assommé avec tes paroles ? Ah ! Ils m’ont sonné, je suis KO, je suis à terre mais le combat… Il n’est pas fini, non. Mon adversaire, ce n’est pas lui ou elle, c’est moi, que moi. Ah ! JE est un autre… Oui mais qui ? Cette vie est un théâtre n’est-ce pas ? J’en suis un acteur, parfois bon, souvent mauvais. Mais pourtant, même si je doute souvent car je ne suis qu’un homme, je crois que je ne fais pas fausse route. Pourquoi ? Parce que c’est celle que tu m’as donnée, c’est la mienne. Et ta parole me parle à moi, elle est unique pour moi. Ne s’adresse pas aux autres puisque nous ne la comprenons pas de la même façon. Pour ce qui est de ma foi, mon voisin m’importe peu. C’est notre conversation qui me sied. Notre conversation…

dimanche 5 avril 2020

Il fallait bien que ça arrive. (Hommage à Marcel Moreau), par Vincent Vallée


Il fallait bien que ça arrive...

Marcel Moreau n'est plus, emporté par la vie tout simplement. Il y a un lourd bagage qu'il nous laisse, quelques valises emplies de mots, de phrases et de réflexions profondes. Il y a de la torture dans ces bagages, torture du verbe, du sens aigu, torture de la phrase. Marcel Moreau disait à propos de l'écriture:

Il ne suffit pas que l'écriture soit un chant, il faut qu'elle drogue, qu'elle enivre, qu'elle provoque chez le lecteur ces somptueuses titubations intimes sans lesquelles il n'est point de profondeur révélée. Il s'agit d'écrire un livre qui se boive, qui se danse plus qu'il se lise...

(Lettre à Anaïs Nin.)

Personnellement, j'ai lu "Quintes" et "La violencelliste"et j'en suis ressorti troublé, chamboulé, comme perdu, mais il y avait quelque chose de différent ensuite. Depuis ces lectures et la découverte de la plume de mon pays, puisque lui bien avant moi, a découvert ma ville, son village, et donc le Borinage, j'y reviendrai plus loin...
Après ces lectures donc, je n'ai plus lu un roman de la même façon, j'y recherche autre chose et en ce qui me concerne, Marcel Moreau m'a appris au travers de ses écrits à rechercher la phrase torturée, celle qui donne de la profondeur, du sens, une réflexion de quelques secondes... C'est à ça qu'on reconnait un écrivain. Dans "Quintes" j'avais relevé quelques passages que je cite ici :

" De la mort enfin, J'en voudrais dire deux mots, c'est qu'elle était là-bas, c'est qu'elle est ici, associée aux instants de bonheur, à la promenade le long de la Seine, à la trépidation même de ma seconde existence."

Mais aussi:

"Heureusement j'écris et j'aime, ce qui me permet de ne pas prêter une oreille absolue à cette morne « musique de l'ennui » qui suinte par tous les pores, désormais sans frontières, du discours contre l'être, le discours de la clôture de cet être."

Mais encore, et j'en viens à Boussu, notre village natal commun, à lui et moi mais aussi à ma payse Françoise Houdart, écrivain elle aussi de Boussu. L'évocation du métier de son père et de la région :



Moi je suis né à Boussu, toute boue sue... Il est obligatoire de constater que Marcel Moreau n'affectionnait pas particulièrement sa ville, mais pourtant il avouera lors d'une interview s'être peut-être trompé... Comment ne pas penser à Rimbaud, un autre bourreau des mots qui disait détester Charleville mais y revenait sans cesse ? Moreau écrira d'ailleurs dans "Quintes" ce passage au sujet de Boussu:

Je conserve de ce poussah urbain un souvenir presque ému, en tous cas fidèle... 

Et toi Boussu tu le laisses dehors aujourd'hui encore ? Je veux croire que pas cette fois, plus maintenant !
Marcel Moreau a habité la rue Jules Bonaventure de ma ville, et j'y passais chaque jour deux fois par jour et ce, durant sept années de mon enfance et en particulier à proximité de chez lui puisque j'allais à l'école Le collège sainte Marie de la même rue. Voici aujourd'hui, sa maison en avant-plan et l'école de mon enfance. 



Mais voilà, Marcel Moreau c'est autre chose que ce rapport à ma ville, commune, région: le Borinage, c'est aussi la vie à Paris, son oeuvre gigantesque et parfois si difficile à lire, à comprendre... Celui qui prétend avoir tout compris ou tout aimé et de suite est un usurpateur non ? Cependant, je me suis efforcé de le lire, le relire et le comprendre, je me suis accroché. Sa vie est intimement attachée à ses écrits, écorché, parfois mal dans sa peau, déprimé... Et puis âgé. Il écrira encore dans un autre ouvrage "La violencelliste" que j'ai lu également, ceci:



Son style lui appartenait, et il fut longtemps incompris par beaucoup et l'est encore aujourd'hui. Peut-être faut-il être un peu comme lui pour s'en approcher et y croire pour le comprendre lorsqu'on le lit. J'ai, pour ma part, écrit beaucoup de textes sombres et nostalgiques, tristes et à la limite du morbide, et ce me fut reproché d'ailleurs. Mais lorsque j'ai découvert les écrits de Marcel Moreau j'ai été rassuré. Il faut le lire comme une confession, un épanchement, de lui, de la vie, sa vie, celle des autres... Je le ressens comme ça, en tous les cas, moi.
Je suis boussutois et j'aime ma ville car c'est ma ville, ce sont mes racines et Dieu sait que beaucoup tentent aujourd'hui de mettre en valeur celle-ci par ce qu'il reste de notre château de Boussu, grâce à Marcel Capouillez et son équipe, ce qu'il reste de notre littérature grâce à Françoise Houdart et quelques autres personnes dans son sillon. Alors oui, Boussu,  je veux croire que tu vas mettre enfin à l'honneur l'enfant du pays, mon pays, lui ce fut durant son enfance et un peu plus, moi c'est ma vie durant. 
Il y a ce qu'il faut pour le faire Boussu, tu n'as rien à faire, juste ouvrir les portes de ta culture, entrouvrir ton esprit  et laisser y entrer le temps de quelques instants fugaces dans une vie, quelques acteurs qui ont eu à cœur de mettre en avant ton écrivain le plus illustre peut-être. Et c'est Stefan Thibeau, fils de Roland Thibeau de la Roulotte Théâtrale qui s'en est chargé par le biais d'un film, un court-métrage à son sujet et à la fin de sa vie, un spectacle existe aussi. Alors Boussu ? Où es-tu ?
Mais comme Boussu n'est pas seule dans le Borinage, d'autres ont pensé à mettre celui-ci en avant par le biais d'un spectacle nommé "Identité Boraine", Françoise Houdart, Annie Préaux, Daniel Charneux, Roland Thibeau et d'autres qui tentent ainsi de redorer le blason du Borinage, notre pays. Marcel Moreau n'y est pas oublié, certainement pas.
Je ne vais pas m'épancher plus longuement car, mon but au travers de cet hommage à Mr Moreau c'est de réveiller quelques consciences, de susciter la curiosité des boussutois(es) et les autres bien sûr. Découvrez Marcel Moreau, son oeuvre, sa vie. Ce sera je crois, une façon de le ressusciter ou tout du moins, de continuer à faire vivre son talent, sa profondeur...