lundi 26 juin 2023

Reste de Adeline Dieudonné par Vincent Vallée

J'ai terminé ce roman de manière plus positive que lors des premières pages. En effet, quand j'ai entamé cette lecture je me suis dit "encore un roman glauque" et je continue de le penser sauf que celui-ci est plus élaboré que "Kérozène" plus construit, il y a une trame, une véritable narration. Au contraire de "Kérozène" qui n'avait ni queue ni tête...
Donc, ce roman me rassure un peu après la parution de "La vraie vie" premier roman de l'auteure qui cette fois, et après nous avoir confié écrire en musique, nous partage sa playlist pour ce dernier roman. C'est fort intéressant. Une playlist que vous pouvez retrouver sur Spotify.

Pour résumer le roman c'est difficile car il n'y a rien que nous ne pourrions pas dévoiler. Le roman est glauque du début à la fin et il n'y a aucune surprise finale, pas de renversement de situation. Il s'agit d'une histoire d'amour, d'un adultère entre celui que l'auteure appelle M. et son amante que je ne sais pas nommer puisque Adeline Dieudonné ne le fait pas. Là aussi je ne sais pas pourquoi puisque rien ne l'explique, rien ne permet de le deviner non plus. 
M. est amoureux et marié donc, sa maîtresse est avec lui au bord d'un lac dans un chalet, quand un beau matin, en se demandant ce que fait M. elle voit une masse sombre flotter sur le lac. M. est mort noyé. Ne me demandez pas ce qui lui est arrivé, ce n'est pas expliqué, ni l'objet d'une surprise en cours de lecture qui ferait dire au lecteur " Ah voilà pourquoi !", non, ne rêvez pas...

M. est mort et la narratrice, sa maîtresse, ne veut pas suivre la ligne de conduite en pareil cas. La raison n'est pas que par sa mort elle devra s'avouer être sa maîtresse, non. Juste, elle veut le garder pour elle, ne pas le partager, ne pas le voir s'en aller selon le rite habituel lors d'un décès.
Alors, elle écrit à l'épouse de M. c'est une ligne de conduite lors de l'écriture. La narratrice écrit à l'épouse de M. et lui explique tout. Leur aventure extra conjugale, leur amour, et sa cavale avec le cadavre de M. 
En écrivant cette chronique, je me rend encore un peu plus compte de la folie de ce récit. C'est déjanté, psychologique et pose question. C'est un style choisi et assumé par l'auteure depuis son premier roman, et ce dernier roman rattrape quelque peu la chute entamée avec "Kérozene". 
Mais voilà, j'ai essayé ce troisième ouvrage pour voir si j'allais retrouver les sensations lors de la lecture du premier ouvrage de l'auteure, mais non. Je ne tenterai pas une quatrième lecture quand l'ouvrage paraîtra. Je crois avoir fait le tour, le style ne me convient pas. Trop psychologique, trop glauque et trop tiré par les cheveux. On en arrive à se demander si l'auteure n'a pas elle même un souci pour se pencher sur de tels sujets.
On pourrait alors me dire que Stephen King est, dans le même genre, un peu cinglé, ce à quoi je répondrais que King a lui au moins, le style soigné, élaboré, et qu'il voyage dans ce style, il distrait il ne se focalise pas, ne s'obsède pas sur son thème; il nous promène au fil des pages et cela fait du bien au lecteur. Dieudonné nous offre un roman qui, un peu comme si on triturait une blessure, s'entête sur un cas psychologique et nous enferme avec elle dans un délire.

mercredi 21 juin 2023

La marche du Baoyé de Sigrid Baffert par Vincent Vallée ( Masse critique BABELIO).


 

J'ai découvert cette nouvelle au travers d'une "Masse critique" organisée par BABELIO. À cette occasion, BABELIO envoie l'ouvrage à des contributeurs actifs du site et avec nos lectures nous incitons, encourageons ou non, à lire l'ouvrage proprement dit.

Ici c'est au coeur de l'Afrique que nous plongeons, au sein d'un petit village semble-t-il, qui est "déraciné" rayé de la carte pour y construire des logements, des hôtels. Tous sont partis, il ne reste que la famille de Tiago et de son frère Grand Ouji, de P’pa et M’ma, les fermiers Manké.

La famille emporte tout ce qu'ils peuvent avant que les "déracineurs" ne leur imposent des images qui leur seraient insupportables. M'ma prend un grand seau et avec précision, s'empare du dernier Baoyé, un arbre aux onze fruits juteux, appelé Monsieur B. Commence alors une longue marche dans le désert et au travers du sable rouge, des tempêtes qui vient leur boucher les narines, empâter la bouche... C'est un lieu paradisiaque qu'ils convoitent, "La haute Jade" un endroit purement hypothétique. Il leur fallait bien un but, un moteur pour marcher des jours entiers.

La faim et la soif va les tarauder et ils n'ont même plus d'âne pour tirer leur carriole, c'est P'pa qui s'en charge. Fort heureusement le Baoyé va les aider, grâce à ses onze fruits juteux, presque magiques, à survivre, il sera même l'objet d'un presque miracle. C'est Tiago, le cadet qui raconte son périple, le déracinement de sa famille, le courage de ces africains face aux grands investisseurs qui détruisent une culture, une histoire, un peuple.

Cette nouvelle pour enfants à partir de 9 ans, s'adresse également aux adultes ou aux grands enfants comme moi. De plus, le récit est très bien illustré par les éditions Mémo. Un très beau récit pour les jours d'été, les grandes vacances de vos enfants.

Lien Babelio

jeudi 15 juin 2023

L'étrange bibliothèque de Haruki Murakami par Vincent Vallée



Je viens de terminer ce joli conte de Haruki Murakami, une nouvelle qui aurait un potentiel "Manga" s'il était adapté. Je n'ai qu'une déception, moi qui suis très cartésien, c'est de ne pas avoir de précision, de final qui évoquerait un rêve ou plutôt, un cauchemar...

L'étrange bibliothèque, c'est le moins que l'on puisse dire, après avoir lu ce conte sans fée...  Un jeune garçon se rend à la bibliothèque pour y trouver quelques informations, il semble que ce lieu soit fréquenté couramment par ce dernier mais jamais on ne l'a dirigé vers les caves pour y trouver l'objet de sa recherche.
C'est là que le jeune homme va rencontrer un bibliothécaire âgé, voûté, mais qui va se délecter pour le conseiller. C'est au bout de dix minutes que le vieil homme reviendra avec plusieurs briques. Ce à quoi ne s'attendait pas le jeune homme.
Mais ce n'est pas tout, le vieux bibliothécaire va ensuite lui demander, avec persuasion, d'aller entamer sa lecture dans la salle de lecture qui se trouve elle aussi, dans les caves...

La suite appartient à votre lecture...

On se promène dans un presque cauchemar éveillé, un suspens loufoque dans un récit étrange. Les personnages ne le sont pas moins et ma foi, pour une courte lecture, ce conte est intéressant

 

lundi 12 juin 2023

Rose & Massimo de Félix Radu par Vincent Vallée

 


De Tristan et Yseult à Roméo et Juliette en passant par Esmeralda et Phœbus, nous voguons sur les grandes eaux du romantisme et de l’amour avec ce nouveau couple que je classerais, pour ma part, parmi les grands classiques, je cite : Rose et Massimo.

Félix Radu, jeune et talentueux amoureux des mots, jongle avec les sentiments et ces sentiments nous sont connus sous différentes formes : l’amour, la déchirure, la passion, le coup de foudre, mais aussi tout le mal et le bonheur qu’il peut apporter à chaque individu.

Cette pièce de théâtre nous transporte dans on ne sait quel siècle et c’est fort bien, pour rencontrer un jeune professeur d’italien qui doit donner cours à une princesse. Mais déjà l’amour vient pointer le bout de son nez pour jouer les trouble-fêtes ; le jeune professeur, Aldo, va demander le concours de son ami Massimo, pour le remplacer. En effet, Aldo veut dire un dernier adieu à sa belle avant que l’océan ne l’emporte. Convaincu par de tels sentiments, et touché par cet élan d’amour, Massimo accepte, bien qu’il ne parle pas l’italien. Pour aider son ami, il improvisera…

Massimo rencontre alors Rose, une jeune princesse un peu hautaine de par son statut, son rôle. Malgré tout, le courant passera, et Rose, telle une flèche de Cupidon, viendra se planter dans le cœur de Massimo. Un amour va alors s’épandre sur le cœur de ce dernier et atteindre, toucher la jeune princesse. Une princesse sans cesse ramenée à la raison par Rubus, son serviteur, garde du corps, mais qui en réalité est bien plus pour elle sans qu’elle ne le sache.

On trouve dans ce récit, de belles envolées littéraires, un style qui est propre aux lectures qui ont élevé l’auteur, du Rostand, du Musset, mais j’y ai retrouvé du Verlaine ou encore du Mallarmé… Moi qui suis un grand passionné de Rimbaud, comment ne pas sombrer également dans une comparaison entre Radu et le plus jeune poète de tous les temps et pour l’éternité…

Cette pièce de théâtre envoûte, emporte, comble de sentiments partagés les grands amoureux au cœur sensible et pur, les passionnés. Oui celles et ceux qui souffrent aussi vite qu’ils tombent amoureux, celles et ceux qui, malgré les larmes et les coups au cœur, continue de croire en l’amour avec un grand A, vont aimer lire ces mots. Une pièce qui dit aux amoureux d’aimer, d’aimer jusqu’à la fin en espérant qu’il n’y en ait jamais une… car oui, les grands amours, les passions veulent toujours et depuis la nuit des temps, se conjuguer avec l’éternité, mais peu y parviennent… Mais oui, c’est ça l’amour, la passion, on s’y laisse prendre, on s’en délecte et parfois on s’y noie…

Quelques passages tirés au hasard parmi tous ceux que j’ai relus et relus tant c’était profond et vrai :

 

Je crains, Rose, malgré votre bonté, que vos pavés n’acceptent mon pas que parce que le trottoir s’étend sous leurs pieds…

 

Le présent ce n’est que le futur qui danse et le passé qui gronde…

 

Surtout, continue de faire ces choses inutiles que le monde ne mérite pas. Et garde cette mine mélancolique quoi qu’on te dise. Si tu es triste, c’est parce que tu es fait pour le bonheur.

 

Je vous aime. C’est la plus courte des phrases, la plus longue des pensées…

 

Ne puis-je donc pas garder mes larmes pour moi, sans que personne ne vienne y faire boire ses regrets ?