samedi 18 juillet 2026

Chez mémère. Par Vincent Vallée.

Chez mémère


Assis dans le canapé, le gamin regarde Maya l'Abeille.

Dehors, il fait chaud. Les routes sont désertes, le bitume sent, transpire...

Lorsqu'on regarde au loin, l'image se trouble sous l'effet de la chaleur, elle ondule. Oui, le cagnard tape dur, tout vacille dans un silence assourdissant...

Avec mes parents, on part pour la gare dans cette ambiance lourde, pesante, suante...

On en franchit la double porte brinquebalante en bois. Ils sont là, mes interdits, ces fameuses boules de gomme qui colorent les doigts. Mais non, je ne peux pas... En plus, il me faudrait cinq francs...

C'est le chemin d'un souvenir d'enfance...

Quelques instants fugaces d'une mémoire qui passe, de ces moments importants que sont ceux d'autrefois. Au final, c'est toujours vers eux que je repars, en pensée... Sans racines, on ne tient pas debout. Ce doit être ça, l'explication : Il faut rester debout à tout prix.

Je revois son sourire, la pièce où elle passait des heures, soit à cuisiner, soit à regarder la télévision, puis, lorsque nous étions là, à nous servir à boire, découper les demi tartes ou encore garnir des sandwichs pour le souper.

Il y a des odeurs qui ne nous fuient pas, des images qui nous collent à la peau, des sons qui nous rendent sourds au point de figer nos regards dans le vide abyssal de la nostalgie qui s'empare d'un corps tout entier et qui s'éternise, comme cette phrase que j'écris sans pouvoir m'arrêter, car elle coule seule et s'empare, elle aussi, de moi, ne veut pas me quitter... Ouf, elle s'essouffle.

Je revois mémère arriver à la maison avec du beurre, des œufs et des « piquantes », comme elle disait, ces bonbons allongés emballés dans du plastique bleu. Je l'entends dire, devant notre télévision, qu'elle est belle, l'image, chez nous, qu'elle fonctionne bien, la télé... C'est juste que c'était une autre télévision que la sienne, mais elle aimait nous faire un compliment.

Chez elle, je revois ses remises emplies de stocks en tous genres, y compris de denrées périmées, la faute à la guerre, disait-elle. Il y avait le clapier à lapins et ces petites cellules dans lesquelles je cherchais un bébé lapin pour le caresser ; les autres étaient trop grands, trop vifs pour l'enfant que j'étais.

Je revois, dans le fond du clapier, l'espace abritant les poules lors des mauvais jours et pour y pondre. C'était si astucieux d'avoir fait communiquer le poulailler avec la remise des lapins. Je revois l'énorme pied de rhubarbe planté près du tas de fumier, le potager entretenu et garni, le prunier, le pommier et la vaste prairie qui continuait derrière, à perte de vue pour le petit gars que j'étais...

Une foule d'autres souvenirs me reviennent quand je pense à elle, bien sûr. La véranda, un luxe qu'elle s'était offert, qui contrastait avec les WC, lesquels étaient, eux aussi, dehors. La pompe à eau. Les chats, dont un qui avait perdu un œil et qui me faisait peur, nourris au lait dans lequel elle faisait tremper du pain. La remise avec ses énormes fûts emplis de graines pour les poules et de granulés pour les lapins. Ce grand meuble sur lequel il fallait grimper pour atteindre une échelle conduisant à une sorte de grenier que je n'ai jamais osé explorer... J'aurais dû.

Je me souviens aussi de cette manie de mémère qui gardait tous les programmes télé pour mon plus grand bonheur. J'étais — et je suis toujours — un grand fan de Stallone, et je collectionnais toutes les coupures le concernant. Alors, dans les programmes télé de ma grand-mère, j'en trouvais à foison.

Je revois cette petite fenêtre, mal placée, qui donnait sur la chambre où était mort mon grand-père, que je n'ai pas connu. Le lit était toujours là, entouré d'énormes tableaux représentant des scènes bibliques, profondément catholiques. Il y avait aussi la vieille machine à coudre, l'énorme garde-robe, les meubles dissimulés dans le mur derrière une porte, la pièce d'entrée, la plus belle, celle où l'on plaçait les beaux meubles pour impressionner les visiteurs. Ce n'était ni de la prétention ni du faux-semblant chez ma grand-mère, c'était une coutume chez les personnes modestes. Ou plutôt, une habitude.

Elle n'était pas très démonstrative avec moi, mémère. C'était sa pudeur, un éloignement imposé par la force des choses...

Il y avait aussi ces réunions de famille, trop rares. Mes tantes, mes oncles, mes cousines et cousins. C'était autour d'elle que l'on se retrouvait, que l'on riait, que l'on mangeait et que l'on buvait des limonades et du café fort. Tout se terminait par des parties de cartes entre mon père et mes oncles, bien trop bruyantes.

Ce n'est qu'à ces rares occasions que je pouvais revoir mes cousines et cousins, ma marraine, ma tante et mes oncles. Je serai honnête : ma tante, paix à son âme, aimait parler de ses bobos, de ses rendez-vous médicaux, mais pas seulement. Elle aimait aussi les jolies tenues, les plantes, et en parlait avec bien plus de plaisir.

Ma marraine était une dame élégante et sans prétention. J'aimais ce compromis. Elle souriait toujours, parlait avec plaisir, riait avec tout le monde et posait sur moi un regard bienveillant, me glissant parfois en cachette une roulade de saucisson de jambon tandis qu'elle préparait les sandwichs pour aider ma grand-mère,  pour que ma mère ne le voie pas. J'aimais ces gestes secrets entre elle et moi.

Un chemin de souvenirs. Un chemin d'enfance qui sent bon l'été, la tarte à la crème légèrement brunie sur le dessus, la confiture maison, le bon café, sans oublier le pain à l'ancienne.

On peut vieillir, avancer dans la vie, mais il y a un retour en arrière qui est toujours édifiant : celui vers l'enfance, vers nos racines. Vous qui me lisez, une fois couché dans le noir et le secret de vos pensées, n'oubliez jamais de revenir un peu en arrière pour y puiser de la force, de la sagesse, de l'émotion. Tous ça rend bien meilleur les lendemains...








mardi 14 juillet 2026

Le voleur de cahiers de Gianni Solla par Vincent Vallée

 


J'ai enchaîné les lectures ces derniers temps, mais celle-ci, je l'ai terminée en quelques jours à peine.

Le voleur de cahiers, c'est Davide, un « porcher » qui vit dans l'Italie de 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale. Mussolini côtoie Jésus-Christ sur les murs des fascistes et Davide doit supporter un père aveuglé par l'ignorance, par la haine et ce qu'il pense être de la droiture.

À propos de droiture, Davide est handicapé d'une jambe, il boite... Ce qui fait de lui le vilain du village, un endroit si petit où tout se sait, tout se raconte...

Un jour ordinaire, dans une vie ordinaire, trente-six Juifs arrivent à Tora e Piccilli, petit village de la province de Caserte. Ils sont là pour se tenir tranquilles. Parmi eux, Nicolas, un beau jeune homme qui va troubler notre jeune boiteux Davide, qui va s'éprendre du style du jeune Juif et sera troublé par son instruction, son amour des mots. Il éprouvera pour Nicolas une attirance, une sorte d'admiration troublante, jusqu'à tenter de le singer sans conviction...

Et puis, au milieu de ce récit, Teresa, jeune fille amie de Davide, qui va séduire et être séduite, créant la fin d'une innocence, le début d'une jalousie.

La guerre va rattraper nos jeunes protagonistes et il faudra cacher Nicolas. C'est Davide qui s'en chargera, puis plus rien, plus de Nicolas.

Ce roman, c'est l'histoire d'une soif d'apprendre, c'est le refus de sa condition d'ouvrier pauvre et sans instruction. C'est apprendre en forçant le destin au travers de l'instruction de Nicolas et de son père, instituteur.

J'ai été happé par le style de Solla. Je remarque que j'aime les romans écrits par des auteurs italiens... Cependant, la dernière partie du roman m'a moins plu. Basée sur une histoire vraie, cependant, j'ai été un peu désarçonné par une forme d'inversion des rôles. J'ai eu le sentiment d'une précipitation pour terminer le roman, non pas de le bâcler, mais la tournure est quelque peu étrange.

Mais j'ai dévoré les pages et l'ai terminé très vite, preuve de la qualité de l'histoire que je recommande absolument !



jeudi 9 juillet 2026

Nomades du nord de James Oliver Curwood par Vincent Vallée

Cette chronique de Nomades du Nord de James Oliver Curwood sera semblable aux autres que j'ai déjà rédigées, car je suis sous le charme de la plume de cet auteur.

Ce que j'aime chez Curwood, c'est sa repentance au travers de l'écrit, lui, l'ex-chasseur.

Nous partons à la rencontre du chien Miki et de l'ourson Nioua. Rien ne semble aller dans cette association, et pourtant... Curwood nous emmène à la rencontre de ces deux animaux encore petits, innocents et qui vont s'apprivoiser, avec pourtant leurs instincts déjà marqués.

Nioua a perdu sa maman, certes âgée, et c'est le propriétaire de Miki, auteur de la mort de cette dernière, qui va s'en vouloir et recueillir l'ourson.

Au-delà d'une simple histoire, il est ici question de l'amitié au sens large, car oui, on peut être très différents et amis au-delà de tout, au-delà des barrières ; chacun d'entre nous pourra s'y retrouver, s'y reconnaître.

Parfois, au cœur d'une amitié, on peut s'éloigner, comme Nioua qui va hiberner et laisser son ami Miki seul et dépourvu. Ce dernier va devoir se débrouiller seul alors qu'il était déjà livré à lui-même avec son ami ourson.

La nature s'impose toujours et c'est pour plusieurs semaines que Nioua va s'endormir. Miki va patienter, mais devra s'éloigner et vivre une vie féroce, dure, cruelle qui le rendra, à son tour, cruel et féroce.

Ce n'est pas mon roman favori de Curwood, mais j'ai beaucoup aimé.

Chasseurs de loups reste sur la première marche.

Je précise que j'ai lu une version de 1978, illustrée, et que je déplore de ne pas l'avoir trouvée dans un format plus actuel. Un tel écrivain devrait être mis en avant, comme l'a fait la maison d'édition Éditions duTriomphe avec deux ouvrages de l'écrivain.



















lundi 6 juillet 2026

Une bête en moi - Hommage à Sylvester Stallone par Vincent Vallée

 


Le temps passant, la trotteuse cheminant, je m’dis que si on reste quelque part longtemps dans la vie, on fait partie des murs. C’est un peu comme s’ils tendaient l’oreille, s’imprégnaient des ondes qu’on envoie se fracasser sur eux. Ils encaissent, retiennent et respirent notre histoire, parfois même une fois qu’elle est terminée…

 

Tu sais, le tour du cadran, on l’fait qu’une fois, après ça, on les essuie, les cadrans, non ? On vire à rien si on ne reste pas vigilant à garder le tempo de la vie, de nos vies. On court pour fuir la faucheuse, je crois… Rien que d’y penser, j’suis mal viré

 

On devrait s’empêcher d’essayer des trucs à cause de deux ou trois bougies de trop, semble dire certains. Moi, je crois qu’il n’y a pas d’âge pour faire, pour apprendre, pour découvrir, pour rêver, pour vivre sans calculer et sans regarder l’horloge… À quoi bon ? Elle ne s’arrêtera pas, tu sais. Elle nous mettra au défi sans cesse, en disant : Ouais, ça se rapproche ! T’es prêt ?

 

J’ai arrêté de penser comme les autres depuis longtemps, sinon je n’aurais rien accompli, rien gagné, rien surmonté, relevé aucun défi, parce que j’vieillis… Alors j’pense plus, non… depuis longtemps…

 

De nos jours, et depuis la nuit des temps, on entend les jeunes dire que les choses sont différentes. Non, c’est les fringues qui sont différentes, l’homme, il ne change pas. Il vit, apprend, espère, réalise, surmonte, rêve, déchante, souffre, rit, pleure, hurle… et il meurt. Habille-le comme tu veux, il ne change pas, il fait tout pareil…

 

Et puis quoi, tu sais, le temps nous rattrape toujours, un jour ou l’autre. Ouais, mais il va plus vite si on quitte la course. Alors il faut avancer, marcher, courir, ralentir, réfléchir, songer, calculer, profiter, s’ennuyer, recommencer, et le tout en boucle. La vie, c’est une alliance, un anneau, t’es marié avec dès ta naissance et c’est l’infini recommencement…

 

Oui, le temps s’écoule comme le sable d’un sablier, et un beau jour, on s’réveille en se disant : J’ai encore des trucs pas rangés dans ma cave… Alors l’appétit revient, l’instinct te redresse sur tes jambes et, à nouveau, tu te surprends à recommencer, autrement, mieux, avec d’autres, mais avec TOI ! Plus âgé, plus réfléchi, plus expérimenté, mais avec TOI.

 

Parfois j’arrive même plus à respirer, j’ai l’impression qu’il y a une bête en moi... Elle se forme avec le temps, s’installe pour te rappeler que le défi, c’est toi, et que toi. Tu te bats toute ta vie contre un seul et unique ennemi : TOI !

 

On grandit, on aime, on découvre, on fait des enfants, on leur apprend ce qu’on sait, maladroitement parce que y’a pas de méthode… et on s’dit soudain : Je n’aurais jamais cru que ça aurait été aussi dur, c’était pas comme ça que c’était prévu… Parce qu’on idéalise sans cesse. Parce qu’on rêve, on se projette sur une image, mais l’image, ce n’est pas la réalité. La réalité, elle est déformée, et c’est ça qu’est sympa, parce qu’il faut tâcher de se rapprocher au plus près de l’image de départ. Ouais, c’est ça, le défi de la vie : tâcher de se rapprocher de l’image…




mercredi 24 juin 2026

Chasseurs de loups de James Oliver Curwood par Vincent Vallée aux Éditions Triomphe (Masse critique BABELIO)

 


Que d'aventures ! Voilà l'expression qui me vient à l'esprit après avoir refermé le magnifique roman de James Oliver Curwood que les Éditions Triomphe ont réédité pour notre plus grand bonheur.


C'est d'ailleurs grâce à « Masse Critique » de Babelio que j'ai découvert l'écrivain du Grand Nord. Depuis, il ne me quitte plus ; j'ai en effet lu deux autres de ses romans en attendant la réception de Chasseurs de loups. J'étais donc averti du style et des thèmes de prédilection de l'auteur. J'aurais pu être déçu. Je suis désormais bien plus critique, car j'avais déjà deux opus d'avance, et pourtant...

Quel agréable roman, quelle bonne surprise que ce récit qui se déroule toujours dans les grands espaces blancs, froids et rudes où, à tout moment, vous pouvez devenir une cible, une proie !

Ce roman a ceci de particulier que, comparativement aux deux premiers que j'ai lus (Kazan et Le Grizzly), il met en scène trois compères, trois amis. Nos trois héros, le jeune citadin Roderick, le métis indien Wabi et le vieux guide Mukoki, vont se lancer dans une expédition de chasse aux loups qui constituera le baptême du feu du jeune Roderick, dit Rod.

Ce dernier, sensible au charme de la sœur de son meilleur ami Wabi, partira en compagnie de ses deux compagnons de voyage avec enthousiasme et soif de découvertes, d'aventures et de frissons. Il ne sera pas déçu !

De nouveau, comme il est de coutume chez Curwood, on apprend une multitude de choses concernant la survie, la faune et la vie sous la neige. Oui, oui, vous lisez bien.

Les Éditions Triomphe ont d'ailleurs réalisé un magnifique travail de mise en page, avec des chapitres bien aérés rendant la lecture fluide, sans oublier une superbe couverture dotée de rabats permettant de marquer sa page.

Merci à Babelio et aux Éditions Triomphe pour l'opportunité de chroniquer cet ouvrage remarquable.

Dans ce récit, nous découvrirons l'amitié qui unit nos trois aventuriers, mais aussi la finesse et l'expérience de l'Indien Mukoki, sans qui l'aventure serait tout autre. Nous découvrirons également l'hostilité des loups, mais aussi celle des hommes, notamment celle de la tribu indienne des Woongas.

J'ai été embarqué dans cette lecture malgré la canicule qui sévit. Un vent de fraîcheur a soufflé sur les pages de ce roman, et j'en ai dévoré les chapitres.

Merci encore aux Éditions Triomphe, que je vous invite à découvrir en consultant leur site :


Que vais-je lire ensuite, me demanderez-vous ?

Nomades du Nord de... James Oliver Curwood !


Mes deux précédentes chroniques de l'écrivain:



lundi 15 juin 2026

Le Grizzly de James Oliver Curwood par Vincent Vallée


James Oliver Curwood est en train de devenir mon auteur « découverte de l'année ». J'aime beaucoup la littérature de Jack London, mais je trouve que Curwood donne la parole — c'est une image, bien entendu — aux animaux d'une façon bien plus intéressante.


J'ai découvert les loups, leur façon de vivre et de survivre avec Kazan. Cette fois, c'est Tyr, le majestueux grizzly du nord du Canada, qui est mis en avant. Avec ce récit, Curwood fait ce qu'un auteur fait de mieux : il utilise son propre vécu pour nous le partager au travers d'un roman.

Au-delà de la rencontre avec Tyr, le grizzly, nous allons croiser Jim et son ami Bruce, qui sont sur les traces de cet animal à la taille et au poids impressionnants. Les hommes le traquent pour sa peau, pour l'abattre, le tuer et triompher en brandissant sa dépouille. L'animal les fuit et les sème à maintes reprises, parcourant monts et vallées. Mais c'est sans compter sur l'Indien Metoosin et ses chiens, venus rejoindre les deux chasseurs. Ils mettront tout en œuvre pour faire couler le sang du majestueux animal. Tyr tient tête aux chiens les plus courageux, notamment pour protéger Muskwa, un ourson orphelin qui croisera sa route.

Le grizzly va parfois, et pourtant il s'agit d'un roman jeunesse, faire preuve de cruauté pour assurer sa survie et sa défense, ne laissant aucune chance à ses adversaires. Curwood n'hésite pas à décrire cette cruauté animale, qui n'est autre que l'instinct de survie. Les mots sont pourtant choisis avec justesse, à propos et uniquement lorsque cela est nécessaire pour décrire avec minutie et réalisme le contexte dans lequel vit et survit un animal de cette envergure.

J'ai tant aimé marcher avec Tyr, fuir ses ennemis à ses côtés, les combattre, découvrir comment survivre lorsque l'on voit si mal. Car oui, j'ai appris cela également : un ours voit très mal et se fie presque uniquement à son flair.

Je suis abasourdi de tomber presque en pâmoison devant un roman jeunesse du début du XXᵉ siècle. Je ne regrette rien de mon enfance, si ce n'est de ne pas avoir lu davantage, et surtout de ne pas avoir découvert plus tôt de tels romans !

C'est une ode à la vie animale, une dénonciation de la chasse pratiquée pour tout autre motif que la survie et l'alimentation. C'est le mea culpa d'un ancien chasseur, d'un amoureux de la faune et de la flore.

Merci, Monsieur Curwood !

dimanche 7 juin 2026

Le garçon qui n'avait pas le bon costume à la naissance de Lionel Carlier par Vincent Vallée

 


Comment aborder ce petit roman jeunesse, si grand par sa morale qui aide, pousse vers l'avant et édifie ?

Je dois d'abord parler de son auteur, qui signe ici son premier court roman jeunesse : Lionel Carlier.

Lionel n'est pas un inconnu pour moi, puisque j'ai usé le fond de mes pantalons sur les mêmes bancs d'école que lui lorsque nous étions à l'école primaire. Inutile de dire que nous étions de bons copains, que j'étais un mauvais élève tandis que Lionel était bien meilleur.

Mais au-delà d'être un bon élève, Lionel était timide, taiseux, introverti, et j'étais finalement un peu pareil. C'est certainement pour cette raison que nous nous entendions bien.

Le roman jeunesse que nous propose Lionel contient un peu de son histoire ; il y a ajouté quelques ingrédients de son enfance, comme tout bon auteur. Lionel est devenu instituteur, et cela ne m'étonne pas : il était fait pour ce costume d'enseignant, car il aime les enfants, se reconnaît en eux et aime transmettre.

C'est également pour cette raison que ce roman existe. Au cours de sa carrière, Lionel a pu constater, à regret, que peu de littérature existait pour les enfants dont il avait la charge et qui, comme beaucoup, cherchent leur place, le bon costume pour traverser l'enfance, puis l'adolescence, avant d'entrer dans le monde adulte, forts de leurs premières années.

Ce roman, je l'ai dévoré. Je sentais bien, depuis l'annonce de sa parution, qu'il y avait là quelque chose qui allait me parler, à moi, l'enfant qui a manqué de lectures jeunesse... Ce roman regorge de réflexions profondes et d'enseignements, le tout dans une ambiance cocasse et humoristique. Bien souvent, le sourire est venu éclairer mon visage de lecteur...

Quelques passages ?


 


Le petit garçon va pouvoir choisir ce que sera sa vie. Comme ce serait agréable, plus facile pour grandir et surtout plus amusant !

On se demande souvent, lorsqu'on est adulte, ce que l'on ferait autrement si l'on pouvait revenir en arrière. Lionel Carlier propose l'idée que, bien avant de naître, nous puissions choisir les fondations de notre vie, sans oublier qu'il faudra également choisir des faiblesses et des défauts. Sans quoi, que serait une vie si elle n'était qu'heureuse et parfaite ?

Je ne vous en dis pas plus, car il faut absolument lire ce petit guide de vie, joyeux, loufoque, cocasse et empli d'enseignements. Mais surtout, procurez-vous-le pour le faire lire ou, mieux encore, pour le lire à vos petits qui ont encore tout à faire, tout à construire. Lionel n'a pas vraiment trouvé de quoi habiller l'enfance des jeunes dont il avait la charge ; alors, il l'a imaginé, inventé et écrit.

Je recommande fortement cette lecture, vous l'aurez compris !!

Et pour conclure, quelques photos de votre serviteur chroniqueur et de l'auteur de ce joli roman, alors que nous avions l'âge de tous les possibles. 😉😉