lundi 26 octobre 2026

La frontière des silences de Alain Lecherbault par Vincent Vallée pour Babelio

 



Voici une lecture pour la Masse Critique de BABELIO terminée. Je dois dire que tous les ingrédients étaient réunis pour me satisfaire. Cette année, j'ai découvert Curwood, qui n'a rien à envier à Jack London, alors pensez... Lire un roman qui me renvoie dans la montagne, une cabane et un homme solitaire, je me suis régalé !

Thomas a 40 ans, il est parisien et pas très heureux. Il quitte tout, famille (sa mère, personne d'autre n'est évoqué), sa situation d'architecte et surtout le bruit, les gens qui courent, hurlent, le bruit. Je crois qu'on rêve tous de faire pareil... Thomas a acheté une masure sur les hauteurs, à la frontière italo-franco-suisse. Et c'est un des points clés du roman. Mais avant d'aller plus loin, ce qui m'a le plus plu dans ce roman, c'est l'amour qui règne entre Thomas et Jésus. Oui, oui, mais pas le Jésus que nous connaissons, bien que cela ne m'aurait pas dérangé. Jésus est le chien que Thomas va recueillir une fois arrivé dans les montagnes. Ce dernier va se présenter à lui, squelettique, perdu, méfiant. Avec patience et douceur, ils vont devenir les meilleurs amis du monde, et c'est peu dire. Vous verrez.

Tout semble réuni pour raconter une histoire parfaitement banale, n'est-ce pas ? Ce qui va différencier ce roman d'une banalité, c'est que la masure de Thomas, à peine retapée (j'aurais aimé quelques passages de reconstruction, d'aménagements de la masure), se situe sur le passage... Mais pas n'importe quel passage. La nuit, Thomas, qui dort dans un sac de couchage (plus loin dans le roman, il brûle pourtant son lit pour ne pas mourir de froid) à même le sol, entend des bruits de pas dehors. Le matin, il observe ces traces de pas. Des petites, de plus grandes. Des gens passent là, durant la nuit, s'approchent de sa cabane. Vive la tranquillité recherchée... Jésus est toujours là pour l'alerter, se mettre sur ses gardes, prévenir. En réalité, Thomas va comprendre que des passeurs de migrants utilisent les montagnes et qu'il est sur leur passage. Le problème arrive le jour où Thomas va aider un homme prénommé Marco, lui ouvrir sa porte, l'accueillir. Car Marco reviendra avec des intentions moins bonnes, accompagné par des passeurs. Et voilà notre solitaire Thomas qui sera victime de sa bonté, embrigadé dans la fuite de passeurs à travers les montagnes en plein hiver où règne un froid qui peut se montrer mortel. Le roman va bien plus loin que ce que je décris, vous le verrez. Car je recommande sa lecture, je l'ai apprécié. J'ai cependant quelques réserves à soumettre à l'auteur, à l'éditeur. Réserves que je veux constructives.

Attention SPOIL :

Comme je le disais plus haut, je regrette que Thomas, qui semble avoir réfléchi à sa décision, ne profite pas de l'été pour arranger sa masure, la rendre plus confortable, sécurisée et à l'abri du froid. En réalité, il arrive là avec un sac de couchage et y dort... C'est dommage, je trouve que le roman va trop loin durant les dernières pages et montre une obstination de Thomas qui ne sert pas beaucoup le récit. Ces pages auraient pu être utilisées pour décrire l'environnement, une refonte de la cabane, décrire comment il chasse, fait du feu. Il dort dans un sac de couchage, jamais il n'est décrit la construction d'un lit qu'il brûle pourtant quand il craint de mourir de froid. Il y a quelques incohérences. Quand il se retrouve chez une Italienne et son fils, secouru d'une mort certaine, Thomas se réveille perfusé. OK, on comprend qu'il est sauvé, mais pourquoi perfusé ? Par qui ? Il est dans une maison, dans un village italien... Quand il part, il le fait sur un coup de tête et surprend la maman italienne qui a pourtant confectionné un sac pour y placer Jésus qui est blessé. Je trouve que le roman aurait dû s'arrêter après la survie de Thomas et Jésus, son sauvetage après avoir survécu au froid et la prise en otage dont il est victime. Il y avait possibilité de trouver là une fin sans aller plus loin, trop loin. La suite est bonne, mais de trop. Pour l'évasion, le confort de lecture, il m'aurait fallu plus de descriptions de survie, d'aménagements, d'explications aussi, concernant les raisons de son déracinement. Car après tout ce qu'il vit, il reste dans cette masure. Moi, à sa place, j'aurais été résigné et serais reparti pour une maison en province, par exemple. Lui, il reste dans ses montagnes, c'est qu'il a vraiment de bonnes raisons qu'on ne connaît pas vraiment.

Merci BABELIO pour la confiance accordée. J'espère ne pas avoir été trop dur avec mon analyse critique, car dans l'ensemble, le roman est très bon et la relation de Thomas avec  Jésus me touche énormément.


Le plus beau passage à mes yeux :




dimanche 18 octobre 2026

Il pleut sur ma vie... Il bruine dans mes pensées... De Vincent Vallée (Illustration de Albert Sottiaux)

 


Il pleut sur ma vie... Il bruine dans mes pensées...

Le vent contraire chasse les filaments d'eau du ciel qui viennent s'écraser sur mon visage, et ainsi personne, sauf moi, ne sait que je pleure.

J'utilise le parapluie sourire, celui qui me protège depuis si longtemps... Trop longtemps. Et de m'asseoir là, sur le muret du puits vers lequel je plongerais si j'en avais le courage.

Sous le parapluie qui ne me protège pas, je pleure encore, je pleure parce que c'est ce que je fais de mieux à force de le faire... J'ai de l'entraînement.

Je suis un sportif de haute compétition dans ma discipline : le malheur. Oui, j'ai la ceinture noire du malheur et elle me ceint fort bien. Je gagne chaque combat avec le bonheur qui est là, m'attend, me dit de venir, de l'embrasser. Mais je gagne toujours, je l'emporte. Mes idées sont noires comme ma ceinture, comme mes journées. Oui, je gagne toujours...

Est-ce le bon combat que de pleurer ? Dois-je persévérer dans cette discipline ou écouter celui qui est, depuis si longtemps, mon adversaire ? Lui, là, qui sourit toujours, ouvre ses bras pour m'accueillir, me consoler, me rassurer. Le bonheur... Vous m'en direz tant... Y'a un truc qui cloche avec lui. Moi, heureux ? Moi, sans le parapluie du sourire ?

Allons donc.

Je voulais te dire que je pensais à toi de Vincent Vallée

Je voulais te dire que je pensais à toi 



À l'heure où les rayons des magasins se fleurissent de couleurs magnifiques qui finiront dans des lieux oubliés tout le reste de l'année, ne faudrait-il pas les fleurir de mots ?

Écrire aux disparus que nous allons bien, c'est, au premier abord, rassurer quelqu'un qui n'est plus, oui, mais je préfère les mots aux gestes. Les mots rassurent, les fleurs s'oublient, meurent... Mon grand-père, à juste titre, disait que les fleurs ne se mangeaient pas. Les mots, moi, j'aime les dévorer.

Alors, en cette période qui approche, laissons parler les mots de notre cœur, ceux qui vont rassurer les disparus, leur dire que malgré leur absence, nous allons bien, même si notre voix est étranglée quand on leur dit : « Je vais bien, et je pense aujourd'hui à toi, bien plus que lorsque tu étais encore là... »

Étrange forme d'ingratitude, n'est-ce pas ? Aveu de faiblesse de l'homme qui pleure ses disparus ou qui pleure son attitude quand il avait encore l'occasion de dire « Je t'aime », ou encore « Tu comptes beaucoup pour moi, prends soin de toi »...

Les fleurs périront toujours, les mots battront les pavés de notre mémoire sans discontinuer. Dites-les donc ! Criez-les ! Hurlez-les, en silence, par écrit, avec juste le glissement d'une plume pour se faire entendre.

À quoi bon pleurer... Pourquoi garnir nos cheminées de photos et ainsi faire de nos demeures des musées macabres ? N'est-ce pas dans notre cœur que les êtres aimés sont le mieux encadrés ? N'est-ce pas avec des mots que nous les fleurirons des plus belles couleurs ?

Je voulais te dire, avec mes mots, que je vais bien, que je pense à toi, toi puis toi et encore toi... parce que plus les années passent et plus vous êtes nombreux à me faire écrire, alors merci, parce que j'aime ça. Parce que ça me permet de dire encore que je vais bien.


https://youtube.com/shorts/2ecA3US9vNE?si=z1tW1Gk_Px5sQuDV




vendredi 16 octobre 2026

Celle qui sait de Riley Sager par Vincent Vallée

 



Dans un manoir situé en haut d'une falaise qui surplombe l'océan, vit, ou plutôt survit, Lenora Hope, dernière survivante de la famille Hope après le terrible drame survenu en 1929, c'est-à-dire le massacre de la famille entière, sauf elle. Toute la famille a été assassinée, seule Lenora a survécu, sauf que depuis, elle vit paralysée après plusieurs AVC. Uniquement son bras gauche est demeuré fonctionnel. Le père et la mère sont morts et sa sœur Virginia a été retrouvée pendue au lustre...

Lenora Hope est presque une légende dans la région, les plus jeunes ont même des comptines à son sujet. Pour la mémoire collective, elle demeure la principale suspecte. C'est à cet endroit de son histoire qu'arrive Kit, une jeune infirmière au lourd passé elle aussi, qui a été renvoyée de son travail car elle a été suspectée d'avoir « aidé » sa mère à mourir tandis qu'elle en avait la charge. Son patron la convoque et lui propose une chance de reprendre du service, chez Lenora Hope ! C'est là que Kit rencontrera Miss Baker, femme acariâtre chargée du bon déroulement de toute la vie de Lenora depuis toujours. Kit va rencontrer Lenora, une machine à écrire et, bien entendu, vous comprenez, Lenora va tenter de raconter son histoire à Kit. La véritable histoire ! La dernière infirmière ayant essayé de le faire, et qu'elle remplace, s'est enfuie. Kit va se mettre au service de Lenora dans tous les sens du terme, tentant pour sa part d'exorciser ce qui est arrivé à sa mère tandis que sa relation avec son père est tendue.

Ce que Kit va découvrir dans ce manoir qui penche vers l'océan, les années s'étant écoulées depuis sa construction, va vous surprendre ! Voilà pour vous mettre l'eau à la bouche.

Maintenant, attention, lecteur, lectrice, voici ma version SPOIL :

La première moitié du roman se lit avec gourmandise, tous les rouages du thriller voulu par Sager sont maîtrisés. On visualise la vieille Lenora handicapée, muette, se servant uniquement de son bras gauche pour taper son histoire à la machine, les révélations qu'elle va y écrire. Sauf que la nuit, Kit, dont la chambre communique avec celle de la vieille Hope, entend marcher et, depuis l'extérieur, observe une ombre qui marche dans la chambre alors que tout le monde est couché... Miss Baker est présente durant les premières pages, puis on n'en entend plus trop parler... Le cuisinier Archie, pareil, tandis que Jessie, une femme de ménage, est presque inexistante et pourtant elle tient un rôle majeur. Quand Kit va découvrir le corps de celle qui était infirmière avant elle, le récit va partir en cacahuète. Sager veut tellement tenir le lecteur en haleine et user des twists dans son récit que bon nombre en deviennent invraisemblables.

Le gros moment de mon spoil : on découvre d'abord que le massacre de 1929 ne s'est pas déroulé comme on le croyait. La mère des deux sœurs Hope a poignardé son mari, qui avait entretenu une liaison avec un autre homme, le père biologique de Lenora. Elle s'est ensuite blessée elle-même avant de provoquer Ricky, le petit ami de Virginia, qui a fini par la tuer. Quant à Virginia, retrouvée pendue au lustre, elle n'était pas morte ! Elle avait survécu à sa tentative de suicide.

Puis arrive une autre révélation : Lenora est Miss Baker ! La vraie Lenora ! Car la vieille Lenora handicapée que Kit soigne depuis son arrivée est en réalité Virginia, qui a pris l'identité de sa sœur après avoir survécu à sa tentative de suicide.

Mais ce n'est pas fini ! Le fameux Ricky, le petit ami de Virginia qui a tué leur mère, est... attention, la grosse invraisemblance : le père de Kit ! Oui, Kit, qui vient de nulle part au départ de ce récit, une infirmière envoyée par un bureau médical, qui vit avec son histoire lourde à supporter, dont on ne comprend pas vraiment l'utilité dans le récit avant les révélations finales, son père est le fameux Ricky... On apprendra également que ce dernier a aidé la mère de Kit à mourir, innocentant ainsi sa fille.

Et le pire reste à venir ! À un moment du récit, Ricky, le père de Kit, tente d'étrangler Virginia, qu'il retrouve après tant d'années, alors qu'il sait que sa fille Kit a tout découvert. Il étrangle donc cette vieille femme supposément paralysée, qui ne tente même pas de se dégager de son emprise ? Elle garde un bras inanimé alors qu'il fonctionne ? Ben oui... Elle finit pourtant par se défendre avec un tire-bouchon et survit.

Une fois toute l'histoire révélée, le manoir s'effondre dans l'océan avec la vraie Lenora, alias Miss Baker, et le père de Kit. Et là, dernière révélation : Virginia, la fausse Lenora que l'on croyait paralysée, ne l'est pas ! Elle avait réellement été paralysée après sa tentative de suicide, mais avait retrouvé l'usage de ses membres quelques mois plus tard. Elle a ensuite feint d'être paralysée pendant des décennies, notamment par crainte de sa sœur. Elle va finalement s'enfuir pour enfin vivre sa vie à plus de 80 ans !

Mais j'oublie de dire que Virginia était enceinte de Ricky, le père de Kit, et que leur enfant est né, a été enlevé à sa mère dès sa naissance par la véritable Miss Baker, qui l'a emmené au Canada, et est mort depuis... Il y a donc un lien de parenté entre ce fils que Virginia n'a jamais connu et Kit : ils sont demi-frère et demi-sœur ! Et ce n'est pas tout, puisque Jessie, la jeune domestique du manoir, est en réalité la fille de ce fils disparu, donc la petite-fille de Virginia et la nièce de Kit ! Il vous reste des cheveux ?

Non, vraiment, la fin du récit est invraisemblable. Je suis déçu d'avoir passé tant d'heures à lire un thriller qui n'est qu'une farce au final, tant les retournements de situation sont tirés par les cheveux... Combien de chances sur un million y avait-il pour qu'une infirmière qui sort de nulle part soit la fille du meurtrier et du petit ami de l'époque de Virginia ?? IMPOSSIBLE et non crédible.

vendredi 4 septembre 2026

L'IA est-elle démoniaque ? Par Vincent Vallée

 



J’ouvre mon traitement de texte et que vois-je ?

Une annonce IA, une intelligence artificielle paraît-il… C’est l’évolution, oui, l’évolution numérique. Et si on ne s’y plie guère, car non, nous ne deviendrons pas des moutons pucés par la technologie artificielle et tout ce que ça comporte, alors… nous serons des « dépassés », des ringards, des vieux quoi.

Mais devant tous ces boucliers que je vois se lever, qui oserait se regarder dans le miroir et dire qu’il ne l’a pas testée, cette intelligence, hein ? Oui, qui ? Peut-être même parmi vous, certains l’utilisent encore et font mine de…

Alors pourquoi se mentir entre gens de bonne foi et ayant un bon fond ? Bien entendu qu’on a essayé et qu’on s’est dit : « Milliard ! Sapristi ! » Ou tout bonnement « didju ! », que c’est pratique, que c’est facile : deux ou trois clics et voilà que j’ai gagné des centaines d’euros et des dizaines de mails servant à expliquer à un graphiste, un correcteur, ou que sais-je, ce que je désirais.

Là ? Je peux même l’insulter, il ne se fâche pas tout rouge et ne me menace pas en retour. Vraiment, c’est le pied…

Seulement, il faut autre chose que se contenter de quelques clics, oui. Il nous faut plus si on est si honnête avec notre miroir. Oui, il nous faut un déclic ! C’est bien beau de cliqueter sur son clavier et, se frottant la panse, de se dire : « Voilà encore quelques centaines d’euros de gagnés ! » Et puis, vous avez vu ? Tous font pareil… Les publications, les affiches, les menus des restaurants, les affiches publicitaires… Tous les mêmes, pas d’âme, pas de sensibilité, d’originalité, plein d’infos partout, des lumières, des illustrations et ? Rien qui attire le regard au final. Oui, on ne les voit déjà plus, parce qu’on ne les regarde plus. Elles sont toutes banales et faciles, trop faciles, pas originales, pas travaillées, pas percutantes, pas parlantes, ou alors trop. Oui, trop, c’est trop et l’on sait tous que le mieux est l’ennemi du bien, n’est-ce pas ?

Alors voilà, ce n’est pas le Nouvel An, je sais, mais j’ai un peu de fierté, beaucoup de principes, un peu trop d’ailleurs, et un fils qui vient de terminer ses études de graphisme à la sueur de son front, avec difficulté, persévérance, travail, obstination. Mon miroir me dit que je ne lui ressemble plus. Et je suis un homme de résolutions. Oui, je suis têtu aussi, et surtout envers moi-même, donc, lorsque je me résous à quelque chose, c’est un acte, un acte ferme, un défi envers moi-même. Je ne change plus de route, j’y reste, fermement et définitivement.

Mais, oui, y’a et y’aura toujours un « mais ». Je ne veux pas devenir un vieux con dépassé. Je sais aussi que tous vont s’adapter et travailler avec l’IA et, comme je viens de le dire, ils affronteront leur miroir et prendront de bonnes résolutions de l’an neuf en plein été, ou continueront de se demander qui est l’abruti dans la glace qui les reflète. J’adore un mot de la langue française, non pour sa mélodie, mais pour ce qu’il permet, c’est le mot « compromis ». J’aime faire des compromis, j’aurais peut-être dû faire de la politique… Non, finalement. Mais tout comme la calculatrice est venue nous aider en mathématiques, les manuels tels que le Bescherelle, le dictionnaire et autres nous servent d’outils de travail, les bibliothèques de puits de savoir, sources d’informations et de silence… pourquoi ne pas utiliser, et ainsi ne pas devenir un vieux con, l’IA pour travailler ? Et pour travailler, il faut des outils. L’IA est un outil, mais aussi un robot maléfique si elle est utilisée à des fins malicieuses. Voilà le piège. Oh ! Ne nous en voulons pas d’avoir été séduits par le tentateur avec sa pomme, ou sa bonne poire… Nous sommes de chair et donc faibles, c’est ainsi depuis la nuit des temps. Ce qui compte, c’est le miroir…

L’IA n’est finalement qu’un miroir. Le miroir du travail de tant et tant d’hommes et de femmes qui ont écrit, cherché, travaillé. Mon travail et le vôtre avec ce qui sera désormais, pour nous, l’outil IA ne seront qu’une contribution pour aider nos semblables. Les honnêtes gens, pas les malicieux qui font des holas sur les réseaux et font exactement ce qu’ils reprochent, et pire encore.

Comprenons que l’art, la création, le travail ont besoin d’âme, de sueur et de larmes. Et qu’aujourd’hui, en 2026, un outil s’ajoute à nos calculatrices, dictionnaires, Bescherelle et autres… C’est l’intelligence artificielle, qui n’a d’intelligent que ce que l’homme a créé, pensé, écrit, peint depuis des siècles. Avec son âme, sa sueur, ses larmes.

Et puis aussi, pensez au miroir…
Il est important.

PS : Ce texte n’est pas le résultat de l’IA, il n’a eu recours à elle que pour l’orthographe, la grammaire et la conjugaison. Mais aussi, quand j’y ai eu recours, j’ai interrogé Mister IA pour qu’il m’explique mes lacunes et ainsi, j’ai appris à ne plus, ou du moins à moins commettre à nouveau ces erreurs à l’avenir.

 

mardi 1 septembre 2026

Le monde de Narnia Tome 1 de C.S Lewis par Vincent Vallée

 



Dans ma série de lectures jeunesse, je chronique ce premier tome de Narnia, Le Neveu du magicien.


Il est le tome le plus méconnu, d'après les commentaires que j'ai pu lire. Pourtant, c'est la base de l'histoire, sa genèse, la création de Narnia !


Polly s'ennuie chez elle, à Londres. C'est en épiant son jeune voisin Digory qu'elle fera sa connaissance et partira avec lui à la découverte des greniers d'une rangée de maisons qui communiquent tous ensemble. C'est un peu tordu comme possibilité, mais nous sommes dans un récit jeunesse, l'imaginaire doit être ouvert. Voilà que les deux enfants vont atterrir chez l'oncle de Digory, ou plutôt dans sa chambre. L'oncle en question, homme un peu loufoque, est magicien, mais peu hardi. Il possède des anneaux capables de transporter les êtres dans un monde parallèle.


Seulement, l'oncle en question, manquant de hardiesse, va convaincre son neveu de tenter l'expérience et y arrivera.


Voilà les deux enfants perdus dans un monde étrange, où ils feront la rencontre d'une reine machiavélique... Leur première tâche sera de ramener la sorcière avec eux, mais celle-ci les suivra jusqu'à Londres, dans la vraie vie. Seulement, tout ne se passe pas toujours comme l'espèrent les enfants et c'est ainsi qu'ils atterrissent dans un monde vierge où ils vont assister à la naissance de Narnia, le monde nouveau.


C'est le lion Aslan qui sera l'instigateur, au travers d'un chant, de toute vie sur Narnia. Il donnera vie aux animaux et choisira les souverains de ce nouveau monde. On retrouve là quelque chose de l'histoire biblique de Noé et, pour poursuivre sur l'influence religieuse de C. S. Lewis, il y aura la fameuse pomme, symbole de vie, de force, de guérison. Symbole tout court.


J'ai eu un peu de mal à entrer dans ce premier tome, mais la création de Narnia m'a plu, embarqué. Ce n'est pas le meilleur roman jeunesse que je lis, je verrai avec le second tome si j'accroche. Mais imaginer un monde nouveau, où tout est encore possible, y compris écrire l'Histoire au lieu de devoir l'apprendre, est fort intéressant à découvrir.

jeudi 27 août 2026

Construire un vœu...

 


Il existe une tradition, en bord de mer ou partout ailleurs, pourquoi pas, qui consiste à construire une colonne de galets, de pierres. Ensuite, il faut faire un vœu et laisser la mer l'emporter.


C'est donc cela, faire un vœu... Le penser, le désirer plus que tout, lui donner ses chances, le construire et attendre que la nature fasse le reste. Au fond, pourquoi fait-on ça ?

Un vœu doit donc être emporté par le destin houleux, incertain, être détruit pour, quelque part, construire quelque chose, se réaliser ?

Est-ce cela, le sens de la vie ? Faire le vœu de..., en attendant, construire, espérer, patienter, y croire ?

Pierre après pierre, jour après jour, vœu après vœu, de patience en patience, il reste l'espoir... Que l'espoir.

Que ce soient les flots houleux ou la bise charmante, laisser faire, ne pas insister, ne pas forcer la main du destin... Patienter. La vie n'est-elle pas une succession d'attentes ?

L'enfant fait le vœu de recevoir tel ou tel joujou, l'adolescent espère l'amour, la réussite, l'adulte, de vivre épanoui en se remémorant l'enfant, l'adolescent... L'adulte a construit sa petite tour de galets, il l'a laissée se faire emporter par le courant de la vie, il ne lui reste plus qu'à attendre, croire, espérer. Oui, encore espérer.

Un beau jour, quand les années auront passé, il se retournera et observera des tas de galets emportés par la bise charmante ou une vilaine tempête et se dira que, pour vivre, il lui aura fallu construire, accepter de chuter pour mieux se relever et ainsi admettre que, parfois, quelques vœux ne se soient pas réalisés.

Peu importe, le destin lui en aura exaucé quelques-uns. Quelques-uns...

©Vincent Vallée