Les mots ricochent
Blog du romancier Vincent Vallée - Chroniques , regards d'un auteur du Borinage.
mardi 14 juillet 2026
Le voleur de cahiers de Gianni Solla par Vincent Vallée
jeudi 9 juillet 2026
Nomades du nord de James Oliver Curwood par Vincent Vallée
Cette chronique de Nomades du Nord de James Oliver Curwood sera semblable aux autres que j'ai déjà rédigées, car je suis sous le charme de la plume de cet auteur.
Ce que j'aime chez Curwood, c'est sa repentance au travers de l'écrit, lui, l'ex-chasseur.
Nous partons à la rencontre du chien Miki et de l'ourson Nioua. Rien ne semble aller dans cette association, et pourtant... Curwood nous emmène à la rencontre de ces deux animaux encore petits, innocents et qui vont s'apprivoiser, avec pourtant leurs instincts déjà marqués.
Nioua a perdu sa maman, certes âgée, et c'est le propriétaire de Miki, auteur de la mort de cette dernière, qui va s'en vouloir et recueillir l'ourson.
Au-delà d'une simple histoire, il est ici question de l'amitié au sens large, car oui, on peut être très différents et amis au-delà de tout, au-delà des barrières ; chacun d'entre nous pourra s'y retrouver, s'y reconnaître.
Parfois, au cœur d'une amitié, on peut s'éloigner, comme Nioua qui va hiberner et laisser son ami Miki seul et dépourvu. Ce dernier va devoir se débrouiller seul alors qu'il était déjà livré à lui-même avec son ami ourson.
La nature s'impose toujours et c'est pour plusieurs semaines que Nioua va s'endormir. Miki va patienter, mais devra s'éloigner et vivre une vie féroce, dure, cruelle qui le rendra, à son tour, cruel et féroce.
Ce n'est pas mon roman favori de Curwood, mais j'ai beaucoup aimé.
Chasseurs de loups reste sur la première marche.
Je précise que j'ai lu une version de 1978, illustrée, et que je déplore de ne pas l'avoir trouvée dans un format plus actuel. Un tel écrivain devrait être mis en avant, comme l'a fait la maison d'édition Éditions duTriomphe avec deux ouvrages de l'écrivain.
lundi 6 juillet 2026
Une bête en moi - Hommage à Sylvester Stallone par Vincent Vallée
Le temps passant, la trotteuse
cheminant, je m’dis que si on reste quelque part longtemps dans la vie, on fait
partie des murs. C’est un peu comme s’ils tendaient l’oreille, s’imprégnaient
des ondes qu’on envoie se fracasser sur eux. Ils encaissent, retiennent et
respirent notre histoire, parfois même une fois qu’elle est terminée…
Tu sais, le tour du cadran, on
l’fait qu’une fois, après ça, on les essuie, les cadrans, non ? On vire à rien
si on ne reste pas vigilant à garder le tempo de la vie, de nos vies. On court
pour fuir la faucheuse, je crois… Rien que d’y penser, j’suis mal viré…
On devrait s’empêcher d’essayer
des trucs à cause de deux ou trois bougies de trop, semble dire certains. Moi,
je crois qu’il n’y a pas d’âge pour faire, pour apprendre, pour découvrir, pour
rêver, pour vivre sans calculer et sans regarder l’horloge… À quoi bon ? Elle
ne s’arrêtera pas, tu sais. Elle nous mettra au défi sans cesse, en disant :
Ouais, ça se rapproche ! T’es prêt ?
J’ai arrêté de penser comme les
autres depuis longtemps, sinon je n’aurais rien accompli, rien gagné, rien
surmonté, relevé aucun défi, parce que j’vieillis… Alors j’pense plus, non…
depuis longtemps…
De nos jours, et depuis la nuit
des temps, on entend les jeunes dire que les choses sont différentes. Non,
c’est les fringues qui sont différentes, l’homme, il ne change pas. Il vit,
apprend, espère, réalise, surmonte, rêve, déchante, souffre, rit, pleure,
hurle… et il meurt. Habille-le comme tu veux, il ne change pas, il fait tout
pareil…
Et puis quoi, tu sais, le temps
nous rattrape toujours, un jour ou l’autre. Ouais, mais il va plus vite si on
quitte la course. Alors il faut avancer, marcher, courir, ralentir, réfléchir,
songer, calculer, profiter, s’ennuyer, recommencer, et le tout en boucle. La
vie, c’est une alliance, un anneau, t’es marié avec dès ta naissance et c’est
l’infini recommencement…
Oui, le temps s’écoule comme le
sable d’un sablier, et un beau jour, on s’réveille en se disant : J’ai encore
des trucs pas rangés dans ma cave… Alors l’appétit revient, l’instinct te
redresse sur tes jambes et, à nouveau, tu te surprends à recommencer, autrement,
mieux, avec d’autres, mais avec TOI ! Plus âgé, plus réfléchi, plus
expérimenté, mais avec TOI.
Parfois j’arrive même plus à
respirer, j’ai l’impression qu’il y a une bête en moi... Elle se forme avec le
temps, s’installe pour te rappeler que le défi, c’est toi, et que toi. Tu te
bats toute ta vie contre un seul et unique ennemi : TOI !
On grandit, on aime, on
découvre, on fait des enfants, on leur apprend ce qu’on sait, maladroitement
parce que y’a pas de méthode… et on s’dit soudain : Je n’aurais jamais cru que
ça aurait été aussi dur, c’était pas comme ça que c’était prévu… Parce qu’on
idéalise sans cesse. Parce qu’on rêve, on se projette sur une image, mais
l’image, ce n’est pas la réalité. La réalité, elle est déformée, et c’est ça
qu’est sympa, parce qu’il faut tâcher de se rapprocher au plus près de l’image
de départ. Ouais, c’est ça, le défi de la vie : tâcher de se rapprocher de
l’image…
mercredi 24 juin 2026
Chasseurs de loups de James Oliver Curwood par Vincent Vallée aux Éditions Triomphe (Masse critique BABELIO)
lundi 15 juin 2026
Le Grizzly de James Oliver Curwood par Vincent Vallée
dimanche 7 juin 2026
Le garçon qui n'avait pas le bon costume à la naissance de Lionel Carlier par Vincent Vallée
Comment aborder ce petit roman jeunesse, si grand par sa morale qui aide, pousse vers l'avant et édifie ?
Je dois d'abord parler de son auteur, qui signe ici son premier court roman jeunesse : Lionel Carlier.
Lionel n'est pas un inconnu pour moi, puisque j'ai usé le fond de mes pantalons sur les mêmes bancs d'école que lui lorsque nous étions à l'école primaire. Inutile de dire que nous étions de bons copains, que j'étais un mauvais élève tandis que Lionel était bien meilleur.
Mais au-delà d'être un bon élève, Lionel était timide, taiseux, introverti, et j'étais finalement un peu pareil. C'est certainement pour cette raison que nous nous entendions bien.
Le roman jeunesse que nous propose Lionel contient un peu de son histoire ; il y a ajouté quelques ingrédients de son enfance, comme tout bon auteur. Lionel est devenu instituteur, et cela ne m'étonne pas : il était fait pour ce costume d'enseignant, car il aime les enfants, se reconnaît en eux et aime transmettre.
C'est également pour cette raison que ce roman existe. Au cours de sa carrière, Lionel a pu constater, à regret, que peu de littérature existait pour les enfants dont il avait la charge et qui, comme beaucoup, cherchent leur place, le bon costume pour traverser l'enfance, puis l'adolescence, avant d'entrer dans le monde adulte, forts de leurs premières années.
Ce roman, je l'ai dévoré. Je sentais bien, depuis l'annonce de sa parution, qu'il y avait là quelque chose qui allait me parler, à moi, l'enfant qui a manqué de lectures jeunesse... Ce roman regorge de réflexions profondes et d'enseignements, le tout dans une ambiance cocasse et humoristique. Bien souvent, le sourire est venu éclairer mon visage de lecteur...
Quelques passages ?
Le petit garçon va pouvoir choisir ce que sera sa vie. Comme ce serait agréable, plus facile pour grandir et surtout plus amusant !
On se demande souvent, lorsqu'on est adulte, ce que l'on ferait autrement si l'on pouvait revenir en arrière. Lionel Carlier propose l'idée que, bien avant de naître, nous puissions choisir les fondations de notre vie, sans oublier qu'il faudra également choisir des faiblesses et des défauts. Sans quoi, que serait une vie si elle n'était qu'heureuse et parfaite ?
Je ne vous en dis pas plus, car il faut absolument lire ce petit guide de vie, joyeux, loufoque, cocasse et empli d'enseignements. Mais surtout, procurez-vous-le pour le faire lire ou, mieux encore, pour le lire à vos petits qui ont encore tout à faire, tout à construire. Lionel n'a pas vraiment trouvé de quoi habiller l'enfance des jeunes dont il avait la charge ; alors, il l'a imaginé, inventé et écrit.
Je recommande fortement cette lecture, vous l'aurez compris !!
vendredi 5 juin 2026
Kazan de James Oliver Curwood par Vincent Vallée
On parle généralement d'aventure humaine lors d'un récit centré sur l'entre-soi, la confrontation avec soi-même. Cette fois, j'ai découvert une aventure animale avec KAZAN. Et quelle aventure !
Avant de parler du roman, j'aimerais évoquer son auteur, l'écrivain James Oliver Curwood. Avec Jack London, le bien connu, il est un auteur spécialiste des aventures du Grand Nord, des contrées sauvages et de l'espèce animale. Déjà enfant, Curwood écrivait des histoires. Il n'était pas un étudiant assidu et discipliné ; pour preuve, son renvoi de l'école car, oui, il aimait vagabonder. Déjà aventurier dans l'âme, certainement...
Il fera cependant ses études jusqu'au bout et deviendra journaliste, mais là également, il se fera remarquer dans le mauvais sens du terme et sera... viré.
Alors, que faire si ce n'est ce qu'il aime et fait de mieux ? Écrire !
C'est à propos du Grand Nord canadien qu'il aime coucher ses idées, ses histoires, pour notre plus grande joie aujourd'hui de les lire.
Petite parenthèse : je ne saurais dire comment je suis arrivé à Curwood et pourquoi si tard, mais est-il un jour trop tard ? De la littérature jeunesse, dites-vous ? Fi de ces préjugés et des abords pompeux de la littérature ! On lit pour se la jouer ou pour l'évasion et le plaisir ? On lit pour citer des classiques et de grands auteurs ou pour raconter avec appétit l'histoire que l'on vient de lire et partager ? Nous serons d'accord : l'évasion et le partage grâce à un bon roman, c'est le plus important.
KAZAN, c'est un animal mi-loup, mi-chien, qui n'en sait rien. KAZAN, c'est la sauvagerie mêlée, comme l'est son sang, à la douceur, à la docilité. Mais KAZAN, c'est surtout l'histoire d'un animal que l'on va suivre au travers de ses yeux, au travers de son approche de ce que nous voyons comme lui, mais qu'il interprète avec sa condition de chien-loup. On va vivre ses aventures, oui, il y en aura plusieurs, avec crainte pour sa vie dans ce Grand Nord et au sein du monde animal qui se montre cruel, sans pitié, avec pour objectif de survivre avant tout.
KAZAN va souffrir, aimer, fuir, avoir faim, avoir froid. Et quand il aimera un humain, ce sera toujours une femme douce et sans crainte de lui, le loup. KAZAN sera parfois déchiré entre les caresses d'un humain qui lui veut du bien et une louve qui lui voue sa vie, ne le quitte jamais et, pour cause... Vous verrez pourquoi, c'est le cas de le dire... KAZAN sera le guide de Louve Grise durant les trois quarts du récit.
KAZAN bravera le grand froid, disais-je, mais aussi la peste rouge, le feu, l'eau, mais surtout l'homme armé d'un fouet ou d'un gourdin.
Avec KAZAN, on voyage, non seulement sur les routes, dans les forêts ou parmi les montagnes, mais aussi dans sa tête. On voit ce qu'il voit, on comprend ce qu'il comprend. Ce fut un magnifique voyage que ce roman.
Merci à la providence d'avoir placé sur mon chemin James Oliver Curwood !!
Je ne vous cache pas avoir entamé Le Grizzly et attendre Chasseurs de loups du même auteur pour une Masse Critique de Babelio.

