jeudi 16 décembre 2021

Tout pour être heureux de Raymond Choquet par Vincent Vallée

 




Avec ce recueil intitulé « Tout pour être heureux » je suis en admiration de l’histoire qui en découle en premier lieu. Quand j’ai appris que Stefan Thibeau, féru de lettres, entre autres, avait découvert ce recueil je fus de suite intrigué. C’est avec une générosité naturelle que ce dernier m’a envoyé le PDF de sa trouvaille mise en forme et éditée par AUDACE.

Il faut savoir que le poète Raymond Choquet fut un ami du grand Marcel Moreau. Et Moreau avait pour lui une grande affection et une admiration pour ses écrits. Il dit de lui : « Jadis j’avais un ami de la race des Rimbaud, vivant comme Van Gogh ». Pour celles et ceux qui me connaissent je fus happé par cette citation. Plus loin il écrit : « Ne supportait pas ce monde cupide et cynique »… 

Marcel Moreau décrira les mots de Choquet comme étant brulants, révoltés, prophétiques… Rien que ça. À l’heure où j’écris ces mots j’ai des questions qui demeurent sans réponses concernant Choquet. Son parcours scolaire, ses ambitions, ses maîtres littéraires, ce qui le rebutait pour que Moreau décrive sa vision du monde comme cupide et cynique… 

Depuis toujours je suis fasciné par ce qu’écrit un écorché vif, un jeune auteur empli, et de testostérone et de fougue littéraire, avec cette envie maladroite d’écrire ce qui ne l’a pas encore été… Le résultat est souvent fascinant. Choquet mettra fin à ses jours en 1966 à Bruxelles dans un appartement qu’il venait d’emménager grâce à ses parents qui voulaient prouver par-là, que leur fils avait « Tout pour être heureux »…

C’est à Moreau que les parents du jeune suicidé confieront des textes et autres papiers ayant appartenu à leur fils. Moreau était de Boussu et Choquet… de Dour. Il y a des parallèles qui parfois donnent le vertige… J’ai aussi aimé la comparaison avec ce que disait et pensait Céline au sujet d’un auteur. Entre autres qu’il fallait payer, coucher sa peau sur la table. Ci-gît l’auteur…

Écrire n’est pas anodin, écrire avec ses tripes, avec cœur ce qu’on pense être la vérité demande de savoir s’oublier, de ne rien cacher. C’est pour cette raison que Moreau a des mots, des formulations parfois si dure, la plume incisive. Choquet était de sa trempe. 

La découverte qui en réalité était celle de Marcel Moreau, enfin révélée par le biais de Stefan Thibeau, ami des dernières années de Moreau est une bénédiction pour nous. Le petit recueil est bien construit, mis en éclairage par Daniel Charneux, auteur de Dour lui aussi et préfacé par Stefan qui sera le pont entre Choquet, Moreau et nous.

J’ai bien entendu relevé quelques passages :

 

Je t’aime comme l’aile de l’aigle

Aime l’air qui le porte à travers les surfaces

Le bec cinglant les gouffres, en sa fierté dément

Sa gloire lui tient lieu.

 

Ceci me parle particulièrement :

Je suis malade en permanence

Quand crient toutes ces fibres déchirées


 

Mais ceci est génial :

 

J’irai voir les filles le lundi

J’irai jouer le mardi

Je dormirai le mercredi

Je rêverai le jeudi

Je chanterai le vendredi

J’aimerai le samedi

Leur répondit-il simplement

Jugeant que cet horaire suffisait amplement

Mais que feras-tu le dimanche ?

Il n’y avait pas pensé

 

En résumé cette découverte et l’histoire qui y est rattachée est très intéressante et ce recueil mérite d’exister. Non seulement pour rester fidèle à la mémoire de Raymond Choquet mais aussi pour poursuivre ce que désirait plus que tout Marcel Moreau l’ami de Choquet.

Le recueil est disponible aux Éditions Audace et c’est très réussi. Vous pouvez le commander chez eux en cliquant ici :  http://www.editions-audace.be/




dimanche 5 décembre 2021

L'eau de là de Nicole Nisol par Vincent Vallée

 



Je viens de terminer ce recueil de nouvelles au titre bien trouvé, évocateur. Le thème ou plutôt, le fil conducteur est l'eau, sa présence, sa proximité, son influence...

L'auteure, Nicole Nisol, nous emmène au fil de l'eau tel un bateau de papier posé sur le courant. La cocote de papier va tantôt voguer paisiblement, tantôt sera embourbée dans les marais, puis valdinguera dans les flots houleux, puissants. Trois nouvelles à l'image de ce petit bateau de papier et une mise en danger de l'auteure puisqu'elle sort de son thème de prédilection qu'est le roman narrant les histoires de familles, les destins tragiques et humant la Provence.

Là, nous partons vers d'autres destinées, plus sombres, plus tragiques, plus machiavéliques parfois mais c'est un plaisir de naviguer sur ces thèmes nouveaux, ce style inhabituel de l'auteure. Il y a toujours autant de passage empreints de sensibilité, de douceur et d'honnêteté au fil des pages. Et c'est comme au fil de l'eau, nous avançons dans le recueil afin  d'en savoir d'avantage, pour apercevoir l'horizon et la fin du voyage.

Le ruissèlement d'un ruisseau aura un dénouement inattendu, les marécages seront fidèles à leur réputation et l'océan aura trouvé une histoire à la hauteur de son immensité. Trois thèmes, un seul fil conducteur, une belle plume et un recueil de nouvelles que l'on referme, satisfait.

Je vous invite à faire comme moi et à commander celui-ci en cliquant sur ce lien :


Le recueil de nouvelles : L'eau de là

Les Willoughby de Lois Lowry par Vincent Vallée

 


Je ne lis pas souvent de romans jeunesse, mais j'essaie de le faire quelque fois sur l'année. Enfant, je lisais beaucoup de BD, peu de romans, donc je tente de rattraper le temps.

Mais, force est de constater que là aussi il y a des navets comme au cinéma. Forcément, j'ai évolué, je n'ai plus l'état d'esprit de la personne qui aurait dû lire ce petit roman. L'histoire en elle-même est cependant intéressante.

Cette famille digne de la famille Adams, qui espère se débarrasser de l'autre, ces parents qui vont fuir leurs responsabilités et voyager, abandonnant ainsi leurs enfants à une nounou, la seule personne normale de cette histoire par ailleurs. Mais les enfants, tout aussi cruels que leurs parents qui espèrent sans cesse qu'il arrive malheur à ceux-ci, ne sont pas en reste...

Étrange histoire, petite satire, mais là où je suis agacé, outre la niaiserie de l'histoire qui n'est due qu'à mon âge peu adapté à ce genre de lectures, je suis énervé par la façon dont le livre est vendu. 
L'éditeur vise les amateurs de beaux livres, tels qu'on les concevaient autrefois et avec en plus, une couverture attirante, à l'ancienne. C'est une duperie.

Mais voilà, le récit est adapté au plus de 10 ans je dirais jusque maximum 16-17 ans et je suis généreux.

mardi 9 novembre 2021

À propos de Pre de Daniel Charneux par Vincent Vallée

 



C’est lors d’une présentation littéraire que Daniel Charneux a exposé le roman que je viens de terminer. Il l’a présenté comme étant un de ceux pour lequel il a pris le plus de plaisir lors de sa rédaction. Et pour cause, il s’agit de la seconde passion de l’auteur : le jogging.

Je sais que tout auteur, pour écrire quelque chose de profond et sincère et afin de cueillir ses lecteurs, a besoin de puiser au fond de lui du vécu et c’est le cas ici. Et une présentation littéraire vous revient en mémoire lorsque vous lisez le roman en question. Des anecdotes, quelques passages ont soulevé chez moi, la mine de mon crayon. Je vais vous les partager.

Il s’agit donc de narrer sous forme d’un journal intime, ce que fut Steve Prefontaine pour le narrateur, Pete Miller. J’ai cru de prime abord, lire une biographie, mais dans ce cas le roman ne serait consacré qu’à Pre, c’était son surnom. Or, ici, il est question surtout, à mon sens, de Pete Miller. En effet, il fait souvent référence à son vieil ami Prefontaine certes, mais c'est son histoire à lui qu'on découvre, celle de Miller, Prefontaine fut un exemple et pour lui et pour tant d’autres, mais moi j’ai beaucoup plus été touché par l’envie de Pete. L’envie de courir encore, ne rien lâcher malgré les années. Et le narrateur de s’interroger par exemple en écrivant ceci : « … Pareil à ces jeunes de plus en plus nombreux qui refusent de donner la vie, car ils disent que c’est aussi donner la mort, à quoi je ne peux qu’acquiescer. »

Une des particularités de ce roman est le voyage au travers de quelques décennies américaines, ce qui nous vaut quelques jeux de mots sympathiques comme : « Amère histoire indienne » (Amérindiennes). Nous avons aussi l’opportunité d’apprécier ou non quelques morceaux de musiques des années cinquante, toute une époque avec des sons de qualité que vous aurez le loisir de découvrir lors de la lecture. Il y a aussi quelques passages encourageants (n’est-ce pas un moteur pour le joggeur les encouragements ?) comme celui-ci : « Un jour tu vas trouver quelque chose pour quoi tu es doué et ce sera ton cadeau ».

On est aussi peu surpris de se rendre compte que Pete est un auteur et d’ainsi nous donner par le biais de l’auteur (Miller/Charneux) un conseil ou plutôt une constatation qui dit : «  Tu poses ton derrière sur une chaise, tu prends la plume, tu notes en trois mots ton idée du jour, celle qui te trotte dans la tête depuis le matin, ou la nuit, ou la veille, et tu te presses le cerveau comme un citron jusqu’à ce que les trois mots soient devenus trois lignes, ou trente, ou trois pages. C’est ça, l’inspiration. »

Pete raconte un de ses récents défis, un relais entre amis vers le pied du Mount Hood, c’est ce qui m’a le plus séduis, intéressé. Cet homme qui ne baisse pas les bras se souvenant de façon redondante ce que fut Pre, ce qui fit de lui un homme hors pair, un sportif avec des convictions, une ligne de conduite. Une inspiration pour Pete en somme, comme lorsqu’il se souvient des mots de son défunt ami : « Et comment la vois-tu la course, toi, Plouc, avait demandé Bowerman ? – Comme un œuvre d’art, coach ! Une œuvre d’art ! »

Je ne peux m’empêcher de retranscrire pour moi-même un passage qui m’a replongé dans un souvenir personnel alors que je travaillais sur les toits en plein hiver, quand Pete Miller raconte : «  Nous sillonnons le quadrillage des rues avec nos gilets jaunes, nos lampes frontales, parmi les odeurs des cuisines qui sortent par bouffées du conduit des hottes aspirantes » un souvenir mitigé pour moi, qui avait faim depuis quelques heures et qui commençais à peine à me salir les mains dans le monde du travail, j’aurais tout donné pour le confort de l’attente d’un bon repas bien au chaud, à la maison.

Pour revenir à la trame du roman qu’est le sport, la philosophie autour du jogging, chaque lecteur peut transposer l’expérience de Miller/Charneux pour lui-même, comme lors de ce passage pour moi qui me suis remis au Vélo de route, sport que je pratiquais assidûment autrefois : « On n’arrête pas de jouer parce qu’on vieillit, on vieillit parce qu’on arrête de jouer » il suffirait de remplacer le verbe « jouer » par le verbe « courir ». (rouler pour moi). Mais aussi la sagesse de l’auteur (je laisse chacun juger s’il s’agit de Miller ou de Charneux) lorsqu’il écrit : « Prendre le temps me répétais-je. Profiter de chaque foulée ».

Il y a d’autres similitudes avec Daniel Charneux pour celles et ceux qui le connaissent un peu lorsqu’on lit ce passage : « Je me suis dit que mon État était beau, et que je reviendrais un jour ici, que cette fois, je quitterais la Highway, que je me lancerais dans la forêt, que j’irais tremper mes mains dans la rivière où je ramasserais des cailloux plats que j’enverrais ricocher sur l’eau vive pour les voir y plonger, s’y perdre. » Le tout au conditionnel, symbole de l'espoir et de l'envie de Pete Miller.

Ce récit au travers de ce que fut la trop courte vie de Pre est un exemple de camaraderie, de fraternité aussi, entre Pete et ses compagnons de sport. On le constate en lisant cette phrase : « Chacun y est allé de ses souvenirs. L’être humain est aussi une machine à nostalgie.

Voilà donc le récit de ce que fut pour moi cette lecture avec pour préambule, une présentation littéraire simple et décontractée. Comme je les aime. Si j’avais un seul bémol à émettre, c’est de ne pas en savoir beaucoup plus sur Prefontaine surnommé Pre. Plus d’anecdotes le concernant lui avec Miller par exemple. Mais ce roman est une réussite lorsqu’on comprend qu’il s’agit là de se souvenir de l’athlète que fut Pre, sa philosophie mise en parallèle avec son ami d’autrefois, devenu âgé, mais pas résigné. Se nourrissant ainsi de la philosophie de son sport plus que de médailles et autres lauriers. Ce qui manqua à Pre, mais après tout je n’en tire qu’une conclusion :

 

Ce qui importe ce n’est pas l’issue de la route, mais ce que fut la route et ce qu’elle nous a apporté.

vendredi 5 novembre 2021

Pourquoi écrire ? Par Vincent Vallée

 


Pourquoi écrire ?

Souvent on me pose cette question… Et j’avoue qu’au tout début je me le suis demandé, longtemps même avant de me lancer dans la publication.

Ecrire… C’est avant tout ce qui m’a toujours motivé, habité. Malgré les lacunes du début et encore celles d’aujourd’hui, que j’avoue sans rougir. Écrire est le résultat d’observations, de ressentis, de sentiments multiples. Depuis l’enfance j’en ai besoin. Louis Ferdinand Céline disait : “Quand on a pas d'imagination, mourir c'est peu de choses, quand on en a, mourir c'est trop.”

J’ai lu énormément de choses à propos des prix littéraires et j’avoue, que souvent j’ai été d’accord. Souvent, j’ai trouvé qu’il y avait là un « entre soi » malsain. La consanguinité littéraire m’exaspère au plus haut point. J’ai vu, constaté, que parfois dans les milieux modestes et humble tout se joue entre quelques-uns(es), au détriment de quelques talents gavés d’envie, d’ambitions qui produisent quelques pépites littéraires.

Mais j’ai aussi à contrario, constaté des scribouillards, qui molestent l’orthographe, la grammaire et ainsi, crachent dans la soupe. Je ne sais pas vraiment ce qu’ils recherchent, ce qu’ils tendent à obtenir si ce n’est le sentiment illusoire d’être un écrivain. Un piètre soufflet qui retombe souvent aussi rapidement.

Je crois, à mon sens, qu’un écrivain est une personne qui est à la hauteur d’une œuvre maintenue, continue, qui dure dans le temps. Attention, je ne dis pas une œuvre récompensée, populaire. Je suis persuadé que si quelqu’un ne peut s’empêcher d’écrire, que c’est vital pour cette personne. Que cet auteur se donne les moyens pour travailler son écrit, l’améliorer, comprendre les règles de conjugaison, grammaire, typographie. Alors c’est un écrivain. Je préfère de loin une œuvre constante et sincère qu’une œuvre populaire et commerciale.

L’auteur qui jalouse les lauréats de divers prix littéraires avec pour arguments que c’est parce que ces auteurs sont populaires et cela va leur faire gagner encore plus d’argent, n’ont rien compris à l’acte d’écrire. Écrire est un besoin, rien d’autre. Un écrivain écrit parce que c’est ainsi qu’il s’exprime le mieux, qu’il exprime le mieux son chagrin, sa colère ou son amour de l’autre. Là encore je vais citer Céline qui écrivait : “L'amour c'est l'infini mis à la portée des caniches.”

Je n’oublie pas un détail qui pour moi n’en est pas un : Lire. Un auteur, un écrivain qui ne lit pas est un imposteur. Comment ne pas avoir envie de se nourrir de ce qui nous passionne de partager. Ou encore nous motive depuis toujours ? Lire est essentiel, primordial même. J’ai parfois lu que lorsqu’un auteur écrit, il ne sait pas lire. Foutaise ! C’est essentiel. C’est comme prétendre rouler en voiture sans carburant. Que le véhicule soit thermique ou électrique par ailleurs.

Je terminerai mon propos en écrivant qu’avoir cette envie d’écrire, d’être auteur par la force des choses ne veut pas dire que vous devez être un romancier ou un nouvelliste. J’ai lu une foule de textes courts magnifiques, de courts textes à propos, riches. Après tout, pour ces gens-là, écrire c’est vivre tout simplement.

dimanche 24 octobre 2021

Colorado Kid de Stephen King par Vincent Vallée


Colorado Kid par le maître, Stephen King. Maître de l'horreur et du suspens, qui cette fois, s'essaie au genre policier, énigmatique. Ce n'est qu'à la fin du roman que l'on obtient l'explication du King concernant ce choix.
Comme il l'explique, il arrive très souvent que des amis journalistes lui apporte des articles de presse qui pourraient faire l'objet de romans. Seulement, une caractéristique parmi ces faits inquiète un peu, travaille l'auteur. Je ne dirai rien ici, il vous faudra le découvrir.
Une chose est certaine, il sait nous tenir en haleine y compris avec un policier. 

Nous allons plonger dans le monde du journalisme à l'ancienne puisqu'il s'agit de deux vieux briscards,  Dave Bowie et Vince Teague, qui sont à la manœuvre avec une jeune stagiaire Stéphanie McCann. 

Le décor est planté, il reste l'intrigue, sauf que celle-ci est aussi vieille que l'expérience de nos deux journalistes avérés. 
Une plage, un mort appuyé contre une poubelle, sauf que ce mort demeure plus de 25 années plus tard, un mystère pour nos deux journalistes. Et Stéphanie Mc Cann de s'imprégner de cette histoire non élucidée, elle qui est cantonnée à la rubrique des vieilles choses à vendre pour le journal.

C'est ainsi que tout du long de ce récit nous allons revivre la découverte et l'enquête au sujet de ce mort mystérieux. Que cherchent ainsi nos deux vieux journalistes ? Ont-ils les réponses ? Ont-ils résolus l'énigme ?

Lire Stephen King avec ce genre policier vous apportera la réponse. Personnellement j'ai aimé, parce que si l'horreur et l'effroi sont de côté, le King arrive malgré tout à nous tenir accrochés aux pages et puis la Postface en dit long sur son expérience, devrais-je dire, tentative, pour un si grand écrivain ?

À vous de juger.

 

mercredi 20 octobre 2021

Promenades de Nicolas Sarkozy par Vincent Vallée

 


Il est rare que je lise des ouvrages d'hommes politiques ou tout simplement médiatiques. Mais je n'ai jamais eu honte de mes convictions et encore moins de mon attachement à certaines idées que portent quelques uns de ceux-ci. Nicolas Sarkozy en fait partie.

Pour évoquer brièvement les contradictions ou autres critiques dont on l'affuble, je suis de ceux qui pensent que tant d'acharnement prouve que le doute est permis. Je me souviens de son propos lorsqu'il évoquait notre patrimoine historique et chrétien en imageant son propos par son réconfort lorsqu'il survolait la France, voyant le toit des églises approcher. Son avis concernant les frontières, le travail et ses idées et puis la lettre de Guy Moquet. Jamais je n'oublierai cette lettre dont il a imposé, à juste titre, la lecture dans les classes françaises. C'est là que j'ai senti un attachement à la culture, à l'histoire, quand d'autres y voyaient des pirouettes politiques ou un dirigeant enfilant un costume non à sa taille. Il y aurait bien d'autres exemples à citer concernant mes points d'accord avec le président Sarkozy, mais cette chronique est dédiée à son dernier ouvrage.

Et quel ouvrage ! Justement, le président Sarkozy y évoque pour la première fois, son goût pour la culture, son attachement à celle-ci et son rôle dans la vie politique et quotidienne. J'avais déjà beaucoup apprécié l'émission littéraire où il n'était là que pour parler de littérature, la sienne, celle qu'il aime, celle qui le porte et qu'il transmettait alors. Je remarque que Nicolas Sarkozy aura attendu la fin de tout enjeu politique pour parler de culture sans tabous et c'est tout à son honneur. 

Je me retrouve beaucoup en lui pour ses prises de position et pour la sagesse naissante dont il est habité aujourd'hui. Dans cet ouvrage donc, il évoque la culture qui l'a accompagnée tout au long de sa vie. Que ce soit la littérature, la peinture, la chanson, le cinéma, la photographie, etc. J'ai ainsi pu  découvrir certaines œuvres d'art, en découvrir d'autres à nouveau, avec un regard de partage, le sien, pour nous, lecteurs.

Je fus bien entendu séduit quand il évoque Van GoghRimbaudMonetHugo, mais étonné dans le bon sens du terme par d'autres comme Jacques Majorelle qu'il cite :

"Il faut beaucoup chercher avant de trouver les belles choses, elles se cachent minutieusement et on passe à côté d'elles sans les soupçonner"

Il me fait découvrir les dessins de Victor Hugo, des dessins sombres et si beaux comme "Le burg dans l'orage", un talent que je ne connaissais pas à l'écrivain si remarquable déjà... Sarkozy nous explique aussi ses prises de positions et autres actes présidentielles en faveur de la culture alors que le pays et l'Europe en général vivaient une crise financière considérable. Lorsqu'on critique son mandat, on a tendance à oublier cette complexité pour diriger un pays selon le programme présidentiel imaginé et proposé… J'ai bien entendu été touché par l'évocation de son grand-père qui sema en lui la graine culturelle en collectionnant les timbres ornés des plus belles œuvres d'art mettant en valeur entre autres, les plus grands tableaux de la peinture française.

Nicolas Sarkozy a aussi touché un point qui m'a énormément parlé à moi petit auteur. Ce qu'il nomme l’"Entre soi "En ces mots :

"...Une nouvelle bourgeoisie qui pratique l'entre-soi, la bien-pensance et la détestation de tout ce qui n'est pas elle-même."

Comme ça me parle "l'Entre-soi" et il ne faut pas être une star ou un grand écrivain pour le pratiquer au détriment des autres qui eux, œuvrent au partage de leur art, non, même à un niveau bien plus modeste on le constate et c'est si triste, voire pathétique. La culture, comme la confiture, a besoin d'être étalée, mise en avant et si elle est encore gauche et non affirmée il faut l'encourager avec quelques mises en lumière; non pas par le déni, le mépris parfois ou pire, la méchanceté... Il ne s'agit là que de mon opinion, voilà pourquoi je me suis retrouvé dans cette réflexion de Nicolas Sarkozy.

Mais encore, le président évoque Arthur Rimbaud avec une lettre écrite depuis Aden, imaginez, vous qui me connaissez, comme je fus touché ! En effet, j'ai écrit un dernier roman intitulé "Une expédition en enfer L'autre Rimbaud" au sujet de la vie d'Arthur, le Rimbe, sa vie après Verlaine, après la poésie jusqu'à sa triste fin. Mais il y a aussi le partage d'une toile de Van Gogh "Champ de blé sous un ciel orageux" peint à Auvers-sur-Oise, dernière demeure du peintre écorché. Je fus, là aussi, touché puisque Van Gogh fut l'objet de deux ans de travail pour mon roman "Vincent Van Gogh, sa vie dépeinte".

Mais enfin, il y aurait une foule d'autres choses à mettre en avant au sujet de ce bouquin, un livre coupé en deux, la première partie est le récit de Nicolas Sarkozy au sujet de son approche culturelle, son partage devrais-je dire, la seconde partie sont des clichés des œuvres d'art dont il parle dans la première partie. Je laisse à chacun le soin de découvrir et d'apprécier cet exercice auquel se prête un homme fort de ses convictions, sage de par son expérience, fier de ne pas changer de point de vue sur bien des sujets et humble pour admettre s'être trompé parfois. Somme toute, au-delà de ses différentes fonctions dont la plus prestigieuse, un homme avec ses forces et ses faiblesses. Personnellement, je suis plus que convaincu et satisfait par cet ouvrage bien écrit et riche de par ce qu'il partage.

Quelques œuvres partagées par Nicolas Sarkozy qui me touchent aussi :
















dimanche 26 septembre 2021

Les possibles de Virginie Grimaldi par Vincent Vallée

 



Les possibles. Il est l'heure de tous les possibles c'est un peu ce que nous apprends ce roman. Mais avant d'entrer dans le vif du sujet j'aimerai écrire pourquoi je me le suis procuré. Nous vivons dans une société qui critique, juge, et ce à tous points de vues. Moi, ce qui me concerne et me parle le plus c'est ce qui touche aux livres donc, évidemment je suis tombé des nues en écoutant un trio de critiques littéraires sur France Inter qui chroniquait "Les possibles" de Virginie Grimaldi. Je ne connaissais pas cette auteure, pourtant la plus lue des français parait-il. Peu me chaut. Ce qui m'a intrigué c'est la virulence des propos de ces critiques sur les ondes. J'en ai lue des chroniques, entendues des critiques mais là ? C'était une pendaison en ligne. Un de ces critiques est allé jusqu'à dire qu'il était à la limite du vomissement... Il ne m'en fallait pas plus pour me procurer ce roman et le tester sur moi.

Alors de quoi parle ce roman ?

D'une jeune femme, Julianne, active, mère de famille, épouse également et qui est appelée un beau jour car la maison de son père vient de prendre feu. C'est le début de tout ce qui sera développé dans le roman. Jean est un original, divorcé de la mère de Julianne. Il possède un caractère folklorique, il aime la musique, les blagues mais depuis peu il y a un invité non désiré : L'oubli.

C'est parce que Julianne doit héberger son père que peu à peu elle va comprendre que quelque chose cloche chez son père. Il est bordélique, il effectue des achats compulsifs via le téléachat, il cherche sans cesse sa carte vitale, recharge son GSM quand il n'est qu'à 85%... Tant de signaux d'alarmes qui font s'allumer tous les voyants de Julianne, qui en hypocondriaque avertie en sait un bout sur ces sujets. Tant de fois elle tentera de se raisonner, de se dire que tout va bien que son père est un peu spécial de toutes façons, loufoque mais quand même, là, ça l'inquiète.

Lors d'un rendez-vous chez le médecin que Jean à consenti à subir l'auteure écrit :

"Aurais-je aimé qu’on me serve un café, qu’on prenne le temps, qu’on enrobe les mots gris dans du papier coloré pour m’apprendre ce que je redoutais ?".

Le verdict est encore incertain mais pas rassurant, Jean à des soucis cérébraux. Mais Jean semble s'en moquer. Julianne sait qu'elle s'inquiète très vite pour tout ce qui touche à la santé, l'auteure décrit son état d'esprit en ces mots :

"Quand les résultats d’une prise de sang, d’un scanner ou d’une échographie attestent qu’elle est en parfaite santé (le cabinet de radiologie pourrait porter son nom), une pulsion de vie intense s’empare d’elle. Le banal devient merveilleux, la vie est une succession de premières fois. Ça doit être formidable de revivre sans avoir à mourir."

Dieu m'est témoin que ce dernier passage me parle, m'émeut même… J'ai passé des heures à m'inquiéter et des jours à jubiler d'une visite rassurante. Jusqu'à la prochaine…

Julianne et sa sœur vivant aux USA vont se rapprocher de leur père. Sans oublier Charlie, son petit fils qui est atteint de dysfonctionnement de la parole. Ce qui n'inquiète guère son papy jean, qui lui, ne pense qu'à permettre à son petit fils de s'amuser, vivre, rigoler. Lorsque Julianne voit son père presque normal au milieu des oublis, des égarements elle réfléchit :

"Les questions s'interrompent, les angoisses s'endorment, demain se suspend et hier s'efface."

Le symptômes se multiplient pourtant, et c'est en se persuadant elle même d'être enfin fixée que des examens complémentaires seront établis. Le résultat apportera la certitude d'une fin de conscience pour Jean, d'une progression rapide de la maladie. Mais ce roman n'est pas que désillusions et tristesse face à la maladie, il y de l'humour également comme dans ce passage :

"Je tente de me rattraper au vide, mes bras y croient encore, mais rien à faire, je suis forcée d'assister, impuissante, au divorce de mes jambes. Chacune part vivre de son côté, se partageant la garde de mon périnée."

Ou encore là :

« OK les gars, on va prendre les instruments qui nous tombent sous la main, batterie, guitare électrique, marteau piqueur, chèvre, on va taper de toutes nos forces en gueulant comme la gamine dans L’Exorciste, et on va en faire un disque. »

La vie va donc être différente pour tout ce petit monde. Julianne va accepter et tenter d'offrir à son père sa vie rêvée, à lui, fan des américains, des cow-boys, des Indiens, c'est aux USA qu'ils vont débarquer, chez sa sœur et permettre à Jean de vivre jusqu'au bout de sa conscience encore vivante. Lors des roads trips, et autres voyages sur la route 66 Julianne pensera :

"Mon père me manque alors qu'il est encore là."

Ou encore :

"On rit comme à tout ce qu'il dit désormais. On a passé des années à lever les yeux au ciel face à ses blagues pas forcément drôles. ET maintenant on les attends, on les espère, on ne veut pas qu'elles disparaissent…"

Julianne et sa sœur vont se rendre compte qu'elles sont passées à côté de leur père durant tant, trop d'années… Son humour, son intelligence, ses passions parfois étranges qui font sa personnalité. Elles qui pensaient n'avoir pu compter que sur leur mère pour être heureuse se souviennent alors que leur père faisait preuve d'une imagination incroyable pour les distraire, les amuser et se dire alors :

"Je m’entends souvent utiliser les mêmes arguments que mes parents, à l’époque où j’étais celle qui grimpait aux arbres. J’écoutais alors d’une oreille les « et si tes copains te disent de sauter d’un pont, tu vas le faire ? », « on s’en fiche des autres, là on parle de toi », « qu’est-ce qu’on dit ? », « c’est Versailles ici ? », sans me douter que la parentalité était un éternel recommencement."

J'ai été juste ennuyé par un passage que je connais trop bien pour ce qu'il procure, le voici :

"Je pense que l’on peut ralentir l’évolution. Mais cela semble être dégénératif. Je caresse le bras de mon père. Il ne réagit pas."

Cet accès de compassion qui semble exagéré me fait horreur, cette compassion facile quand on n'est pas dans la merde m'exaspère au plus haut point, c'est du vécu"

Mais bon sang, que ce livre est beau, touchant, émouvant, drôle, instructif. Perdre un être alors qu'il est encore vivant c'est dur, difficile. Le voir s'en aller tout en étant bien vivant c'est atroce, cruel. Et Virginie Grimaldi nous le décrit fort bien et avec brio, tournures de phrases sympas et avec profondeur. Ce qui me renvoie au début de ma chronique, ces critiques littéraires ou encore les autres élites auto-proclamées de la littérature. Quel reflux gastrique cette critique sur les ondes, quelle honte, il y avait là une envie compulsive et haineuse de dire du mal, de la jalousie, de la verve baveuse. Vous faites honte à la littérature, vous salissez des millions de lecteurs et lectrices par une pseudo critique qui en réalité n'était qu'une condamnation, une pendaison. Mais c'est raté. Raté car d'autres comme moi, vous ont écouté et sont à même de vouloir comprendre plutôt que de croire comme des moutons. J'ai écouté, j'ai acheté, j'ai lu et je suis convaincu. En effet je lirai d'autres romans de l'auteure Virginie Grimaldi. Pauvres gens que vous êtes, je n'ai qu'une envie : Me lever à votre table, grimper dessus et pisser sur vos écrits, sur vos critiques ! Comme le fit Arthur Rimbaud avec les élites. Vous élites auto-proclamés vous êtes mes Carjat et ma chronique est le coup d'épée que je vous envoie, ivre d'avoir lu un si profond roman!

Juste pour vous, la chronique de France Inter à écouter tout en bas de page :

https://www.franceinter.fr/livres/les-possibles-de-virginie-grimaldi-le-masque-la-plume-s-attendait-a-tout-sauf-ca


D'autres passage qui m'ont interpellés :

"Les néons des salles d’attente médicale font danser la peur dans les yeux."



"Il en a été très malheureux, je crois qu’il enterrait surtout l’espoir de recevoir quelques miettes d’amour."



"Je mange des légumes pour aller bien, je bouffe des frites pour aller mieux."


C’est déchirant de conjuguer son père à l’imparfait."


"Quand les parents ont divorcé, elle avait sept ans. Elle a pleuré fort, moi j’ai pleuré dedans."


"Je pense que l’on peut ralentir l’évolution. Mais cela semble être dégénératif. Je caresse le bras de mon père. Il ne réagit pas." 


"Seules deux personnes au monde sont capables de m’anéantir en une seule remarque : ma mère et mon père. Chaque infime critique, si bienveillante soit-elle, remet en question tout mon être. Je suis un château de cartes face à eux, je ne supporte que leur tendresse. Qu’ils soufflent le tiède et je m’écroule. Ils peuvent m’abreuver de compliments, si au milieu se glisse un bémol, c’est lui que j’entendrai. C’est le privilège des parents, leurs mots comptent triple. C’est pire encore quand leurs mots disent la vérité."


L'auteure :




Virginie Grimaldi est née en 1977 à Bordeaux où elle vit toujours.

Traduits dans plus de vingt langues, ses romans sont portés par des personnages attachants et une plume poétique et sensible. Ses histoires, drôles et émouvantes, font écho à la vie de chacun.





lundi 13 septembre 2021

Une bête au paradis de Cécile Coulon par Vincent Vallée

 



Dans ce récit Cécile Coulon que je lis pour la première fois, décrit toute la cruauté que peut apporter un héritage, un attachement à sa terre. Il s'agit aussi d'amour et de raison, les deux font parfois faire l'impossible, le pire peut arriver…

Blanche et Emilienne, sont les deux personnages qui m'ont le plus marqué. La première, par son courage, sa beauté décrite, sa naïveté aussi. C'est enfant qu'elle perd, avec son frère, ses parents, évènement qui va les conduire à ce qu'elle va vite appeler "Le paradis". En vieillissant, Blanche deviendra forte, rude, insensible au figurant mais habitée par deux fois dans ce roman, par une tristesse indicible causée par la trahison.

La seconde, Émilienne, est une femme de caractère, aussi rude que douce, capable d'égorger un cochon avec la même main qui essuiera les larmes d'une enfant. Une femme mais surtout une grand-mère, propriétaire d'une ferme qui va susciter l'intérêt d'Alexandre.

Ce dernier est un jeune homme, beau, intelligent (trop?), et il va tomber amoureux de Blanche, ils vont se découvrir l'un et l'autre. Ils vont découvrir le meilleur comme le pire, surtout le pire. Louis aura pourtant essayé tout au long de ce récit, d'avertir Blanche, qu'il aime profondément. Louis est un garçon de ferme travaillant pour le compte d'Émilienne depuis que celle-ci l'a recueilli. Il fait partie des meubles et du décor que Blanche et son frère Gabriel voient chaque jour.

Gabriel dans ce récit est un jeune homme écorché par la mort de ses parents, il est absent, et va quitter la ferme pour s'installer un peu plus loin. Je n'ai pas trop compris son rôle dans le roman c'est un premier bémol pour moi.

Alexandre et Blanche vont mûrir, changer, et c'est ce qui va conduire Blanche dans des abîmes dont on ne revient que mal en point dans ce contexte. C'est mon second bémol, je n'arrive pas à situer à quelle période se situe le récit, malgré quelques indices comme la présence de voitures etc.

C'est un roman un peu dur, fort de par la plume cruelle de Cécile Coulon. Ne vous attendez pas à un récit mièvre ou à l'eau de rose. L'histoire de Blanche est rude. Ce qui arrive là, est le lot de bien des filles ou garçons vivants à la ferme... Trouver un compagnon de route dans une vie si attachée à ses racines est bien difficile et parfois cruel.




Cécile Coulon :


Cécile Coulon est une romancière, nouvelliste et poétesse française.



À l'âge de 16 ans, elle publie son premier roman intitulé "Le voleur de vie" (2007). Elle passe un baccalauréat option Cinéma. Après des études en hypokhâgne et khâgne à Clermont-Ferrand, elle poursuit des études de Lettres Modernes. En 2016, elle prépare sa thèse dont le sujet est "Le Sport et le corps dans la littérature française contemporaine".



Son premier recueil de nouvelles, "Sauvages", est paru aux Éditions Revoir en 2008. Elle publiera ensuite "Méfiez-vous des enfants sages" (2010), "Le roi n’a pas sommeil" (2012), prix Mauvais Genres France Culture / Le Nouvel Observateur, "Le rire du grand blessé" (2013), "Le cœur du pélican" (2015).



À 26 ans, elle publie son huitième livre, "Trois saisons d'orage", qui obtient le prix des libraires 2017. Son premier recueil de poèmes "Les Ronces", paru en 2018 au Castor Astral, a reçu le Prix Guillaume-Apollinaire, ainsi que le prix de la Révélation de la poésie de la Société des gens de lettres. La jeune poétesse est alors considérée dans la presse comme "l'une des plus prometteuses nouvelles voix de la littérature française".



"Une bête au paradis" reçoit, en 2019, le prix littéraire du Monde .



(source bio. : Babelio).

vendredi 3 septembre 2021

Honnies realities de François de Gennaro par Vincent Vallée



Le recueil que je viens de terminer est celui d'un ami d'errance. Il le fut un temps, autrefois... En tous cas je considère avoir été perdu quand je cherchais quelque chose, quelqu'UN, non pas par lui mais par d'autres c'est une longue histoire mais ce vécu crée des liens.

On s'est perdu de vue, la vie est ainsi faite et puis nous avons un peu correspondu, puis plus rien jusqu'à peu. Alors que j'étais à Rhodes sur la terrasse de ma chambre d'hôtel récemment, François me contacte sur messenger, c'est dans l'air du temps. Oui. 

Rapidement, il me parle, m'écrit au sujet d'un recueil de sa plume. Comme tout auteur il cherche à être lu avant-tout, jugé sur la forme et le fond, sur le style. On papote et puis on se trouve une foule de points communs comme l'amour du 19ème siècle, les écrivains et autres artistes écorchés comme... Rimbaud. Moi qui l'aime tant mon poète, ce génie génial!

François aime se comparer avec modestie, ou plutôt s'identifier au Rimbe. Dans ce recueil il couche donc ses tripes. Alors je suis séduis de suite, parce que j'aime faire de même. Comme disait Céline, il couche sa peau sur la table, il paie ! Parfois ça coûte, il est certain.

 

"Il faut considérer ces écrits que vous tenez entre vos mains comme le témoignage d’une chute."

En effet, François n'est pas dans une phase de sa vie des plus reluisante mais il se bat. Et ce recueil est une de ses armes, je dois dire que c'est important de savoir que c'est un écorché de la vie qui écrit pour mieux cerner, bien comprendre. François donne le ton dès les premières pages, le lecteur n'est pas piégé.

J'ai beaucoup aimé lire l'exorcisme de quelques passages de la vie de l'auteur et d'autres textes. Quand je lis un passage comme celui-ci je suis "arrêté" dans ma lecture.

"Que le ciel commence à être joli… Je resterai jusqu’à ce qu’il soit parfait."

Une envolée, à mes yeux, pas de la haute voltige, mais assez pour me stopper et me faire réfléchir, imaginer ce que je lis. Plus loin, entre les passages narrant les chutes, les remontées, les ambitions sacrifiées, les trahisons, l'amour déc(h)u je lis :

"Gémis ma douce, C’est un hommage. Ta nuque m’appelle mais elle attendra. Les courbes harmonieuses de tes épaules. Je caresse délicatement, presque d’un effleuré innocent l’est et l’ouest simultanément avant de revenir doucement vers le centre."

Diantre ! Qui n'a pas couché sur le papier la poésie d'une étreinte, d'une fusion d'esprit plus que de corps même s'il s'agit de cela... Le feu d'artifice, l'explosion d'un sentiment intense, partagé...

Mais le passage le plus parlant à mon esprit englué parfois, à mon âme, celui qui m'a touché parmi d'autres est celui-ci :

"On est tous victimes de nos parents, un bon parent ça n'existe pas"...

Que puis-je ajouter là ? Je suis complètement d'accord et avec l'idée et avec la formulation. Je terminerai mon ressenti avec un passage d'une chanson d'Axel Rose (Guns n' Roses) pour François :

Il y a une lumière spéciale
Qui brille toujours
Et même dans les nuits les plus sombres
Elle ne peut le nier...

(«This I Love» par Guns N' Roses).

Je vous conseille vivement de lire François et d'ainsi le soutenir dans sa démarche :



 

jeudi 2 septembre 2021

Je n’ai jamais aimé par Vincent Vallée

 


Je n’ai jamais aimé

 

 

Je n’ai jamais aimé

Je crois être à côté passé

Penses-tu être vivant,

Crois-tu à CupiCON ?

J’ai aimé me leurrer

Une vie spéciale non ?

Qui suis-je ? Qui est-il ? Qui est-elle ?

Je ne sais… Et toi dis-moi ?

Un jour j’y ai pourtant cru

Très vite l’ange fut déchu…

J’ai pourtant tout donné, tout offert, tout cédé.

Il m’a tout pris. J’ai tout abandonné, je me suis laissé abuser, laissé crever !

Je n’ai jamais aimé, et puis ?

Qui est-ce ? Qui suis-je ? Qui es-tu ? Qui sommes-nous? De pauvres fous…

L’amour ? Qu’est-ce ? La mort, je sais. Mort de soi, masques branlants qui finissent par s’évaporer et là…

Horreur, désastre, reflet ?

Tu crois avoir trouvé, mais toi ? t’es-tu compris ? T’es-tu trouvé ? Je ne sais…

Je n’ai jamais aimé. Je me suis fait avoir, abuser, perdre par des sentiments Au diable les émotions ! Diantre que je les hais !

Et puis demain… Et puis hier, et puis toi, elle, lui et moi au milieu ? Je regarde vers ce ciel perdu et je m’y égare aussi… Tout s’enfuit. Une vie spéciale non ? 

Brisé, perdu, prisonnier… Seul, face au vent qui m’arrache des larmes, je la recouvre cette liberté. Le temps d’une accélération, d’une pulsation, d’un engouement spontané. Mon cœur bat à nouveau.

Triste, est le retour à cette vérité. Triste, je suis…

mercredi 1 septembre 2021

LA rêveuse d'Ostende de Eric-Emmanuel Schmitt par Vincent Vallée


J'avais découvert la plume de Schmitt avec "Odette tout le monde" qui depuis, a été adapté au cinéma. Cet écrivain qui réside en Belgique m'a emporté avec ce recueil de nouvelles. Il y a une fluidité et un sens de la formule qui est très belle chez lui.

J'ai trouvé que "La rêveuse d'Ostende" est très proche d'un fait réel qui a eu lieu au sein de la famille royale belge. Cette dame âgée qui rêve de cet amour perdu, dont elle n'a jamais parlé m'a beaucoup fait penser à l'idylle d'Albert II et la mère de la désormais princesse belge : Delphine Boël. Une ambiance belge avec un seul bémol: L'accent donné à la nièce de la vieille dame n'était pas nécessaire et pas forcément réel dans cette région du plat pays.

Les autres histoires sont beaucoup plus intéressante à mon sens. Cette histoire du couple de plus de 20 ans, ce meurtre parfait basé sur des préjugés, des doutes et motivé par une semi folle est juste géniale.

Il y a ensuite "Les mauvaises lectures" une histoire folle avec une issue terrible, une histoire basée sur un malentendu tragique au final.

"La guérison" est l'histoire la plus envoûtante et qui a aussi le talent d'avoir une issue qu'on ne voudrait surtout pas lire. En littérature ça ne se finit pas toujours comme on le voudrait et c'est magnifique !

"La femme au bouquet" est une histoire touchante, intrigante aussi et jamais je ne me suis ennuyé au fil des pages de ce recueil que je recommande pour les lecteurs avides de découvrir Eric-Emmanuel Schmitt.



mercredi 25 août 2021

Premier sang de Amélie Nothomb par Vincent Vallée






Premier sang, je l'ai attendu comme chaque année à la même époque. Et parfois lors de la sortie du dernier roman court de Amélie, je suis déçu pour une simple raison : J'oublie ma lecture et donc l'histoire. L'explication étant que le roman même s'il fut plaisant à lire ne m'a pas interpellé plus que ça.

Cette fois par contre, j'ai aimé lire et je crois que je vais m'en souvenir pour une simple raison : Il y a plus d'intimité couchée sur le papier même si elle n'est pas celle de l'auteure, elle est très intime puisque c'est un au revoir à son père sous forme d'hommage.

Patrick Nothomb était un enfant qui avait besoin de connaître un peu de privation pour savourer la vie. Il voulait être gardien de but ou... chef de gare. Plus tard il voulut être poète ce qui fit éclater la colère de son grand-père maternel. C'est en vain qu'il chercha une figure paternelle, le sien de père, étant parti trop tôt. Et ce n'est pas chez les Nothomb où il se rendait régulièrement en vacances qu'il la trouvât. Bien du contraire ce fut chaque fois une cure, un presque jeûne pour le jeune galopin qu'il était.

Et pourtant, il aimât s'y rendre et encore plus y retourner. Entouré de ses cousins un peu cruels, d'une grand-mère normale mais d'un grand-père égoïste et persuadé d'avoir un talent fou pour la prose et la poésie. Quand vint le moment pour Patrick de présenter sa future épouse il affrontera ce grand-père acariâtre et le découvrira sous son vrai jour.

Plus loin dans le récit c'est la profession de Patrick que nous allons rencontrer, au travers d'un épisode tragique de notre histoire belge. La révolte du peuple congolais et la prise d'otages de centaines de belges sur place dont lui, Patrick.

C'est là qu'il eut droit à une immersion en tant qu'ambassadeur, il ne put connaître meilleure expérience pour les années à venir et c'est en frôlant la mort qu'il l'apprit. Pour ma part cette histoire belgo-congolaise m'a souvent intéressé. L'assassinat de Lumumba est évoqué mais Amélie s'est gardée de prendre position. Mon avis étant celui-ci et il n'engage que moi : Baudouin, comme feu son aïeul, eut du sang congolais sur les mains, car fermer les yeux, avant ou après ce meurtre reste pareil. Passons.

Patrick Nothomb ne fut jamais aussi prêt de la fin que lors de sa presque exécution pour affronter la mort. Il eut ce sentiment étrange que seule sa fille, Amélie peut écrire, qu'on lui vola sa mort...

Je dois noter ces mentions de Rimbaud, le premier poète que lut Patrick étant enfant. L'évocation de ce poème génial : Le bateau ivre et la découverte de la Flache un petit ruisseau que Rimbaud connaissait. Imaginer ce petit garçon triste y déposer un bateau qui s'enfuit comme un papillon de mai c'est juste du génie. Amélie nous le rappelle.

Ce que j'aime chez Amélie Nothomb ? Souvent ses détracteurs me le demandent. C'est simple, elle se fiche de ce qu'on pense d'elle, elle se fiche encore plus de la technologie et s'est ainsi créé SA vie, SA bulle et elle y vit tout en faisant parfois quelques sorties dans ce 21 -ème siècle horrible. Elle écrit par besoin surtout non pour vendre. Elle est connue de son vivant c'est certainement sa seule chance qu'on peut lui envier. On peut ne pas être de ce siècle et y vivre, elle nous le prouve depuis plus de 20 ans. Merci Amélie, pour cette portion de la vie de votre papa, une part de vous qui s'en est allée loin de vous et que vous aviez besoin de retrouver pour pouvoir lui dire au revoir.


Je lui dit à mon tour et en photo, au revoir cher monsieur Nothomb et merci de nous avoir donné la chance de rencontrer deux belles personnes au travers de Amélie et Juliette, vos filles.



 


lundi 16 août 2021

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran de Eric-Emmanuel Schmitt par Vincent Vallée


 

C'est la première fois que je lis un ouvrage de cet auteur. Je ne suis pas déçu du tout et même agréablement surpris.

Schmitt sait envouter avec les mots, je n'en demande pas plus. C'est Moise que nous allons découvrir, un jeune garçon qui vit à Paris durant les années 60, orphelin de mère et autant dire qu'il l'est aussi de père tant celui-ci est absent.

Le jeune Moise se découvre lui et la vie, et c'est en fréquentant la rue bleue qu'il va parfaire ses connaissance au sujet des femmes et découvrir la sensualité. Mais il n'y a pas que cela dans la vie, Moise le sait et il lui manque des repères, des conseils paternels, un soutien.

C'est auprès d'Ibrahim, épicier en bas de chez lui, qu'il va trouver tout ça. Monsieur Ibrahim est un sage, épicier donc et il passe ses journées à contempler la vie depuis son tabouret sans broncher. Et pourtant…

Moise va apprendre bien plus au contact de son ami Ibrahim qu'auprès de son père. Il va aller de surprise en surprise au long de ce récit et sa vie, qui semble s'écrouler sera en réalité, en pleine construction. Il faut parfois s'élever auprès d'étrangers et découvrir que la vie est ainsi faite.

Une écriture fluide, de la morale, de la culture et de la découverte. Tant d'ingrédients qui salent ce beau petit roman.

Je n'en resterai pas là avec Schmitt, j'entame un recueil de nouvelles de sa plume !


Lancez-vous !


Quelques passages :


...C'est l'ivresse. Plus rien ne me résiste. Monsieur Ibrahim m'a donné l'arme absolue. Je mitraille le monde entier avec mon sourire...


...C’est fou, monsieur Ibrahim, comme les vitrines de riches sont pauvres. Y a rien là-dedans.

— C’est ça le luxe, Momo, rien dans la vitrine, rien dans le magasin, tout dans le prix...


dimanche 1 août 2021

Kerozene de Adeline Dieudonné par Vincent Vallée

 



Bon hé bien voilà, ma première déception littéraire de l'année...

Quel bide. Je suis rarement critique ou méchant avec un roman mais là ça dépasse tout. Ce livre est vide, il ne s'y passe rien qui procure du suspens ou de l'émotion ou quoi que ce soit d'autre. Adeline Dieudonné avait pourtant fait un démarrage en trombe avec "La vraie vie", j'avais beaucoup aimé ce style mais là elle sombre dans le sanguinolent, la putréfaction, la crasse avec des personnages plus sombres et poisseux les uns que les autres...

Je me suis fait souffrance jusqu'à la page 173 mais trop c'est trop... De plus on ne sait pas cerner cet ouvrage, roman ? Nouvelle? On pense qu'on va nous raconter des tranches de vie de personnages errant sur une aire de repos ça va dans ce sens en tous cas mais on constate que c'est vite décousu, une succession d'histoires glauques et sales, inintéressantes...

Je suis déçu et en colère d'avoir perdu mon temps et puis de l'argent...

Il ne me reste qu'à lire un roman court et fiable pour retrouver l'envie. Je ne dis pas merci à Adeline Dieudonné ni à son éditeur.

dimanche 18 juillet 2021

Les lendemains de Mélissa Da Costa par Vincent Vallée




Les lendemains, un récit léger, doux dans sa brutalité. En effet, il s'agit du deuil, du basculement de la vie en 2 heures de temps... Amande et Benjamin est un couple heureux et bientôt parents, mais la vie ne se déroule pas toujours comme on l'imagine et parfois se veut cruelle.
Un appel, un trajet en moto et puis tout s'effondre pour Amande, et comme la vie frappe parfois deux fois comme les tremblements de terre elle n'épargnera pas notre jeune Amande...
Alors que faire ? Partir. Fuir les souvenirs, les ambiances qui ne feront que raviver les moments heureux, les projets. C'est ainsi qu'Amande va partir s'isoler dans une maison de campagne, louée par la fille d'une dame qui vient de mourir. La maison est vieille, isolée et entourée d'un jardin en friche.

C'est là que commence une nouvelle vie pour Amande mais elle ne le comprendra que petit à petit. C'est isolée et cloîtrée qu'elle va laisser s'écouler les grains de sable de ses journées, puis doucement, elle laissera un peu de lumière entrer dans son nouveau "chez elle".
Elle découvrira des calendriers et des agendas tenus par la dernière occupante des lieux, sur ces carnets et autres notes il ne s'agit que d'un suivi du potager, d'astuces, de recommandations pour ne pas oublier, des notes à elle-même.

Sans le savoir, la vieille dame laissa là, un moyen de redémarrer pour Amande. Petit à petit elle va s'intéresser, lire, et découvrir le jardin abandonné.
Elle va remonter ses manches, tenter de mettre en pratique les conseils de l'ancienne propriétaire et ainsi se découvrir un talent un don pour le jardinage, un retour à l'essentiel. Mais surtout elle va étouffer un chagrin sourd… Un petit chat va aussi s'inviter dans la vie en friche d'Amande.

C'est ainsi que va s'instaurer pour elle de petits rituels, des bricolages qui sans le savoir vont la conduire plus loin encore et ce, grâce à Julie, la fille de l'ancienne propriétaire madame Hugues.
Julie et Amande vont devenir amie et ne se quitteront plus, tout comme l'ambiance chaleureuse de la vieille maison et son jardin qui va permettre tout doucement, en une année à Amande à apaiser le doux souvenir de Benjamin.
Benjamin ne quittera jamais Amande, il fera partie de son deuil, de son retour à la vie.
Ce fut un roman tendre, gentil, doux et écrit avec simplicité.

Bonne lecture !

 

vendredi 11 juin 2021

Dolores Claiborne de Stephen King par Vincent Vallée

 


J'aime lire des huis clos, sauf que celui-ci est particulier. En effet, Stephen King ne donne la parole qu'à son personnage, Dolores, sous forme de confessions, d'aveux devrais-je dire...

Dolores est au commissariat et raconte sa version des faits relatifs à la mort récente de Vera, une riche habitante de l'île de Little Tall pour qui elle travaillait depuis trente ans. Dolores est la principale suspecte puisque retrouvée avec le cadavre et surprise par l'arrivée du facteur. 

Mais, oui avec Stephen King il y a toujours un "mais" quelque part... L'histoire qui semble accabler Dolores est toute autre, il y a des vérités qui s'expliquent en remontant trente années d'une vie. C'est ce que va faire Dolores en racontant sa version des faits à l'agent Andy... Elle va avouer un meurtre oui, mais celui dont toute l'île la soupçonnait à juste titre.

Ce récit a réussi à me faire sursauter, il est parfois glaçant, mais force est de constater que le King de l'écriture à cette particularité de focaliser un récit sur un seul personnage et le rendre tantôt machiavélique tantôt attachant.

En remontant ces trente années on retrouvera Dolores au service de Vera sur une île au large du Maine, tiens encore le Maine ? Et elle travaille pour Vera depuis si longtemps... Vera est mauvaise, méchante, et pourtant elle a gardé Dolores durant toutes ces années. Auraient-elles un secret ou des secrets communs ? Similaires? Vera est richissime, Dolores se débrouille comme elle peut en travaillant dur, alors qu'à la maison elle a un mari, Joe, qui passe son temps à se curer le nez en lisant un journal dont il ne comprend rien... Mais une maman se doit de penser à ses enfants, et Dolores sera contrainte de plus s'attarder sur le cas de sa grande fille Selena.

Dolores veut une vie différente pour ses enfants, c'est pour cette raison qu'elle épargne pour les envoyer ensuite à l'université, supporter Vera n'est pas une mince affaire pourtant, les employées de celle-ci sont soit parties soit virées, mais pas Dolores. Le drame de ce roman a lieu lors d'une éclipse totale et si je vous dit que j'ai terminé ce roman hier midi alors qu'une éclipse partielle avait lieu à 11H18 vous me croiriez ? C'est pourtant la stricte vérité. Il y a des lectures comme ça qui sont parfois magiques.

J'ai lu des commentaires négatifs au sujet de ce roman du King et encore une fois, je pense tout le contraire, alors si le mien peut vous encourager à vous plonger dans cette lecture, ma chronique aura servi à quelque chose.

Bonne lecture !



mercredi 2 juin 2021

Les notes de vie de Mélodie de Jean-Philippe Lux par Vincent Vallée

 



Les notes de vie de Mélodie, un roman que j'ai pris plaisir à lire, enfin, je l'ai un peu dévoré en réalité car je l'ai commencé dimanche soir et je viens de le terminer ce mardi soir.

Jean-philippe Lux est un ami auteur, nous nous sommes rencontrés lors de son premier salon du livre et depuis, il excelle et innove sans cesse dans l'exercice qu'est l'écriture. J'ai lu son premier roman : Coeur & âme et je me souviens avoir déjà beaucoup aimé sa façon d'écrire.

Cette fois, il nous parle de Mélodie, enfin c'est elle qui nous parle de sa vie. Une vie chahutée lors de l'adolescence et particulièrement l'entrée en secondaire (notez que Jean-Philippe prend soin de comparer avec le système français lorsque c'est nécessaire, afin de ne pas perdre son lectorat). Mélodie donc, entre en première année et nous nous retrouvons tous un peu dans ses appréhensions, ses craintes, son angoisse. Mélodie est discrète, simple et heureuse en famille. Mais l'entrée en secondaire va s'avérer à la hauteur de ses angoisses.

En effet, c'est le harcèlement que Jean-Philippe dénonce au travers de ces pages. Mélodie est victime, petit à petit et insidieusement de trois filles, et une en particulier aime la prendre pour cible. La fameuse Cindy est son bourreau. Bien entendu, Mélodie est aussi appréciée et c'est dans les WC, alors que Mélodie est prise à partie, qu'elle va faire la connaissance de Julie, un peu boulotte mais qui ne s'en laisse pas compter.

La particularité de ce roman est que l'auteur surfe sur le présent de Mélodie, rayonnant, ambitieux et plus que prometteur vous le découvrirez, avec le passé pas si lointain d'ailleurs, de la jeune fille qu'elle fut. J'ai considéré ce roman comme une confession, un témoignage de Mélodie, utile et édifiant pour que personne ne subisse le harcèlement, quel qu'il soit.

Il y a des particularités bien trouvées par l'auteur comme cette succession de sobriquets ou prénoms avec une connotation musicale. Oui, la musique est un fil conducteur de ce beau roman. Aussi Mélodie nous parle; s'adresse au lecteur et se permet de lui rappeler des points essentiels. Plusieurs thématiques y sont abordées tels que le harcèlement bien entendu mais l'amitié, l'amour familial, les études, l'homosexualité, l'importance d'une prof qui vous prends sous son aile. J'ai vécu ce dernier cas de figure et je sais combien c'est important.

Une chose est certaine, vous ne vous ennuierez pas lors de cette lecture, moi je l'ai dévorée et je suis certain que si vous vous laissez tenter, vous ferez de même.


Quelques passages relevés :


"Cela va vous paraître légèrement déprimant, mais pour la première fois de ma vie, j'allais comprendre  que je ne pouvais pas être joyeuse uniquement parce que le calendrier l'avait décidé."


"Un masque de soleil vint se poser sur mon visage et je lui souris".


Pour découvrir l'auteur :


https://www.publier-un-livre.com/fr/le-livre-en-papier-auteur/4309-jean-philippe-lux


dimanche 30 mai 2021

Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg par Vincent Vallée

 



Un roman qui se déroule dans un coin perdu des USA, sur plusieurs décennies et mêlant la difficile cohabitation des blancs et des noirs américains... Il ne m'en fallut pas plus pour craquer.

Fannie Flagg surfe sur plusieurs époques narrées par Ninny qui, depuis sa résidence de repos va raconter la vie à Whistle Stop et surtout la vie du café tenu par des générations de Threadgoode à une femme qui entame la cinquantaine et donc la ménopause. Evelyne est désespérée et frise parfois la folie, faute aux hormones. Seule Ninny lui remonte le moral en lui racontant sa vie et celle des nombreux acteurs de celle-ci avec les Threadgoode en particulier. La vie de Ninny ce sont ses souvenirs désormais...

Beaucoup de thématiques sont abordées au travers de ce joli roman, comme l'homosexualité, la ségrégation, l'euthanasie, l'amour et tant d'autres...

J'ai parfois été perdu par ces sauts dans le passé puis le présent et la multitude d'acteurs du récit mais j'ai vite été rassuré par l'histoire passionnante. Au travers de cette lecture, on a envie de passer la porte du café de Whistle Stop, s'asseoir et manger un plat de beignets de tomates vertes. La fin du roman offre une série de recette dont il est question dans le récit, un plus non négligeable.

Je conseille cette lecture et me suis déjà procuré le second roman qui, si j'ai bien compris, nous replonge à Whistle Stop chez les Threadgoode.

Bonne lecture !

mardi 4 mai 2021

La tête de l'emploi de David Foenkinos par Vincent Vallée

 


Premier roman de David Foenkinos que je lis et je ne suis pas déçu, c'est léger, simple et fluide ce qui n'était pas pour me déplaire.

Nous allons entrer dans la vie de Bernard, le principal acteur de ce roman sympathique. Bernard est marié, banquier et père d'une jeune fille qui est partie vivre au Brésil. Temporairement espère-t-il...

Une vie simple, banale même, cependant elle va prendre un tournant inattendu car après le virage, un accident l'attend. En effet, son épouse n'en peut plus de son attitude passive, sa nonchalance, elle a besoin de tendresse, d'amour, de fougue même ! Un peu ce qui arrive aux couples une fois seuls parait-il. 

Foenkinos va nous faire découvrir la lente déchéance et autres désillusions de Bernard, notre héros déboussolé face à la séparation d'avec celle qu'il pensait garder à ses côtés jusqu'au bout.

La séparation va être le premier échec d'une série d'autres... En effet, Bernard va non seulement devoir vivre à l'hôtel mais il va aussi perdre son emploi alors qu'il avait atteint une place confortable.

Le voilà donc dans l'impossibilité de subvenir aux frais d'une chambre d'hôtel il doit trouver une solution...

Que lui reste-t-il à faire si ce n'est de repartir vers ses parents octogénaires ? Voilà enfin notre Bernard contraint de replonger dans une adolescence endormie, presqu'éteinte et qu'il retrouvera au contact de sa chambre inchangée et de ses parents inchangés également, du moins vis à vis de lui. Sa mère le maternant, son père grommelant entre deux séances TV ou repas à heures fixes.

Les tuiles ne vont pas s'arrêter là malheureusement, Bernard fera une rencontre, qu'il refusera tout d'abord, puis cette rencontre deviendra un semblant d'espoir mais...

Oui, Foenkinos a écrit cette histoire de manière scénarique, attachante, parfois drôle aussi. 

Pour ma part Bernard m'a un peu agacé par sa niaiserie, sa nonchalance tandis que sa future ex épouse m'a franchement énervé par sa facilité à tirer un trait sur son mariage et donc le père de sa fille. Les parents m'ont fait rire, parfois rappelé les miens.

J'ai relevé quelques passages sympas :


"Je n'ai jamais rencontré quiconque qui soit capable de parler de ses parents de manière posée, honnête et juste".

"Le passé de nos parents demeure un roman impossible à écrire..."

"Ce passé qui n'en finissait plus de finir..."

"La souffrance c'est ne pas oublier ce qui nous a rendus heureux".


L'auteur :



David Foenkinos est un romancier, dramaturge, scénariste et réalisateur français.


À 16 ans, il est victime d'une infection de la plèvre, une maladie cardiaque rarissime pour un adolescent. Opéré d'urgence, il passe plusieurs mois à l'hôpital. Il étudie les lettres à la Sorbonne et parallèlement la musique dans une école de jazz, ce qui l'amène au métier de professeur de guitare.


Après avoir vainement essayé de monter un groupe de musique, il décide de se tourner vers l'écriture. Après une poignée de manuscrits ratés, il trouve son style, publie son premier roman "Inversion de l'idiotie: de l'influence de deux Polonais", refusé par tous les éditeurs contactés sauf Gallimard qui le publie en 2002, avec lequel il obtient le prix François-Mauriac.