lundi 25 février 2019

Rubiel e(s)t Moi de Vincent Lahouze, par Vincent Vallée


Rubiel e (s) t Moi  


            

Je viens de terminer ce roman, et quel roman !

C’est simple, pour savoir si j’aime une lecture il faut regarder si j’ai corné des pages, s’il y en a beaucoup c’est que j’adore.

Ce roman je l’ai découvert comme l’a été son auteur, Vincent Lahouze, sur les réseaux sociaux. Oui, Vincent Lahouze écrit souvent sur ce nouveau canal de discussion, d’informations, il couche là ses pensées, réflexions et autres billets d’humeur. De plus en plus, son lectorat s’est agrandi jusqu’à être repéré et donc, édité.

Il faut avouer que son histoire n’est pas banale tout en étant commune dans son pays natal, la Colombie. Vincent c’est Rubiel, un enfant adopté alors qu’il avait 4 ans et qu’il vivait dans les murs gris de l’orphelinat de Bienestar de Medellín. Rubiel va embrasser une nouvelle vie et naître de nouveau… L’auteur va nous emmener dans le récit de cette vie que mènent parfois tant d’enfant comme le petit Rubiel, une vie qui peut basculer à tout instant, soit vers le bonheur et donc l’adoption, soit l’envie de liberté, la fuite, et donc la survie dans les rues de Medellín, ce coupe-gorge pour tant d’enfants errants…

En parallèle de ce récit, de cette course contre la mort d’un enfant de 4 ans dans les rues de Colombie, de ces nouveaux amis d’infortune à peine plus âgés que lui, mais aussi de l’amour adolescent, de la découverte de la littérature ou d’un vieil homme qui prend Rubiel sous sa protection. En parallèle donc, Rubiel va nous raconter son adoption et c’est Vincent que nous allons alors découvrir, cette rencontre avec la France, ce déchirement à Bienestar, la rencontre avec un autre monde, une autre culture, une autre langue. Il y aura aussi les échecs, la débauche qu’on peut parfois connaître à l’adolescence, les ruptures amoureuses qui font si mal. D’autant plus pour Vincent qui n’arrive pas à avancer tant son passé le frustre. Je l’ai ressenti comme ça en tous cas. Vincent cherche, tente de comprendre ce qu’aurait été la vie de Rubiel s’il était demeuré là-bas chez lui, en Colombie. Que serait devenu Rubiel ? 

L’auteur, comme un exorcisme littéraire, tente de le comprendre, de l’imaginer, de faire le voyage retour, et il nous emmène avec lui. Nous sommes nous lecteurs, un peu comme ce petit lapin que Rubiel trimballe partout avec lui, cadeau de son frère de chambre à l’orphelinat. Comme ce petit lapin, nous le suivons partout et comme ce petit lapin nous ressentons les blessures, la peur, l’injustice, les pleurs de Rubiel, il nous les confie…

Un exorcisme, Vincent Lahouze réussit cet exercice pour ce premier roman, il est difficile de parler de soi, mais si en plus l’écriture est une forme de thérapie c’est d’autant plus complexe. Par un jeu d’écriture face au miroir, Vincent m’a touché, en plein cœur… Cette vie, au final, après avoir fermé ce roman, est le moteur de sa vie. Je crois, que peu importe sa route, il y reviendra toujours, à ce petit Rubiel. Parce que, comme on grave parfois des initiales sur un arbre, Vincent Lahouze pourrait graver lui aussi quelques lettres : Rubiel et Vincent ou plutôt : Rubiel EST Vincent.

Faut-il vous encourager à lire ce livre ? Non vous allez y aller, vous allez le lire, j’en suis certain.


Quelques passages que j’ai aimé :

Je ne pense pas à Rubiel, à ce petit garçon qui court sûrement dans les ruelles de ma mémoire.

"Oui, les mots étaient les armes les plus puissantes au monde. Capables de faire couler les larmes au lieu du sang."

"Cette nuit-là une feuille blanche m’a sauvé la vie. Depuis, je continue d’écrire…"

"Une fois encore, la vie lui arrachait des bouts de cœur qu’il tentait tant bien que mal, patiemment, de recoller morceau après morceau."

"Je comprends brusquement qu’il n’y a pas de hasard dans la vie, il n’y a que des rendez-vous…"

"Parfois il collait son oreille contre le ventre gonflé et il entendait le bruit de la mère… (cette citation est ma préférée…)."





dimanche 24 février 2019

Dolent





Il est là, pavoisant, arrogant et imbu de lui-même,
Flattant l’un, draguant l’autre, vantant ses talents, compatissant aux problèmes.

Dieu, voyez-moi dit-il, je suis si honnête et blême.
Bon sang ne saurait mentir, moi si concédant…
Souvenez-vous-en, quelques sous en poche il me demeurait et pourtant… Soupire-t-il.

Mes yeux d’épagneuls firent le reste. J’étais si tentant.
Oh oui menti, j’ai menti, un peu raccourci les faits, moi je mens ?
Je m’admire, je m’aime, je crois en ce que je vends :

Du vent, du vent, encore ces relents puants.
Faux semblants, je suis convaincu d’être si dolent, oh oui dolent !
Mais diable, plaignez-moi ! Voyez ce que j’accomplis pour vos talents !

La nuit, les jours, des heures durant, 11 parfois… Je mens. Oh non pas tant… si ?
Indulgent soyez ! Je suis un épagneul, voyez mon regard implorant…
Soyez gentil, emplissez ma besace d’argent, je suis important !
Bête dites-vous ? Mon regard est bête et moi ? Insi… ? Insignifiant !!

Cherché vous l’aurez ! Copie à maître corbeau !!
Une à la fois…

dimanche 10 février 2019

Ces fossoyeurs, ces indigents...



Je me balade, je regarde souvent le ciel
Je chasse ainsi, mes idées grises
Depuis un moment en moi, moins de soleil
Je cherche un refuge, l’écriture est mon église
Pourtant, souvent je veux tout laisser partir
Peu me chaut qui l'emportera
Passer à autre chose ne peut être pire, non…
Inspiration je t’emmène loin, avec moi.
Cette vie est un champ d’où les corbeaux… ne s’envolent pas.
J’ai pourtant fait un beau voyage
Des années, des mois, des jours, une nuit
Me voilà arrivé au rivage
Qu’a-t-on fait de mes mots…
J’aimerais partir sur un bateau
Redevenir qui je suis, cet homme entier
Trop souvent, surtout maintenant… je suis tombé
Dis-moi on ne sait rien y faire ?
Seul non, je ne sais que faire
Me crois-t-on cuit ? Je ne suis qu’à point
Ôtez-moi tout, il restera toujours mes mains
Ces fossoyeurs, ces indigents
Dieu ! De pauvres gens
J’en veux au monde entier
Trop souvent, surtout maintenant… je suis tombé
Pourquoi dès lors, regarder ce passé
Je risque de les y recroiser
Vous savez ? Ceux-là qui fixent le sol
Non, moi je vais prendre mon envol
Et je vais les porter à bout de bras
Ces mots, ces rêves, mon aura
Que faire d’autre dis ? À l’aurore
Oh non je ne suis pas mort !
Sur le papier je traverse les pays
Dans mes cahiers j’écris l’amour
Qui m’emporte parfois jusqu’à la nuit
Parfois plus loin qu’au-delà du jour
Je veux montrer à tous ces gens
Ces fossoyeurs, ces indigents
Que rien ne peut m’être volé
Je ne crois pas non, je ne laisserai rien tomber.
Pour moi, le ciel est un lit
J’y plonge avec amour
Que faire d’autre de cette vie
J’y fais mon petit détour
Et si j’écris ces mots, c'est pour toi
Toi lecteur que je ne connais pas
Et que peut-être, je rencontrerais
Oh non, je ne laisse rien tomber.