November Rain résonne
encore et résonnera une dernière fois… Quand je t’ai cru perdue, je l’écoutais.
Une lettre, un ami qui, je le croyais, me doublait à nouveau, et pourtant…
Une lettre qui débutait par « mon
P’tit loup »… Il m’aura fallu réfléchir, car mes sentiments, comme depuis
toujours par la suite, étaient confus, troublés par mon malaise. Ce même
malaise qui, une fois prétendument assumé et avec lequel je devrais être en
paix, se révèle encore pire… Destructeur.
Finalement, je récolte… La
moisson est bonne et riche. Une moisson d’ivraie…
Un premier baiser, un 12
septembre vers midi, un parc au sujet duquel, plus tard, j’écrirai un roman.
Ton sourire au travers de ce baiser, ta main dans la mienne comme pour
officialiser. Des rencontres au creux de l’hiver, dans le froid, sous la pluie
ou la neige, à l’abri d’un sapin, près d’une chapelle, ou là même je t’ai dit
pour la première fois « Je t’aime »…
Et l’amour de naître petit à
petit, de faire et de prendre sa place tout entière dans mes entrailles. Puis
une trahison, Mathéus… Nothing Else Matters, et toi dans mon dos,
couchée, tandis que je reste raide et gêné, intimidé. En 1999, le 10 juillet,
la chanson nous fera ouvrir le bal, et moi de faire une promesse à ta mère, que
je ne tiendrai pas… Pauvre type.
Un premier miracle, un cadeau de
la vie, un mini-nous, tout potelé, tout gentil, tout doux, tout souriant,
fragile. Un cadeau venu d’en haut qui s’accompagnera, deux ans, trois mois et
vingt-deux jours plus tard, d’un second : sensible, souvent incompris, doux,
fragile aussi, artiste, qui sera la cerise sur le gâteau délicieux que nous
avait offert la vie, Dieu…
Puis viendra une autre naissance,
diabolique : Internet… Et ce sera ma descente en enfer… En 2005. Une descente
sur laquelle je ne peux revenir, car elle me renvoie à mon erreur, ma
faiblesse, mon mal-être. J’étais si perdu… Ton erreur, si je puis t’en trouver
une, est de ne pas avoir lutté, tenu bon. Tu as considéré ça comme une suite
logique des choses et m’as ainsi facilité la vie. Tu vois, l’écrire m’aide à
mieux comprendre.
J’ai pourtant tenté de revenir.
C’était si fragile de recoller les morceaux du vase de notre vie, mais je le
voulais. Tu ne manifestais pas beaucoup d’envies, puis-je t’en tenir rigueur ?
On récolte ce qu’on sème. J’avais semé de l’indifférence chez toi.
Alors une autre chanson viendra
ponctuer, ou plutôt mettre un point final à notre histoire : c’est Caravane,
qui dit « on sera un jour punis »… J’avais tout perdu. C’est le bon
Dieu qui nous fait, c’est le bon Dieu qui nous brise… » Et depuis, je suis
brisé. Oui, brisé. Et ma chair et mon sang ne sont pas près de moi. Dieu, que
c’est cruel ! Je paie si cher, si cher… Comme ça me coûte.
Plus rien ne sera jamais comme
avant, rien. C’est un peu comme lire un magnifique roman et, avant la fin,
arracher les cinquante ou cent dernières pages. Quelle est la fin de l’histoire
? Jamais nous ne le saurons.
Alors, que me reste-t-il ? Si ce
n’est d’accepter, résigné, ma sentence de demeurer seul avec moi et mes
souvenirs, moi et mes regrets, moi et ma solitude qui fait tant, mais tant de
bruit… Que Dieu me pardonne… Mais une question subsiste en moi depuis 2005 :
pourquoi ne m’a-t-il pas aidé à : Ne pas céder, craquer, commettre
l’irréparable ?
Pourquoi m’avoir laissé faire ?
En cela, je suis perdu et ne comprends pas, ne le comprends pas… Peut-être
a-t-il essayé et je n’ai rien compris… Comme souvent…
C’est pour ça que j’écris.
©Vincent Vallée