lundi 14 mars 2022
L'envers et l'endroit de Albert Camus par Vincent Vallée
vendredi 11 mars 2022
Camus, l'art de la révolte de Abd Al Malik par Vincent vallée
J'ai découvert Abd Al Malik lors de l'émission "La grande librairie" et j'ai été impressionné par l'amour du rappeur pour Camus, sa passion pour lui, l'éloquence qu'il avait pour en parler.
Abd Al Malik venait présenter "Camus, l'art de la révolte" et forcément quand je l'ai trouvé en librairie j'ai voulu lire cet hommage.
Cependant, j'ai été déçu car d'hommage on penche plus vers un mélange de partage de textes de rap avec des recoupements à l'histoire de Camus et à son oeuvre. Je ne suis cependant pas un amateur de rap, les textes me semblent toujours décousus et sans rythme. Peut-être justement, parce que les textes de rap sont rythmés de telle manière qu'il ne "sonnent" qu'en musique.
Le rap c'est de la déclamation rapide et parfois de ce fait, inaudible pour moi. Mais dans ce roman, Abd Al Malik s'est trop épanché sur son art à lui en nous le partageant et pas assez sur Camus. Personnellement, je m'attendais à plus de similitudes avec Camus. Le rappeur raconte comment un jeune des banlieues peut s'en sortir par la littérature, grâce à une rencontre littéraire. Pour lui, ce sera Camus. C'est l'aspect intéressant de l'ouvrage, cette mise en avant d'une jeunesse parfois, souvent paumée, qui un beau jour va découvrir qu'au travers des mots, d'une œuvre il y a aussi un moyen de se révolter. Pas besoin ici de batte de Baseball ni de couteau ou de poing américain, juste des mots. Et j'ai mesuré combien les mots peuvent faire mal, toucher, atteindre, faire réfléchir au delà des gestes et des actes violents. Un texte peut vous déclarer la guerre, être au front et faire de vous un véritable guerrier.
L'ouvrage est aussi intéressant car écrit en 2014 et il nous fait revenir à notre actualité et cette déchirante guerre contre le peuple Ukrainien. Alors, je n'ai pas été passionné par ce qu'écrit Abd Al Malik mais je l'ai plus été par ce qu'il dit, par son partage lors de son passage à "La grande librairie". C'est pourquoi je vais aussi partager la vidéo de ce passage:
https://www.youtube.com/watch?v=ADGNdh3DzxE&t=117s
lundi 28 février 2022
La vie est un roman de Guillaume Musso par Vincent Vallée
C'est la première fois que je me penche sur un roman de Musso. J'ai choisi "La vie est un roman" car il me parlait et il faut bien en choisir un. En effet, Musso semble prolifique.
C'est d'ailleurs un peu le cas de l'écrivain de ce roman Romain Ozorski, prolifique, publié à foison et célèbre. Mais le roman commence par un autre aspect, il s'agit de découvrir une jeune maman, Flora, qui est écrivain aussi, reconnue, primée même mais qui semble s'en fiche royalement, c'est écrire qui l'intéresse. J'ai aimé cette vision de l'écrivain. Sauf que, l'auteure en question est tourmentée par une partie de cache cache avec sa fille Carrie, qui tourne mal. En effet, cette dernière disparait pour de bon. L'enquête ne donnera rien et pour cause, cette situation n'existe pas vraiment si ce n'est sous la plume de Romain cité plus haut.
Flora n'est que le fruit de l'imagination de Romain, auteur à Paris, tandis que l'histoire de Flora, son désespoir face à la disparition de sa fille, se déroule aux USA. Vous l'aurez compris, l'histoire de Flora est le roman qu'écrit Romain. Sauf que lui aussi vit une tragédie, et celle-là bien réelle.
Il est un peu perdu, seul dans une bicoque mal entretenue et sans son fils Théo, que son ex femme tente de lui arracher. Almine, son ex épouse, mère de Théo, est illuminée, voit le monde au travers de substances illicites et fait tout pour faire passer Romain pour un mauvais père, un mari médiocre.
Cette femme est détestable au plus haut point. Le petit Théo est touchant et Romain parfois énervant de par son passivisme. En bon romancier, il va plonger dans le roman qu'il écrit et s'y fondre, se confronter à ses personnages. Mais le hic avec Musso c'est qu'il va trop loin et m'a perdu. J'ai décroché quand il n'y avait plus de lien tangible entre la véritable vie de Romain, l'auteur, et le roman qu'il tente d'écrire tout en vivant un drame avec la séparation de son fils. Je n'ai pas compris pourquoi Musso choisit de donner une réelle existence à l'éditrice de son personnage, Flora.
Car en effet, l'éditrice de son personnage est son éditrice à lui. Là ça coince pour moi... S'en suit un dénouement qui n'en est pas un car je n'ai pas trop compris le but de Musso, la fin du roman, l'issue de ce roman qui avait pourtant bien commencé. Il y a un long passage qui ressemble à une séance de rattrapage de Musso qui tente de donner des ficelles pour arriver à nouer les différents scénarios qu'il élabore et moi, m'ont perdu encore plus.
A trop en faire on se perd... J'ai lu les critiques sur ce roman de Musso et l'une d'elles citait un auteur que je ne connais pas d'ailleurs, mais qui dit cette jolie formule avec laquelle je suis entièrement d'accord :
"Dans la littérature, moins on y comprend quelque chose et plus ça plaît aux intellectuels."
Je ne pense pas que Musso soit un auteur pour intellectuels, mais il m'a perdu à la fin de son roman et c'est fort dommage car j'étais happé par l'histoire.
Je le lirais peut-être encore une fois, histoire de voir s'il me séduit et cette fois, jusqu'au bout. Là c'est un flop que je regrette, comme une prise d'otage...
Guillaume Musso :
Guillaume Musso est un écrivain français. Il est le frère de Valentin Musso, auteur de romans policiers.
Il commence à écrire alors qu’il est étudiant. À l’âge de 19 ans, fasciné par les États-Unis, il séjourne quelques mois à New York où il travaille comme vendeur de crèmes glacées.
En rentrant des États-Unis, il passe une licence de sciences économiques à l'Université de Nice, poursuit ses études à Montpellier et passe le CAPES de sciences économiques et sociales. De 1999 à 2003, il est professeur de sciences économiques et sociales au lycée Erckmann-Chatrian de Phalsbourg et formateur à l’IUFM de Lorraine.
En septembre 2003, il intègre le Centre international de Valbonne où il enseignera au lycée les sciences économiques et Sociales pendant cinq ans.
En mai 2001 paraît son premier roman, Skidamarink, un thriller en forme de jeu de piste débutant par le vol de La Joconde au musée du Louvre.
Avec 1 710 500 exemplaires vendus en 2016, Guillaume Musso est pour la troisième année consécutive le romancier français le plus vendu. Ses livres sont traduits dans 36 langues et les ventes totales de ses romans dépassent les 18 millions d’exemplaires.
En octobre 2009, succédant à Philippe Claudel, Daniel Picouly, François Morel, Daniel Pennac et Éric-Emmanuel Schmitt, il est l’auteur de la « dictée d’ELA », donnant le coup d’envoi de la campagne annuelle « Mets tes baskets et bats la maladie » pour lutter contre les leucodystrophies.
En 2012, il est nommé chevalier de l'ordre des arts et lettres.
En décembre 2021, il reçoit le prestigieux prix Raymond-Chandler récompensant la carrière d'un maître du thriller et du roman noir, succédant notamment à Michael Connelly, John Le Carré, Margaret Atwood ou Jo Nesbø.
(Sources BIO : Babelio).
mardi 15 février 2022
L'étranger de Albert Camus par Vincent vallée
Je viens de terminer L'étranger de Camus. J'avais commencé cette lecture il y a longtemps mais j'avais abandonné, je ne comprenais pas, je me perdais au travers de l'attitude de Meursault, personnage central de ce roman.
Mais il me manquait certainement quelques heures de lectures, de la réflexion aussi. En effet, ce roman est une forme d'introspection, on plonge au cœur des pensées de Meursault, on les sonde, on s'y reconnait également...
Meursault c'est ce jeune homme discret, taiseux, qui assiste aux funérailles de sa mère qu'il avait placée à l'asile comme on le disait autrefois en Algérie. Meursault semble détaché de ce qui se passe, il ne souhaite pas revoir sa mère une dernière fois, il la veille mais s'endort devant son cercueil, il l'accompagne au cimetière mais s'amuse presque du dernier ami de sa chère maman qui use de ruse pour parvenir à suivre le convoi et finit par s'évanouir.
Meursault semble subir la vie, il flâne, suit les autres, se montre serviable et aimable mais dénué d'enthousiasme, presque de vie. C'est ce qui m'a le plus plu dans ce récit, l'aspect psychologique du for intérieur d'un être, ses méandres, les recoins de ses pensées...
Un jour de soleil assommant, sur une plage où il avait pris part à un règlement de compte d'un ami à lui qu'il s'avérait à peine connaître, il sera l'auteur du pire. Un acte fou mais qui lui semble presque naturel, innocent, normal... Alors que c'est ce qui lui arrivera de pire et sera le début de sa descente aux enfers.
Une descente aux enfers qu'il subira passivement, et c'est l'absurde que Camus veut mettre en avant qui est le fil conducteur de ce superbe ouvrage.
Nul doute que j'ai commandé d'autres ouvrages de Camus !
samedi 12 février 2022
Paris-Briançon de Philippe Besson par Vincent Vallée
Paris-Briançon c'est en premier lieu un roman bien construit, court mais efficace. Besson nous régale à nouveau de son style objectif et de ses descriptions utiles.
C'est après avoir fait la connaissance de quelques personnages, tous voyageurs de ce train comme on n'en fait plus, que nous allons embarquer pour un voyage de nuit. Dans un de ces trains anciens disais-je, muni de couchettes pour profiter, si possible, d'un repos modéré ou du charme d'une nuit, allongé sur les rails.
C'est aussi l'occasion de faire des rencontres, de se confier dans la pénombre de la nuit au sujet du déraillement de nos vies ou de nos réussites, nos espoirs... C'est aussi, parfois, des retrouvailles avec nous-même. Des aveux sont, parait-il, toujours plus faciles sous la lune.
Tout du long de ce roman une menace nous est présentée par l'auteur. On sait dès les premières pages qu'il va se passer quelque chose d'horrible, que le train de nuit n'arrivera jamais à Briançon. Je ne "spoile" pas le roman en vous annonçant cela, c'est le sujet de ce huis clos dès le début du récit.
Une mère qui fuit son compagnon violent, un couple âgé qui fuit les soucis de santé, des jeunes qui courent à l'aventure et d'autres encore que je vous laisse le soin de découvrir.
Un seul bémol : Un énième passage sur l'homosexualité. Cela devient, au fil des romans de l'auteur, un peu cliché, ça dénature un peu l'œuvre de Besson à mon sens. À moins que ce ne soit voulu.
Cela étant, le thème de l'homosexualité dans ce roman est bref mais il aide aussi à une fin inattendue, bien à propos. Car, une catastrophe ferroviaire reste sans pitié… Et cela, Besson le décrit très bien.
lundi 31 janvier 2022
Petit pays de Gaël Faye par Vincent Vallée
Petit pays, c'est un roman qui touche, qui permet de comprendre, qui offre un voyage cahoteux pour le coup.
Il s'agit de l'histoire de Gaby, une jeune métis. En effet, sa mère est rwandaise et son père français. L'histoire se déroule en 1992 au Burundi dans un quartier aisé où Gaby, avec ses amis, coule une enfance heureuse et tranquille.
Il nous est décrit un pays où il fait bon vivre, où les manguiers sont lourds de leurs fruits, un parfum de citronnelle sillonne les rues et les sentiers. Le calme, le silence, les petits bistros improvisés où tout un chacun refait le monde ou sirote une bière, calmement assis sur un casier retourné. Voilà l'ambiance de ce récit. Gaby est heureux jusqu'à ce que les élections arrivent, qu'un président soit élu puis assassiné. Il y a dès lors, des bruits de guerre et de combats civils. Au loin, les tirs se font entendre et Gaby, ainsi que ses amis, semblent à l'écart, comme sous la protection de leur quartier aisé, mais... Le bruit s'approche, fait vaciller les murs et les rêves des gosses et de leurs parents.
Le Rwanda est saigné, les Hutus et les Tutsis ne s'épargnent pas. La sauvagerie est de mise, la bestialité de la lutte de rigueur, l'heure est à la révolte, la vengeance est sans nom...
C'est au sein de cette guerre, que l'enfance du jeune Gaby et de ses amis est volée, violée. Les proches se transforment en guerrier et parfois en meneur de gangs organisés pour résister. Les amis si jeunes, deviennent des révoltés prêt à tout, et lui Gaby, tente en vain de rester un enfant...
Les livres et donc la lecture sont mis en avant grâce à une voisine grecque chez qui Gaby aime se rendre pour emprunter des livres. C'est réfugié dans la lecture qu'il parvient à relativiser, à rester un peu innocent et à prendre un peu de hauteur.
Ce roman est une petite pépite pour ne pas oublier que parfois, on ne choisit pas de quitter son pays, parfois il faut partir ou mourir. Cela pose la question de réfléchir à bien distinguer les migrants qui fuient la mort de ceux qui cherchent la facilité sans rien devoir faire et sans raisons valables.
Ce roman permet de comprendre et de relativiser.
lundi 17 janvier 2022
La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr par Vincent Vallée
Il me
faut d’abord dire que j’ai débuté cette lecture le 16 décembre 2021 et que je l’ai
terminée ce 16 janvier 2022. Souvent, c’est à la fin d’une lecture que l’avis
est le plus tranché, le plus susceptible d’être le reflet correct de ce qu’on a
ressenti. Donc je vais être honnête, je suis mitigé et confus. Laissons tomber
le fait que ce roman a été primé par le prix le plus prestigieux de France. L’auteur
est déstabilisant dès les premières pages avec l’emploi excessif d’un
vocabulaire compliqué, tordu comme pour doper le roman pour je ne sais quelle
raison... Avec cette première partie de roman gonflée par le Petit Robert et le
Larousse j’avais déjà envie d’abandonner.... Mais j’ai persévéré, j’ai voulu
continuer malgré mon ennui et la lenteur de lecture qu’occasionnait cet ennui.
Et j’ai bien fait, car cela m’a permis d’y trouver vers le milieu, un semblant
d’histoire à lire pour l’évasion et puis surtout me rendre compte que le
vocabulaire compliqué et si riche du début avait disparu ou presque... Il
fallait peut-être impressionner une certaine élite en vue d’un prix avec les
premières pages ?
Nous allons à la rencontre d’un
jeune écrivain sénégalais qui étudie en France et rêve de devenir écrivain. Le
jeune écrivain n’évolue qu’au milieu des siens quasiment tout du long du récit,
mais parle beaucoup de France et des « Blancs ». Un beau jour il fait la
connaissance d’une écrivaine connue, africaine elle aussi. Il est d’abord
attiré par elle et, n’y allons pas par 4 chemins, se la tape. L’auteur est bien
plus cru que moi n’ayez pas peur. Cette écrivaine détient un livre que le jeune
Sénégalais cherche désespérément. Il s’agit du roman « Le labyrinthe de l’inhumain »
écrit par un Africain lui aussi vers 1938. Après sa parution, son édition l’auteur
fut proclamé plagieur et très vivement critiquée. D’autre part on le qualifiera
de “Rimbaud nègre” tant la lecture de ce récit “plagié” laisse ses lecteurs
sans voix et bouleversé. S’en suit une quête incessante et diverses histoires
entremêlées pour arriver à tracer, refaire l’itinéraire de l’auteur maudit. Ces
histoires entremêlées, recoupées sont aussi sujettes à perdre le lecteur. Dans
ce roman j’ai erré en m’accrochant parfois à un semblant d’explication, de fil
conducteur, mais avec grande peine...
La fin du roman est triste par
la pauvreté de recherche... Je me suis dit » tout ça pour se terminer comme ça ? »
Au final et à la fin de la lecture je me suis dit que l’auteur tenait un très
beau sujet, mais qu’il l’a compliqué à outrance. Le vocabulaire tordu et
compliqué perd le voyageur que doit être un lecteur. Une lecture est un voyage
rien d’autre, c’est mon avis. Le roman est compliqué à suivre de par ses
recoupements d’époque, de personnages qui changent sans précisions. J’en étais
à me demander qui narrait. Et puis, nous sommes demeurés dans une ambiance
africaine qui n’est pas pour me déplaire, mais pour un prix littéraire français
si prestigieux ? Et je dis ceci pour en arriver à mon opinion sur le fait que c’est
pour cette raison que ce roman est choisi pour le Goncourt. Il fallait marquer
un grand coup avec la situation politique en France et la prochaine élection
présidentielle. Lepen et Zemmour tenant les rênes des débats.
Donc au final je sors de cette
lecture mitigé car l’histoire aurait pu être intéressante, me faire voyager,
rêver, mais elle m’a ennuyé et perdu bien souvent. L’emploi de dialecte
africain, la multiplication de patronymes africains est aussi confondant,
compliqué pour un lecteur blanc. Je n’ai pas eu la sensation d’être le public
visé par ce roman somme toute. Mais voilà il est primé et encensé par les
critiques, mais ça ne fait que me conforter dans mon ressenti. Conclusion :
Je ne dois plus lire ces prix prestigieux, je dois rechercher des livres qui m’offrent
du voyage, de l’évasion et du rêve. Rien d’autre.





