samedi 21 février 2026

Bigfoot, Dogman de Bragi Bellovaque par Vincent vallée




Avec Bigfoot, Dogman, Bragi Bellovaque nous entraîne aux frontières du réel, là où la science hésite, où le mythe persiste et où l’imaginaire reprend ses droits. En s’appuyant sur les figures emblématiques de la cryptozoologie — ces créatures que l’on dit apercevoir sans jamais pouvoir vraiment les prouver — l’auteur propose bien plus qu’un simple catalogue de monstres modernes : il interroge notre rapport au monde, à la nature, et à nos propres peurs.

Le point de départ est clair : depuis que l’humanité a conquis, exploité et transformé la planète, il reste de moins en moins de zones d’ombre. Pourtant, ces zones subsistent dans nos récits, nos témoignages, nos légendes contemporaines. Bigfoot, Dogman et leurs semblables deviennent alors les symboles d’un monde sauvage que l’on refuse de voir disparaître tout à fait. Bellovaque joue habilement avec cette tension entre rationalité et fascination, entre discours scientifique et récits d’observations troublantes.

La force du livre réside dans son atmosphère. On y sent une vraie passion pour ces mythologies modernes, mais aussi une distance critique bienvenue. Le texte ne cherche pas à convaincre à tout prix, ni à ridiculiser : il explore, questionne, met en perspective. Le lecteur se retrouve ainsi dans une position inconfortable et stimulante, oscillant sans cesse entre scepticisme et curiosité.

Le style est direct, efficace, parfois presque documentaire, ce qui renforce l’impression de crédibilité et d’immersion. On avance de témoignage en réflexion, de créature en hypothèse, avec ce sentiment constant de marcher sur une ligne de crête entre le rationnel et l’inexplicable. Ce n’est pas un livre d’horreur, mais il installe une étrangeté persistante, une petite inquiétude diffuse : et si, malgré tout, il restait encore quelque chose, là quelque part dehors ?

Bigfoot, Dogman s’adresse autant aux amateurs de mystères et de légendes contemporaines qu’aux lecteurs curieux des zones grises de notre modernité. Un livre qui se lit comme une exploration : celle de nos peurs, de nos croyances, et de ce besoin très humain de peupler l’inconnu.


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