dimanche 1 mars 2026

Nostalgie du passé ?... De Vincent Vallée



Dorénavant, je te vois, je t’observe vivre de souvenirs, des relents d’ambiance…

Quelques sons, et la nostalgie fait son nid, ça relance… Je suis comme ça aussi, ne te sens pas seul.

Mais au fond, ce n’est pas que ça que je vois quand je pense à nous.

Je me souviens de nos routes, de nos deux roues, de nos défis, des périodes où l’on se voyait moins et où l’on se retrouvait pourtant. Changés, mais chaque fois liés par ce serment de frères de sang… Jamais je n’oublierai, toi non plus, je le sais.

Comment oublier ces heures à refaire le monde, sans vraiment chercher à le comprendre… juste à le vivre ? Et si on continuait ?

Je me souviens de nos cabanes, de nos films rejoués, de nos confidences, de nos partages… rien, je n’ai strictement rien oublié.

De cette évidence simple : on était là l’un pour l’autre, sans calcul. On était des amis, on était des frères, on l’est resté. Peut-être bien plus, mais autrement, car le temps fait son travail sur chacun.

Et aujourd’hui… je ne veux pas seulement me souvenir.

Je ne veux pas être seulement un morceau de ton passé, rangé quelque part parmi tes souvenirs, là où tu te réfugies, retrouves un peu de toi dans le calme, avec une vie qui ressemble tant à la mienne, et pour cause…

Mais notre passé — le mien, fait de livres, de BD, de nous deux ; le tien, fait de tes repères à toi — ce n’est pas terminé. Il faut s’en souvenir pour avancer, pour aimer encore, aimer plus fort, rester soi.

N’oublie pas que ni toi ni moi ne sommes pareils qu’autrefois. Serions-nous alors de pâles copies de nous-mêmes ? Non. Nous sommes toujours les mêmes, dans un monde différent, dans un monde où notre place devient plus étroite.

Tu sais pourquoi ? Parce qu’on vieillit, mon vieux… Mais on est là, et on vit. Vis le moment présent, profite de tes instants. Que ce soit enfermé dans tes souvenirs que je partage, ou avec le vent qui fouette ton visage quand tu es sur deux roues, peu importe : vis.

Je suis encore là. Toi aussi.

Peut-être différents, peut-être ailleurs… mais pas disparus.

Alors je ne te demande pas de revenir en arrière.

Juste de ne pas oublier qu’on peut encore exister… autrement.

Pas comme avant. Mais pas moins vrai.

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