lundi 15 juin 2026

Le Grizzly de James Oliver Curwood par Vincent Vallée


James Oliver Curwood est en train de devenir mon auteur « découverte de l'année ». J'aime beaucoup la littérature de Jack London, mais je trouve que Curwood donne la parole — c'est une image, bien entendu — aux animaux d'une façon bien plus intéressante.


J'ai découvert les loups, leur façon de vivre et de survivre avec Kazan. Cette fois, c'est Tyr, le majestueux grizzly du nord du Canada, qui est mis en avant. Avec ce récit, Curwood fait ce qu'un auteur fait de mieux : il utilise son propre vécu pour nous le partager au travers d'un roman.

Au-delà de la rencontre avec Tyr, le grizzly, nous allons croiser Jim et son ami Bruce, qui sont sur les traces de cet animal à la taille et au poids impressionnants. Les hommes le traquent pour sa peau, pour l'abattre, le tuer et triompher en brandissant sa dépouille. L'animal les fuit et les sème à maintes reprises, parcourant monts et vallées. Mais c'est sans compter sur l'Indien Metoosin et ses chiens, venus rejoindre les deux chasseurs. Ils mettront tout en œuvre pour faire couler le sang du majestueux animal. Tyr tient tête aux chiens les plus courageux, notamment pour protéger Muskwa, un ourson orphelin qui croisera sa route.

Le grizzly va parfois, et pourtant il s'agit d'un roman jeunesse, faire preuve de cruauté pour assurer sa survie et sa défense, ne laissant aucune chance à ses adversaires. Curwood n'hésite pas à décrire cette cruauté animale, qui n'est autre que l'instinct de survie. Les mots sont pourtant choisis avec justesse, à propos et uniquement lorsque cela est nécessaire pour décrire avec minutie et réalisme le contexte dans lequel vit et survit un animal de cette envergure.

J'ai tant aimé marcher avec Tyr, fuir ses ennemis à ses côtés, les combattre, découvrir comment survivre lorsque l'on voit si mal. Car oui, j'ai appris cela également : un ours voit très mal et se fie presque uniquement à son flair.

Je suis abasourdi de tomber presque en pâmoison devant un roman jeunesse du début du XXᵉ siècle. Je ne regrette rien de mon enfance, si ce n'est de ne pas avoir lu davantage, et surtout de ne pas avoir découvert plus tôt de tels romans !

C'est une ode à la vie animale, une dénonciation de la chasse pratiquée pour tout autre motif que la survie et l'alimentation. C'est le mea culpa d'un ancien chasseur, d'un amoureux de la faune et de la flore.

Merci, Monsieur Curwood !

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