dimanche 2 août 2026

L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono par Vincent Vallée

 



Je viens de terminer la lecture de ce conte. C'était forcément court, mais il faut parvenir à captiver le lecteur avec un texte bref, et Giono y parvient très bien.

Ce conte est plus que jamais d'actualité, malheureusement... Un jeune homme qui se promène dans les collines du sud de la France rencontre un homme complètement isolé, dans une région oubliée. Cet homme vit seul et il est berger. Il passe également son temps libre à ramasser des glands qu'il trie, après les avoir soigneusement sélectionnés, puis les fait tremper une nuit entière, toujours par cent.

Le lendemain, il conduit son troupeau et, à l'aide d'un bâton, plante les glands qui, les années passant, deviennent des chênes et d'autres arbres.

C'est ainsi que, deux guerres plus tard, cet endroit perdu et isolé s'est peuplé d'une végétation luxuriante. Des cours d'eau ont également pris naissance, irriguant de nouveaux villages peuplés de nouveaux habitants. Car, sur Terre, nous ne sommes que des locataires.

C'est une fable, certes. L'homme n'a jamais existé, les villages non plus. Mais c'est la vie qu'offre la nature qui conduit les hommes à construire, à s'installer, à donner naissance à un village. Puis, comme l'homme est bête et égoïste, il continue de construire, d'agrandir, ne se contentant jamais de ce qu'il possède. Alors il abat un, deux, trois arbres. Il oublie aussi la fragilité de ce qui donne sans rien demander, cette nature qui l'a amené à vivre en son cœur. Le voilà qui ratiboise, construit et assèche son coin douillet qui, un malheureux jour, à cause d'un mégot de cigarette mal éteint ou d'un barbecue mal maîtrisé, paie une nouvelle fois le prix de l'égoïsme humain. Un feu survient, puis un autre, ils s'agrandissent, deviennent impossibles à maîtriser, et voilà des décennies de végétation qui partent en fumée. L'homme finit ainsi par se chasser lui-même du lieu de vie qu'il avait autrefois choisi pour son attrait naturel, luxuriant, boisé, frais et généreux.

Un conte plus que jamais d'actualité, alors qu'une partie de la France, parmi les plus belles, mais aussi d'autres pays, part en fumée.

Lisez ce conte, mais surtout, donnez-le à lire aux enfants. Eux pourront peut-être devenir comme le berger de Giono, planter des arbres, faire naître des forêts et ranimer la vie...

N'oublions pas l'illustrateur de ce conte :

Olivier DESVAUX


Olivier Desvaux est né le 12 mai 1982 à Rouen (France). 

Après une année en arts appliqués à l’école Estienne à Paris, Olivier entre à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Il sort diplômé en 2006. 

Olivier est membre de la Fondation Taylor.

Olivier est nommé en 2018, Peintre Officiel de la Marine.