Je termine ce classique jeunesse ultra connu pour son histoire et pour ce qui est parfois notre rêve : vivre sur une île déserte et paradisiaque.
Cependant, la lecture du roman m'a apporté un autre éclairage sur cette histoire que je connaissais finalement assez mal. Force est de constater que les différents films, tels que "Les Robinsons des mers du Sud" de Disney ou encore "Seul au monde" avec Tom Hanks, sont des œuvres fortement inspirées du roman.
En effet, Robinson Crusoé, c'est l'histoire d'un jeune homme qui n'écoute pas son père ni ses recommandations et qui part à l'aventure. C'est lors d'un voyage vers la Guinée que son bateau fait les frais d'une tempête mémorable, laquelle lui laissera la vie sauve, mais le condamnera à un exil de vingt-huit années. Le début est un peu long et fastidieux à lire et, lorsque l'on découvre plus tard comment Robinson organise sa survie sur l'île, on se dit que tout homme pourrait survivre dans les mêmes conditions.
Il faut toutefois rappeler que Robinson n'arrive pas sur une île avec rien : l'épave de son bateau n'est pas loin et il va y récupérer moult vivres, outils, armes, tissus, ainsi qu'un chien et un chat, entre autres. Ce détail m'a immédiatement fait penser au film de Disney.
J'ai également toujours cru que Robinson s'était construit une cabane, une maison. En réalité, il vit dans une caverne (comme Tom Hanks dans "Seul au monde"), qu'il améliore, aménage et barricade afin de se protéger d'éventuels ennemis. J'admire cet aspect du roman, la survie, la débrouillardise de Robinson.
En parlant d'ennemis, ce n'est qu'après plus de vingt ans que Robinson fait la connaissance de Vendredi, un jeune homme cannibale qu'il sauve d'une mort certaine et qu'il va « apprivoiser » – désolé du terme, mais il convient ici – puis civiliser. C'est à partir de l'arrivée de Vendredi que, selon moi, le récit part un peu en cacahuète, parce que l'île de Robinson, où durant plus de vingt-cinq ans il survit, chasse, apprend à fabriquer des meubles, cultive, élève avec ingéniosité des chèvres, fait du fromage et du beurre, devient soudain une véritable escale pour les cannibales et autres marins qui viennent s'y échouer... Robinson et Vendredi se comportent alors en guerriers, affrontent ces visiteurs assassins et recrutent au passage des hommes à leur service : un, puis deux, puis six, etc. Voilà Robinson dirigeant son île et une véritable presque petite armada.
Bon, voilà... Je m'attendais en réalité à une autre histoire, plus réaliste. Mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un roman publié en 1719. Daniel Defoe s'est inspiré d'un fait divers de son époque concernant Alexander Selkirk, un marin écossais qui, à la suite d'un conflit avec le capitaine de son navire, demanda à être débarqué sur une île déserte de l'archipel Juan Fernández, au large du Chili. Il pensait qu'un autre navire passerait rapidement... mais il y resta plus de quatre ans.
Comme Robinson, il dut construire un abri, chasser, apprivoiser son environnement et vivre dans une solitude extrême.
Ce fut une lecture plaisante, mais le côté disproportionné de certains événements m'a un peu dérangé. La longueur du récit et le défilé de cannibales et de marins dans la dernière partie m'ont paru quelque peu exagérés. Nous sommes aussi un peu formatés par le cinéma. Comme quoi, il vaut parfois mieux lire le roman avant de regarder les films qui s'en inspirent.
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