Dans un manoir situé en haut d'une falaise qui surplombe l'océan, vit, ou plutôt survit, Lenora Hope, dernière survivante de la famille Hope après le terrible drame survenu en 1929, c'est-à-dire le massacre de la famille entière, sauf elle. Toute la famille a été assassinée, seule Lenora a survécu, sauf que depuis, elle vit paralysée après plusieurs AVC. Uniquement son bras gauche est demeuré fonctionnel. Le père et la mère sont morts et sa sœur Virginia a été retrouvée pendue au lustre...
Lenora Hope est presque une légende dans la région, les plus jeunes ont même des comptines à son sujet. Pour la mémoire collective, elle demeure la principale suspecte. C'est à cet endroit de son histoire qu'arrive Kit, une jeune infirmière au lourd passé elle aussi, qui a été renvoyée de son travail car elle a été suspectée d'avoir « aidé » sa mère à mourir tandis qu'elle en avait la charge. Son patron la convoque et lui propose une chance de reprendre du service, chez Lenora Hope ! C'est là que Kit rencontrera Miss Baker, femme acariâtre chargée du bon déroulement de toute la vie de Lenora depuis toujours. Kit va rencontrer Lenora, une machine à écrire et, bien entendu, vous comprenez, Lenora va tenter de raconter son histoire à Kit. La véritable histoire ! La dernière infirmière ayant essayé de le faire, et qu'elle remplace, s'est enfuie. Kit va se mettre au service de Lenora dans tous les sens du terme, tentant pour sa part d'exorciser ce qui est arrivé à sa mère tandis que sa relation avec son père est tendue.
Ce que Kit va découvrir dans ce manoir qui penche vers l'océan, les années s'étant écoulées depuis sa construction, va vous surprendre ! Voilà pour vous mettre l'eau à la bouche.
Maintenant, attention, lecteur, lectrice, voici ma version SPOIL :
La première moitié du roman se lit avec gourmandise, tous les rouages du thriller voulu par Sager sont maîtrisés. On visualise la vieille Lenora handicapée, muette, se servant uniquement de son bras gauche pour taper son histoire à la machine, les révélations qu'elle va y écrire. Sauf que la nuit, Kit, dont la chambre communique avec celle de la vieille Hope, entend marcher et, depuis l'extérieur, observe une ombre qui marche dans la chambre alors que tout le monde est couché... Miss Baker est présente durant les premières pages, puis on n'en entend plus trop parler... Le cuisinier Archie, pareil, tandis que Jessie, une femme de ménage, est presque inexistante et pourtant elle tient un rôle majeur. Quand Kit va découvrir le corps de celle qui était infirmière avant elle, le récit va partir en cacahuète. Sager veut tellement tenir le lecteur en haleine et user des twists dans son récit que bon nombre en deviennent invraisemblables.
Le gros moment de mon spoil : on découvre d'abord que le massacre de 1929 ne s'est pas déroulé comme on le croyait. La mère des deux sœurs Hope a poignardé son mari, qui avait entretenu une liaison avec un autre homme, le père biologique de Lenora. Elle s'est ensuite blessée elle-même avant de provoquer Ricky, le petit ami de Virginia, qui a fini par la tuer. Quant à Virginia, retrouvée pendue au lustre, elle n'était pas morte ! Elle avait survécu à sa tentative de suicide.
Puis arrive une autre révélation : Lenora est Miss Baker ! La vraie Lenora ! Car la vieille Lenora handicapée que Kit soigne depuis son arrivée est en réalité Virginia, qui a pris l'identité de sa sœur après avoir survécu à sa tentative de suicide.
Mais ce n'est pas fini ! Le fameux Ricky, le petit ami de Virginia qui a tué leur mère, est... attention, la grosse invraisemblance : le père de Kit ! Oui, Kit, qui vient de nulle part au départ de ce récit, une infirmière envoyée par un bureau médical, qui vit avec son histoire lourde à supporter, dont on ne comprend pas vraiment l'utilité dans le récit avant les révélations finales, son père est le fameux Ricky... On apprendra également que ce dernier a aidé la mère de Kit à mourir, innocentant ainsi sa fille.
Et le pire reste à venir ! À un moment du récit, Ricky, le père de Kit, tente d'étrangler Virginia, qu'il retrouve après tant d'années, alors qu'il sait que sa fille Kit a tout découvert. Il étrangle donc cette vieille femme supposément paralysée, qui ne tente même pas de se dégager de son emprise ? Elle garde un bras inanimé alors qu'il fonctionne ? Ben oui... Elle finit pourtant par se défendre avec un tire-bouchon et survit.
Une fois toute l'histoire révélée, le manoir s'effondre dans l'océan avec la vraie Lenora, alias Miss Baker, et le père de Kit. Et là, dernière révélation : Virginia, la fausse Lenora que l'on croyait paralysée, ne l'est pas ! Elle avait réellement été paralysée après sa tentative de suicide, mais avait retrouvé l'usage de ses membres quelques mois plus tard. Elle a ensuite feint d'être paralysée pendant des décennies, notamment par crainte de sa sœur. Elle va finalement s'enfuir pour enfin vivre sa vie à plus de 80 ans !
Mais j'oublie de dire que Virginia était enceinte de Ricky, le père de Kit, et que leur enfant est né, a été enlevé à sa mère dès sa naissance par la véritable Miss Baker, qui l'a emmené au Canada, et est mort depuis... Il y a donc un lien de parenté entre ce fils que Virginia n'a jamais connu et Kit : ils sont demi-frère et demi-sœur ! Et ce n'est pas tout, puisque Jessie, la jeune domestique du manoir, est en réalité la fille de ce fils disparu, donc la petite-fille de Virginia et la nièce de Kit ! Il vous reste des cheveux ?
Non, vraiment, la fin du récit est invraisemblable. Je suis déçu d'avoir passé tant d'heures à lire un thriller qui n'est qu'une farce au final, tant les retournements de situation sont tirés par les cheveux... Combien de chances sur un million y avait-il pour qu'une infirmière qui sort de nulle part soit la fille du meurtrier et du petit ami de l'époque de Virginia ?? IMPOSSIBLE et non crédible.
