lundi 3 juin 2024

Échappée Cantalienne de Françoise Houdart par Vincent Vallée



J'aime lire des "huis clos", alors en lisant la quatrième de couverture de ce dernier opus de Françoise Houdart, je me suis dit chouette ! Sauf que notre auteure boussutoise va nous dérouter, nous emmener bien ailleurs et surtout pas dans un "huis clos".

Julia est une écrivain qui part s'isoler dans le Cantal, elle y a loué une maison à son amie Cathy. Une maison qui va l'accueillir sauf que, l'inspiration elle, va rester ailleurs. Il semble pourtant presque vital à Julia d'écrire au moins le début d'un roman, c'est pour ça qu'elle est là. Ce serait faire plaisir à Félix de ne pas y parvenir, son époux qui n'en peut plus des salons du livre pour ne vendre que 3 exemplaires. Oui, Félix en a marre d'être le chauffeur, le libraire, le pantin en somme ! 

Souliac, le village qui accueille l'auteure est un endroit qui semble paisible, calme, reposant. Tout semble à propos pour écrire, tout, sauf... Les visiteurs et les curieux qui vont s'inviter et chambouler l'inspiration tant espérée de Julia. Il y aura Sidonie qui garde l'entrée sous la pierre à l'entrée et dans la même catégorie, Brigand qui porte bien son nom. Mais il y aura surtout Guillaume, un beau jeune homme et aussi Célestine, une voisine aux aguets. 

Tout ce beau monde pour ce que je pris pour "huis clos" et pourtant... Le roman de Françoise Houdart va vous emporter. 

Comment fera Julia pour trouver une histoire, un récit, l'inspiration ? Est-ce dans cette maison, assise derrière un bureau et face à un écran ? Ou alors, la clé de la porte de l'inspiration se trouverait elle ailleurs? Ce petit monde autour de l'auteure en quête d'inspiration va-t-il troubler son objectif ou l'y aider?

Il est clair que l'on ressent fort bien quelques passages vécus par Françoise Houdart, c'est tout l'art d'écrire un roman : Y être sans se faire voir. J'ai noté malgré tout une petit incohérence au sujet du véganisme de Julia, en effet vers la deuxième moitié du roman on lit qu'elle l'est mais plus tôt, dans le récit, elle mange avec Guillaume un plat avec des saucisses. 

Cette échappée Cantalienne va vous promener, vous embarquer jusqu'à la dernière page. L'auteure, oui mais laquelle ? Elle cherchait la solitude pour écrire et est allée dans un endroit paisible et retiré. Mais comme l'écrit Marguerite Duras : On ne trouve pas la solitude, on la fait. La solitude, elle se fait seule.


Bonne lecture !


Lien pour vous procurer le roman publié chez les Éditions Audace- Roulotte théâtrale :

Chez le Quartier Latin de Saint-Ghislain 


Françoise Houdart:





 

lundi 15 avril 2024

Holly de Stephen King par Vincent Vallée

 



Après ma déception de lecture de "Son odeur après la pluie" ou plutôt pendant, car je lisais celui de King en même temps, j'ai tenté de me réconcilier avec la lecture. Pour ce faire, je l'ai déjà maintes fois écrit, un "KING" est le remède miracle !

Et en effet, j'ai pu lire un bon vieux roman du maître de la littérature glauque, hypnotique ou macabre qui m'a amusé autant que détendu. Bon, c'était un pavé certes, 528 pages ce n'est pas rien mais malgré mes difficultés de concentrations, je l'ai terminé après l'avoir emmené avec moi en Turquie alors que je l'avais commencé en Belgique et terminé cet après-midi.

L'histoire? C'est un style d'enquête à la Columbo. On connait les assassins avant l'enquêtrice, qui n'est autre que Holly un personnage récurrent dans quelques romans du King (Mr Mercedes) dont une nouvelle (Si ça saigne). C'est le thème du cannibalisme qui est la trame du récit. De jeunes gens disparaissent sans laisser de traces ou si peu, dans un périmètre assez restreint. C'est la mère d'une des disparues qui va demander l'aide de Holly pour retrouver sa fille. En parallèle, il nous est décrit la vie étrange d'un vieux couple de professeurs retraités souffrant d'arthrose et de... vieillesse tout bonnement. Sauf qu'ils ne l'acceptent pas, d'autant plus que Rodney Harris, le vieil homme, prône depuis des années le pouvoir et les vertus da la chaire humaine ! Rien que ça...

Holly va donc enquêter pour retrouver la dernière disparue, Bonny. Et c'est ainsi que nous allons apprendre à connaitre les autres disparu(e)s/victimes du vieux couple. Bien entendu, il nous est expliqué ce que font les monstres  du troisième âge des corps humains fraîchement enlevés. Le foie étant la partie la plus intéressante visiblement... Des boulettes de chaire, des sorbets avec crème fraîche et graisse humaine, etc. Du pur King quoi!

J'ai lu que le contexte COVID du roman exaspère quelques lecteurs et lectrices moi je trouve que ce fut une période que personne ne peut oublier. Une pandémie dans une vie c'est marquant et la retrouver dans le contexte d'un roman de Stephen King est somme toute banal et logique...

Mais aussi, j'ai lu qu'il est reproché à Stephen King ses prises de positions contre Trump. Qui dit que King pense ce qu'il écrit ? c'est une fiction, ce n'est pas une autobiographie. Ensuite, lire que Trump est détesté par beaucoup n'est pas un scoop. Il est aussi reproché la prise de position "Anti flic" qui malmènerait plus les hommes de couleurs, référence à l'étouffement de Georges Floyd par un policier. Et ? Idem, c'est un roman et non une prise de position du King. Et, s'il pense ce qu'il écrit, il a choisi de le faire au travers d'une histoire, c'est judicieux je trouve. C'est aussi à ça que sert l'écriture de romans.

Pour les points négatifs je trouve juste quelques longueurs inutiles parfois, ce qui contredit ce que King écrit dans " Écriture", où il est expliqué qu'un auteur doit retrancher au moins 10 % de son récit. S'il l'a fait, je me demande ce qu'était l'épaisseur du roman initial...

Ensuite, je dirais que ça manque de "surprises", d'inattendu, c'est du Columbo version King pur et dur. C'est un peu dommage. Mais la lecture fut plaisante et distrayante comme à chaque fois.

Rendez-Vous au prochain roman du maître !!

jeudi 4 avril 2024

La mer...

 

La mer brille, me fascine par son immensité, elle respire, gonfle. Tantôt elle fait mine de nous submerger, puis recule timidement. Elle domine.

Elle chante la mélodie du vent et des oiseaux marins, la houle étouffe son cri sourd et majestueux. Parfois, elle rejette quelques-uns des siens ; non pas qu’elle les méprise non, elle nous les offre, s’en nettoie…

Avec le ciel, elle géométrise… de par la droiture de son horizon elle parallélise avec l’azur, elle communie avec les cieux, l’épouse, l’aime et possède ainsi son sein.

La mer est un trésor qui renferme un monde vivant et silencieux, brillant de mille nuances aquatiques, grouillant de vie marine et colorée, quel monde respectueux, fascinant de diversité magnifique.

La mer ahane sans s’essouffler, tout en gardant sa place, elle est humble de puissance… Elle en déborde si peu...

Les vagues se dressent, roulent menaçante et vindicative pour s’écraser sous forme d’écume. Nous voilà avertis…

Les précédentes qui reculent avec ce qu’il en reste freinent l’ardeur des nouvelles venues, qui, naïves, se font ainsi ralentir et se tempèrent…

Les flots grondent, reflètent, bleuissent, montent, végètent puis s’évanouissent. La mer m’humilie.

Christian.

 


C'est face à la Méditerranée que je plonge mon regard dans l'immensité, dans le vide abyssal. Les vagues qui se brisent sur le rivage m'évoquent le mouvement de mes pensées, qui surgissent et s'effacent, tour à tour. Tu es toujours présent dans mon esprit. Cela fait presque un an que tu n'es plus là, et pourtant, la vie continue de s'écouler. Ah ! Comme tu aimais la mer, la Belgique ! Avec une tristesse sourde, je réalise que tu n'as pas eu l'occasion de voyager ni de vivre des moments précieux. Tu étais si seul...


Le temps s'égrène, les vagues continuent leur danse, et nous, nous passons. Les étoiles filantes semblent avoir un sort enviable, car elles illuminent le ciel bien plus longtemps qu'une existence dans le cours du temps. Nous, face à l'éternité, ne sommes rien ! Je me retrouve seul avec mes réflexions, mes préoccupations futiles et si nuisibles. Où va ma vie ? Combien de temps me reste-t-il ?


Non, je ne suis pas prêt à conclure, rien n'est achevé. Mais qui se lève le matin en se disant : « Voilà, tout est accompli » ? Peu de monde, je suppose. En tout cas, pas moi… Je ne pense pas que tu aies eu le sentiment d'avoir terminé, et je vais poursuivre un peu, si tu le permets, si tu veilles sur moi et sur nous. Jamais je ne pourrai accepter d'avoir perdu si rapidement ta présence, et pourtant, je vais devoir avancer avec ce poids supplémentaire sur mes épaules.


Les vagues qui affluent, l'horizon devant moi, et ce souvenir qui persiste, toi, Christian.

vendredi 15 mars 2024

Son odeur après la pluie de Cédric Sapin-Defour par Vincent Vallée

 



Voilà un roman qui est arrivé dans une période de ma vie un peu particulière. Pour deux raisons : La première étant que j'ai perdu ma vieille Lili, ma chatte, en octobre dernier; lire un tel récit allait m'être difficile. Ensuite, pendant ma lecture, j'ai été confronté a un séisme familial, mon frère aîné étant décédé en février.

La lecture est mon moteur, ma passion, mon envie quotidienne, je savais que ce livre allait certainement être compliqué après la perte de ma chatte mais, la mort de mon frangin a ébranlé ma faculté à me concentrer sur une lecture. Voilà pourquoi je n'ai rien publié en terme de chroniques, ces derniers temps.

L'explication qui me tenait à cœur étant faite, allons à la chronique: Ce roman m'a un peu décontenancé de par son style, ses tournures de phrases, une sorte de prose stylistique qui, au début, comme une des autres lectrices que j'ai lue sur Babelio, m'a fait m'interroger sur ma capacité à encore pouvoir lire.... Avais-je un souci cérébral? Non, l'auteur, je trouve, use d'une sorte d'inversion du sujet et du verbe qui fait que l'on se surprend à devoir relire la phrase pour arriver à comprendre. Dans le contexte que j'explique au dessus, ce n'était pas pour m'aider.

Ce que je cherchais, ou croyais trouver du moins, c'était une belle histoire de vie commune entre un maître et son chien, des similitudes qui m'auraient aidé à mieux comprendre ma peine après la perte de ma Lili, mais... Le récit était sympa oui, mais ne méritait pas l'encensement qui en a été fait. C'est l'histoire banale d'un homme qui achète un chiot après en avoir déjà eu quelques-uns, un récit qui explique quelques étapes de sa vie avec lui et sa mort. Là, je croyais trouver de l'aide, du soutien quant aux réactions après la perte d'un compagnon de vie silencieux. Il n'en fut rien... Moi qui ai un jardin modeste j'ai repris mon chat et l'ai enterrée chez moi, l'auteur lui, laisse son animal de compagnie, son fidèle compagnon si bien décrit et tant aimé tout au long du livre, chez le véto? Il ne vit pourtant pas en appartement.

Alors voilà, bravo pour la tentative mais je ne me laisserai plus tenter à l'avenir par d'autres ouvrages de l'auteur. En ce qui me concerne, personne n'égale Jack London pour parler des animaux, de la nature, des relations entre les hommes et la faune.

jeudi 15 février 2024

Je suis fait de leur absence de Tim Dup



Le thème de ce roman est le féminicide et surtout les victimes collatérales de ce dernier.
Il est trop tard quand le mal est fait, et souvent on s'apitoie sur le sort de celles qui ne sont plus là et on oublie les vivants, les proches de la victime, car elles souffrent, trainent avec elles un fardeau, une croix lourde à traîner...

Pierre a la vingtaine et il a été élevé par ses grands-parents. Théodore, son grand-père est en Ephad et il a tout oublié, Alzheimer est devenu son meilleur ennemi... Mais il n'a pas oublié Sophie, sa fille, sauf qu'il la voit dans le visage d'inconnue... Pierre vit avec sa grand-mère Suzanne et son oncle Vincent dans une maison du bord de mer en Normandie. Il faut vendre... Etre déraciné... Pierre peine à surmonter l'épreuve, le seul point positif c'est Victoria dont il est tombé amoureux et qu'il aime par dessus tout.
Seulement voilà, son père Henri va sortir de prison, il va continuer de vivre alors que tous, ont cessé de respirer lorsque Sophie, la maman de Pierre, à poussé son dernier souffle dans un râle de sang, brisée sous les coups de son mari Henri...

Pierre est coincé entre l'aube d'une nouvelle vie avec Victoria (sa possible victoire sur la vie) et un bébé à venir, son avenir... et son passé, lourd à porter et toujours vivant de par son père, auteur du meurtre de la vie de toute sa famille.

On en revient au décès récent de Mr Badinter qui est l'auteur de l'abolition de la peine de mort. Ce fut un grand pas et respect à sa désormais mémoire mais... Qu'en est-il des peines pour de tels drames ? L'abolition de la peine de mort eut-elle des démarches allant vers des peines incompressibles? Tuer en retour c'est rendre service, certes, mais a-t-on pensé à la vie des survivants de crimes? Le débat est ouvert avec ce premier roman de Tim Dup.

J'ai découvert Tim Dup lors de pandémie de Covid, comme quoi cette saleté qui nous a emprisonné nous a ouvert des fenêtres culturelles parfois. J'ai été happé par cette voix et ces textes empreints de poésie et de sensibilité. Une poésie que l'on retrouve parfois dans ce roman. Mon seul bémol, une certaine lourdeur au niveau du vocabulaire.

J'ai lu le roman en partie sur ma liseuse donc merci mon dico. On ne va pas cracher sur la découverte de termes de français correct ! J'ai également parfois été perdu dans le style narratif allant d'une époque à une autre. Mais je m'y suis vite retrouvé.
Donc, si vous désirez découvrir Tim Dup et sa plume, son premier roman est l'occasion !
 


TIM DUP :




mardi 30 janvier 2024

Un soir d'été de Philippe Besson



Un soir d'été... Ces quelques mots nous emportent déjà loin, bien loin dans notre propre nostalgie.
Et ce choix de couverture est le reflet de cette nostalgie, une nostalgie que l'on retrouve dans le récit et qui nous embarque loin aux large de notre mémoire. 
Ce n'est pas un secret, Besson est un de mes auteurs français favori. Favori, car il écrit simplement et souvent à partir de lui. Et je dois dire que c'est lorsqu'il parle de son vécu, même s'il est romancé, que c'est le plus réussi.

On retrouve donc Philippe, mais le Philippe encore meurtri de son histoire d'amour avec thomas que l'on a rencontré dans "Arrête avec tes mensonges". L'île de Ré, un ami, et des copains durant les années 80, le décor est planté. L'ambiance d'alors, l'insouciance, pas de téléphone portable, pas de PC, à peine la TV mais la plage, les sorties, le laisser aller, la nonchalance des vacances au soleil, loin du tumulte du lycée et de la vie parisienne, de la Province.

Philippe rejoint son ami François qui travaille avec son père en boucherie, François est le playboy de la bande d'amis, Philippe plutôt le bon chic bon genre mais qui aime aussi déconner. Et au milieu de cette bande de copains d'un été, un prénommé Nicolas; un garçon longiligne, blond à la peau mâte. Un petit air de Thomas ? Si peu... Et ce n'est pas pour déplaire au lecteur que je suis. J'ai été renvoyé à mes propres souvenirs, encore...

La bande de copains va flâner donc, et s'éprendre d'une belle et jolie fille. Une de celles que l'on ne rencontre que lors de telles vacances. Avec elle, Marc, le frère de cette dernière, le beau gosse style surfeur qui ne va pas laisser Philippe indifférent.
Il n'y a que Nicolas, qui a été présenté à Philippe par François lors de son arrivée, qui n'est pas, visiblement, intéressé par la belle jeune fille qui les chamboule (presque) tous. 

Et c'est lors d'une fête d'anniversaire, un soir d'été, que la bande de copains va perdre son insouciance, retomber les pieds sur terre et devoir faire face à la réalité... 

Il arrive parfois de ces évènements lorsqu'on est ados, que l'on transporte toute sa vie avec soi. Un souvenir de jeunesse, un amour de passage, une rupture, ou pire...
Ce roman est juste magnifique car, en plus d'être bien écrit, il nous transporte dans nos propres souvenirs via cette ambiance des années 80 qui manque à tant des miens... Il rappelle bien des fondamentaux que l'on a occultés, étouffés par notre dépendance aux écrans, sans oublier cette vie qui passe si vite...

Quelques passages que j'ai relevés :

"La vérité, si vous voulez que je vous dise, c’est que je ne suis jamais parvenu à me débarrasser de cette histoire,
elle ne m’a jamais quitté, elle est là, quelque part, coincée dans les recoins de ma mémoire et resurgit de temps à autre".

"Vous savez, vous, pourquoi il faut que les belles histoires finissent mal ?"

"...on n’écoute pas la même musique qu’eux, d’ailleurs ils n’en écoutent plus vraiment, de la musique, pour nous tous les gens qui ont passé quarante ans sont des vieillards, sûrement qu’on n’aura jamais quarante ans, on sera morts avant."

"On est en 1985, il n’y a pas de téléphones portables. On n’est pas rivés à nos écrans pendant des heures, à lire nos messages et nos mails, à recevoir des alertes en tous genres, à télécharger des applications, à jouer à Pokémon GO ou Angry Birds, à mater des vidéos, à enquiller les hits du moment, on n’est pas dans l’isolement numérique. On est tous les trois ensemble, désœuvrés mais ensemble."

"...quand je restais sans voix face aux questions alambiquées et aux airs dédaigneux de professeurs dont l’objectif premier était de nous faire renoncer, de nous montrer le chemin de la sortie puisque, à l’évidence, nous n’étions pas taillés pour les grandes écoles,
Quand j’y songe, c’était merveilleux de ne pas avoir quelque chose à faire, d’être improductif, de se tenir dans la mollesse, l’inertie, de n’être dérangé par rien, rattrapé par rien ni personne."


Et ce passage que je n'oublierai jamais :

"J’étais persuadé qu’on aurait été heureux ensemble toute notre vie, j’ai pas supporté, j’ai trouvé ça injuste. C’est con, pas vrai ? » Il dit : « Non, c’est pas con, c’est beau. »"