mardi 23 avril 2019

Un certain Paul Darrigrand de Philippe Besson par Vincent Vallée


Un certain Paul Darrigrand



« Arrête avec tes mensonges » fut déjà une surprise, une claque littéraire et pour le style de Besson et pour l’impact laissé au corps.
Lorsque j’ai vu que Philippe Besson avait réitéré l’expérience, celle de se confier, de se livrer et puis surtout, ce qui me touche le plus, exorciser avec tendresse un passé, un moment vécu passionnément, alors j’ai foncé.

« Un certain Paul Darrigrand » est en réalité une sorte de suite à la vie de jeune homme de Besson, il nous explique là encore, mais pour notre plus grand plaisir assaisonné de curiosité, une autre aventure amoureuse, avec un jeune homme tout comme lui. Sauf que, celui-ci est marié et donc, de fait, n’assume pas son attirance pour les garçons.

Bien entendu, j’ai commencé à cerner Besson, je sais qu’il sème quelques « mensonges » pour troubler, ne pas tout dire tel que lui l’a vécu et c’est aussi cela, son style. De nouveau, Besson va tomber amoureux, de nouveau d’un jeune homme grand, pâle de peau, beau… Sans oublier que ce garçon, Paul, est marié. Ce sera pourtant plus fort que lui, comme une pulsion réprouvée trop longtemps, Paul tombera dans les bras et dans les draps de Philippe. Un amour charnel, redondant dès que possible, puis plus tendre, plus amoureux…

C’est aussi à cette période de sa vie que Besson tombera gravement malade, à l’époque où le sida s’attrapait comme un rhume, lui va se voir hospitalisé pour un sérieux problème avec son sang. Tout va s’enchainer pour Philippe, il sera partagé entre son amour clandestin avec le beau Paul et sa santé qui va le pousser au bord de la mort, il s’en fallut de peu. Pourtant, ce qui va mourir, doucement, cruellement, après des aveux de Paul à son épouse, c’est l’histoire d’amour entre lui et Paul Darrigrand.

On peut supposer que Darrigrand s’est défilé, qu’il n’a pas assumé, mais à la lecture de ce roman, je dirai juste qu’il a « choisi », non sans peine, non sans douleur. J’ai été très touché par ce Paul « hetero » car il est en lutte avec la passion, les pulsions et la raison. Tôt ou tard, dans nos vies, nous devons faire des choix, parfois ceux-ci sont cruels et indélébiles, mais il le faut, pour avancer… Rien ne se fait sans fracas, sans cicatrice comme celle que Besson a sur le ventre et qui lui a permis de survivre alors. Pourtant celle qui le touche le plus, et dans sa chair et dans son fort intérieur, c’est sans nul doute, d’avoir été obligé « d’oublier » Paul Darrigrand.

La fin du roman nous démontre que cette douleur est partagée et ça aussi… C’est beau.




mardi 16 avril 2019

Vincent Van Gogh, sa vie dépeinte de Vincent Vallée




Catégorie : Romans & Essais - Essai historique

VINCENT VALLÉE, tel un archéologue des âmes, est allé chercher une autre vérité et nous l’expose dans ce roman. En couverture, une œuvre du peintre canadien MATHIEU LACA, représentant VINCENT VAN GOGH dans toute sa brutalité.

Une façon agréable, au travers d'un roman, de faire connaissance avec ce peintre renommé. Un peu tardivement...










OU ACHETER LE ROMAN ? ( Cliquez sur le lien ci dessous) :

Vincent Van Gogh, sa vie dépeinte de Vincent Vallée



Vincent Van Gogh, l’autre, celui qu’on n’a pas vu, pas cru, pas compris. Autour de lui quelques personnes, toutes bienveillantes ?

Qui était-il ? Était-il ce fou qu’on nous décrit ?

Il eut une vie brutale, épistolaire, romanesque. Rejeté par tous, y compris par lui-même. Vincent Van Gogh c’est aussi l’éternel enfant, le naïf, le généreux qui nourrissait les souris au lieu de s’alimenter et qui s’extasiait devant un orage, trempé jusqu’aux os. Van Gogh pouvait aussi devenir ce volcan qui gonfle, ronfle, entre en éruption. Poussé au bord du gouffre, celui de la déraison, du mépris de soi, il s’est retrouvé immergé dans le chagrin et le désespoir de ne trouver nulle part où aller, nulle part où il serait aimé, compris. Lui qui, sa vie durant, cherchera un nid où se reposer, terminera ses jours dans une petite bourgade près de Paris, un suicide ?

Vincent Van Gogh, c’est surtout ce peintre, cet artiste qui peignait ce qu’il ressentait, non pas que ce qu’il voyait. Il aimait peindre ce dont les autres se détournaient, un ouvrier en plein labeur, un amandier tordu et esseulé, lui-même… Nous connaissons toutes et tous VINCENT VAN GOGH !

En êtes-vous sûr ?



lundi 25 février 2019

Rubiel e(s)t Moi de Vincent Lahouze, par Vincent Vallée


Rubiel e (s) t Moi  


            

Je viens de terminer ce roman, et quel roman !

C’est simple, pour savoir si j’aime une lecture il faut regarder si j’ai corné des pages, s’il y en a beaucoup c’est que j’adore.

Ce roman je l’ai découvert comme l’a été son auteur, Vincent Lahouze, sur les réseaux sociaux. Oui, Vincent Lahouze écrit souvent sur ce nouveau canal de discussion, d’informations, il couche là ses pensées, réflexions et autres billets d’humeur. De plus en plus, son lectorat s’est agrandi jusqu’à être repéré et donc, édité.

Il faut avouer que son histoire n’est pas banale tout en étant commune dans son pays natal, la Colombie. Vincent c’est Rubiel, un enfant adopté alors qu’il avait 4 ans et qu’il vivait dans les murs gris de l’orphelinat de Bienestar de Medellín. Rubiel va embrasser une nouvelle vie et naître de nouveau… L’auteur va nous emmener dans le récit de cette vie que mènent parfois tant d’enfant comme le petit Rubiel, une vie qui peut basculer à tout instant, soit vers le bonheur et donc l’adoption, soit l’envie de liberté, la fuite, et donc la survie dans les rues de Medellín, ce coupe-gorge pour tant d’enfants errants…

En parallèle de ce récit, de cette course contre la mort d’un enfant de 4 ans dans les rues de Colombie, de ces nouveaux amis d’infortune à peine plus âgés que lui, mais aussi de l’amour adolescent, de la découverte de la littérature ou d’un vieil homme qui prend Rubiel sous sa protection. En parallèle donc, Rubiel va nous raconter son adoption et c’est Vincent que nous allons alors découvrir, cette rencontre avec la France, ce déchirement à Bienestar, la rencontre avec un autre monde, une autre culture, une autre langue. Il y aura aussi les échecs, la débauche qu’on peut parfois connaître à l’adolescence, les ruptures amoureuses qui font si mal. D’autant plus pour Vincent qui n’arrive pas à avancer tant son passé le frustre. Je l’ai ressenti comme ça en tous cas. Vincent cherche, tente de comprendre ce qu’aurait été la vie de Rubiel s’il était demeuré là-bas chez lui, en Colombie. Que serait devenu Rubiel ? 

L’auteur, comme un exorcisme littéraire, tente de le comprendre, de l’imaginer, de faire le voyage retour, et il nous emmène avec lui. Nous sommes nous lecteurs, un peu comme ce petit lapin que Rubiel trimballe partout avec lui, cadeau de son frère de chambre à l’orphelinat. Comme ce petit lapin, nous le suivons partout et comme ce petit lapin nous ressentons les blessures, la peur, l’injustice, les pleurs de Rubiel, il nous les confie…

Un exorcisme, Vincent Lahouze réussit cet exercice pour ce premier roman, il est difficile de parler de soi, mais si en plus l’écriture est une forme de thérapie c’est d’autant plus complexe. Par un jeu d’écriture face au miroir, Vincent m’a touché, en plein cœur… Cette vie, au final, après avoir fermé ce roman, est le moteur de sa vie. Je crois, que peu importe sa route, il y reviendra toujours, à ce petit Rubiel. Parce que, comme on grave parfois des initiales sur un arbre, Vincent Lahouze pourrait graver lui aussi quelques lettres : Rubiel et Vincent ou plutôt : Rubiel EST Vincent.

Faut-il vous encourager à lire ce livre ? Non vous allez y aller, vous allez le lire, j’en suis certain.


Quelques passages que j’ai aimé :

Je ne pense pas à Rubiel, à ce petit garçon qui court sûrement dans les ruelles de ma mémoire.

"Oui, les mots étaient les armes les plus puissantes au monde. Capables de faire couler les larmes au lieu du sang."

"Cette nuit-là une feuille blanche m’a sauvé la vie. Depuis, je continue d’écrire…"

"Une fois encore, la vie lui arrachait des bouts de cœur qu’il tentait tant bien que mal, patiemment, de recoller morceau après morceau."

"Je comprends brusquement qu’il n’y a pas de hasard dans la vie, il n’y a que des rendez-vous…"

"Parfois il collait son oreille contre le ventre gonflé et il entendait le bruit de la mère… (cette citation est ma préférée…)."





dimanche 24 février 2019

Dolent





Il est là, pavoisant, arrogant et imbu de lui-même,
Flattant l’un, draguant l’autre, vantant ses talents, compatissant aux problèmes.

Dieu, voyez-moi dit-il, je suis si honnête et blême.
Bon sang ne saurait mentir, moi si concédant…
Souvenez-vous-en, quelques sous en poche il me demeurait et pourtant… Soupire-t-il.

Mes yeux d’épagneuls firent le reste. J’étais si tentant.
Oh oui menti, j’ai menti, un peu raccourci les faits, moi je mens ?
Je m’admire, je m’aime, je crois en ce que je vends :

Du vent, du vent, encore ces relents puants.
Faux semblants, je suis convaincu d’être si dolent, oh oui dolent !
Mais diable, plaignez-moi ! Voyez ce que j’accomplis pour vos talents !

La nuit, les jours, des heures durant, 11 parfois… Je mens. Oh non pas tant… si ?
Indulgent soyez ! Je suis un épagneul, voyez mon regard implorant…
Soyez gentil, emplissez ma besace d’argent, je suis important !
Bête dites-vous ? Mon regard est bête et moi ? Insi… ? Insignifiant !!

Cherché vous l’aurez ! Copie à maître corbeau !!
Une à la fois…

dimanche 10 février 2019

Ces fossoyeurs, ces indigents...







Je me balade, je regarde souvent le ciel
Je chasse ainsi, mes idées grises
Depuis un moment en moi, moins de soleil
Je cherche un refuge, l’écriture est mon église
Pourtant, souvent je veux tout laisser partir
Peu me chaut qui l'emportera
Passer à autre chose ne peut être pire, non…
Inspiration je t’emmène loin, avec moi.
Cette vie est un champ d’où les corbeaux… ne s’envolent pas.
J’ai pourtant fait un beau voyage
Des années, des mois, des jours, une nuit
Me voilà arrivé au rivage
Qu’a-t-on fait de mes mots…
J’aimerais partir sur un bateau
Redevenir qui je suis, cet homme entier
Trop souvent, surtout maintenant… je suis tombé
Dis-moi on ne sait rien y faire ?
Seul non, je ne sais que faire
Me crois-t-on cuit ? Je ne suis qu’à point
Ôtez-moi tout, il restera toujours mes mains
Ces fossoyeurs, ces indigents
Dieu ! De pauvres gens
J’en veux au monde entier
Trop souvent, surtout maintenant… je suis tombé
Pourquoi dès lors, regarder ce passé
Je risque de les y recroiser
Vous savez ? Ceux-là qui fixent le sol
Non, moi je vais prendre mon envol
Et je vais les porter à bout de bras
Ces mots, ces rêves, mon aura
Que faire d’autre dis ? À l’aurore
Oh non je ne suis pas mort !
Sur le papier je traverse les pays
Dans mes cahiers j’écris l’amour
Qui m’emporte parfois jusqu’à la nuit
Parfois plus loin qu’au-delà du jour
Je veux montrer à tous ces gens
Ces fossoyeurs, ces indigents
Que rien ne peut m’être volé
Je ne crois pas non, je ne laisserai rien tomber.
Pour moi, le ciel est un lit
J’y plonge avec amour
Que faire d’autre de cette vie
J’y fais mon petit détour
Et si j’écris ces mots, c'est pour toi
Toi lecteur que je ne connais pas
Et que peut-être, je rencontrerais
Oh non, je ne laisse rien tomber.

mercredi 23 janvier 2019

Cœur et âme de Jean-Philippe Lux par Vincent Vallée


Cœur et âme de Jean-Philippe Lux



Comme parfois, au milieu de mes lectures « classiques », j’achète un roman peu connu, un premier roman, d’un collègue auteur tout comme moi. Cette fois il s’agit de Jean-Philippe Lux qui publie Cœur et âme, je dirais qu’il s’agit d’un drame sentimental, et que si je devais lui donner une note parmi mes lectures auto-publiées, il serait aisément sur mon podium.

Ce petit roman est non seulement très bien construit, mais en plus, pour un auto-publié, très bien mis en pages, très élaboré. Oui pour un auteur c’est une des étapes importantes qui fait partie de la naissance de son roman. On découvre un homme, Valentin, célibataire et qui semble redémarrer dans la vie. Il emménage à peine, se lance dans une nouvelle aventure professionnelle et s’est installé dans une nouvelle ville. C’est à son travail qu’il va apercevoir pour la première fois, une jeune femme, bien plus qu’un coup de foudre. C’est sa future raison de vivre, son moteur de chaque prochaine journée qu’il va voir là, furtivement, mais qui ne quittera plus ses pensées.
C’est un peu plus tard qu’il va revoir la jeune femme, lors de son marché dans un endroit atypique : une église réaménagée en marché « commun » une pratique économique et lucrative. 

Valentin va aimer cette façon de faire du commerce et la caissière qui va lui scanner ses courses n’est autre que la jeune femme aperçue plus tôt : Raphaëlle. Le premier sentiment qu’éprouva Valentin va se confirmer, le troubler, lui donner des ailes. En parallèle, dans ce roman nous allons avoir le point de vue de Raphaëlle, qui s’avère expliquer les attitudes et autres manœuvres décrites dans le récit d’où mon admiration sur la construction de ce roman. Nous ferons des bonds dans le temps pour nous mettre l’eau à la bouche et vouloir en savoir plus, comme quoi notre passé influence toujours notre futur.

Valentin et Raphaëlle vont flirter, se découvrir et vivre une passion amoureuse intense, sincère, profonde. L’un comme l’autre vont, petit à petit, apprendre à se connaître, mais aussi à se « découvrir ». Oui, nous avons tous un passé certes, mais Valentin et surtout Raphaëlle ont un passé assez lourd, sensible. Un des deux va ressurgir et redistribuer les cartes du jeu de ce couple si beau, si attachant.

Je n’en dirais pas plus car ce roman se dévore, il est bien ficelé, bien pensé. De plus, il y a cette touche de modernité qui ne gâche rien, au contraire, comme ce marché commun regroupé en un lieu atypique, cette église reconvertie. J’ai bien aimé cette idée. Un roman contemporain, un auteur surprenant et la rencontre d’Ecrimagillu, une maison d’édition qui en est à ses débuts et qui a repéré Jean-Philippe Lux. Ecrimagillu va éditer et publier le roman dont je viens de vous parler. Une belle récompense car ce roman le mérite bien.

JEAN-PHILIPPE LUX



Jean-Philippe Lux est né en 1976 et vit dans la région des Collines. Papa de deux jeunes garçons, il est développeur dans la vie de tous les jours.
La création et l’imagination sont des facultés qu’il emploie quotidiennement dans son travail et il décide de les utiliser pour commencer l’écriture de son premier roman.

samedi 19 janvier 2019

L’ami Georges par Vincent Vallée



L’ami Georges

Un amoureux de l’art, un peintre, un petit peintre se trouvait là, parmi d’autres, assis sur un tabouret. Disposés devant lui, sur des chevalets bancals, des toiles, allant de la plus petite à la plus grande, de la plus médiocre jusqu’à la plus réussie. Les badauds se succédaient, eux aussi multiples dans leur éventail.
Georges les regardait parfois s’ils s’arrêtaient, mais peu étaient intéressés par sa peinture, et pourtant, il y avait mis tant de cœur, tant d’heures de travail, de sommeil, de réflexions. Dire que personne ne s’y intéressait serait faux, très souvent on le flattait, le félicitait, mais peu lui en achetait.

Ce jour-là, vers 15 h, un homme accompagné d’un ami, supposa Georges, arriva près de ses toiles et le sourire affiché, les yeux pétillants, il les admira, admirer est un bien faible mot, en effet, il était en extase. Passons donc les qualificatifs élogieux et autres flatteries du même genre, retenons que Georges les entendit tous. L’homme voulait tout prendre en photo, attention pas de la simple photo, non, des photos haute qualité, car, l’homme accompagné d’un imprimeur, était selon ses dires, en quête de talents afin d’imprimer un catalogue mettant en avant les artistes, les vrais ! Que de beaux mots, que d’éloges reçut notre cher Georges en quelques minutes ! Il permit néanmoins à l’homme de prendre quelques photos. Prise de recul, angles différents, le show était lancé. Georges lui, doutait.

Une fois rentré à la maison, et quelques toiles vendues tout de même, Georges s’installa devant son ordinateur, ouvrit sa boîte mail et là, un mail de l’homme souriant, un peu trop… Georges lui avait laissé son adresse mail, car se retrouver dans un catalogue avec des photos haute qualité de ses toiles, ça pourrait booster ses ventes. Alors soyons clair, Georges s’en fichait un peu de « vendre » ce qui l’intéressait c’était de partager, de susciter de l’intérêt, mais les brocantes, les petits salons artistiques ce n’était pas suffisant, il était loin le temps de Montmartre et de la place du Tertre où tout artiste arrivait à se faire un semblant de nom dans l’art, et puis quelques sous. Alors ma foi, un catalogue pourquoi pas ?

De mail en mail, de propos élogieux en autres flatteries à peine exagérées, voilà que notre ami Georges, peintre modeste mais ambitieux, signe un contrat de publication de ses toiles pour un catalogue haute qualité ! Ah, mais quel homme courageux ce Georges qui se rend à de multiples expositions, salon des arts, même des brocantes ! Tout est bon pour se faire connaître ! L’homme lui lança ces quelques phrases, car pour diffuser ce catalogue il fallait aussi lui en acheter, eh bien oui, ça allait multiplier les chances, bien entendu…

Toujours soucieux, mais conforté par des propos rassurants et toujours autant de flatteries, Georges suivra finalement l’homme, qui depuis quelques mails, se présentait comme un porteur de rêves, un passeur d’art… Ah la jolie formule n’est-ce pas ? Georges était convaincu, car toute la batterie de propos persuasifs était utilisée. L’art, la profondeur de l’art, ce que recèle un peintre, un vrai, les messages qui passent dans une toile. L’homme, s’y connaissait c’était certain ! Un passionné, un vrai quoi !
Georges reçut sa commande de catalogue, il l’ouvrit et là, stupéfaction ! Le catalogue était rédigé en diagonale dans le sens où aucune règle de bases n’étaient respectées, les photos ? N’en parlons pas… Ou plutôt si, floues pour certaines, mal cadrées pour d’autres, retouchées et faussant ainsi la couleur des toiles qui semblaient presque malades… Ah ! Georges l’avait senti, il avait eu dès le départ des doutes concernant l’homme. Le porteur de rêves et passeur d’art était tout bonnement, un escroc. La flatterie ? Il y en avait trop, pour qu’elle soit sincère. Les connaissances en art s’avérèrent être trop répétitives que pour être sincères, plutôt calculées pour le « paraître ».

Georges n’allait pas en rester là, il allait pousser son coup de gueule et dire au porteur de rêve et passeur d’art ce qu’il pensait de lui. Oulah… quelle erreur ! Le monstre allait surgir, bondir, sortir les crocs et les ergots. Comment pouvait-on ainsi dénigrer tout ce qui avait été fait, dit, avancé ! L’homme était furibond et menaçant envers notre Georges.

L’ami Georges fut blessé, touché par tant de haine et de mépris, il dut faire face à l’horreur et se dit que finalement, une toile un peu gauche, avec quelques défauts c’est beau… Car une toile retouchée pour masquer les erreurs, les défauts, c’est tricher et mentir. L’homme, ce porteur de rêves et passeurs d’art n’était finalement, qu’un porteur d’ennuis et un passeur d’objectifs cupides. Georges prit du recul et ferma sa vie à l’homme cupide, et put ainsi respirer sans oppression, faux semblants, et tout ce qu’il y a d’horrible chez l’être humain. Le cauchemar était fini. Georges avait appris une chose durant sa vie : C’est que justement, la vie d’un homme n’appartient à quiconque sauf à lui. Il en détient les clefs, il fait entrer qui il veut et jette dehors qui il veut, il a les clefs.

Morale :

Avant d’entrer dans la vie d’un homme, essuyez-vous les pieds, soyez vous-même, respectez-le, acceptez-le, ne mettez pas de désordre et soyez en toutes circonstances, respectueux de l’accueil qui vous est fait, sinon ? Sortez, et ne revenez surtout jamais plus, vous ne détenez pas les clefs de la vie d’autrui.