mercredi 26 août 2026

L'adolescence du perroquet de Amélie Nothomb par Vincent Vallée

 



Eh bien oui, comme chaque année à la même époque, Amélie prend l'avion avec moi pour une destination ensoleillée. Cette année, c'est sous le soleil de Majorque que j'ai dévoré (en deux après-midi au bord de la piscine) le dernier opus d'Amélie.

J'ai pu lire des critiques négatives, et en toute franchise, cette année, ce roman-conte m'a ravi ! Il est léger tout en pointant du doigt les difficultés qu'un parent peut rencontrer avec son enfant, puis son adolescent.

Alban, adolescent qui se réfugie au Louvre quand ça ne tourne pas rond pour lui, voilà une bien étrange idée, mais pourquoi pas ? C'est du pur Amélie Nothomb. Adulte, il est chroniqueur pour une radio et enchante avec des sujets légers qui ne requièrent pas une concentration extrême. Il aime ce travail, mais il vit seul. Contextualisons un peu le sujet : c'est la pandémie, et Dieu sait que l'on s'est parfois retrouvé bien seul durant cette période aussi atroce que loufoque...

Alban va céder à une petite annonce : « Perroquet nouveau-né à donner ». Et voilà notre chroniqueur papa adoptif d'un oiseau, certes bébé, mais c'est un gris du Gabon, interdit en France. Cet oiseau est connu non seulement pour vivre longtemps, mais surtout pour son intelligence.

Alban va découvrir l'oiseau, s'attacher fortement à lui, comme un père à son fils. Amélie nous livre ici un lot de cocasseries avec ce que peut répéter Jo, c'est son nom. Par exemple, il imite la chasse d'eau s'il n'aime pas quelque chose, réclame sa pitance avec ferveur, surtout son morceau de croissant frais, pas de la veille : l'oiseau n'est pas dupe...

Petit à petit, après la découverte, puis l'apprentissage, Alban va devoir faire face à la rébellion et à l'agressivité des réactions de Jo. Entre jalousie et ingratitude, Alban aura son lot de désenchantements avec son si précieux Jo. Une amie et une pet-sitter feront les frais de l'agressivité du gris du Gabon, au bec acéré comme un rasoir ! Alban lui-même en sait quelque chose pour avoir subi quelques coups de bec. L'ordinateur d'Alban, une toile de valeur ayant appartenu à la mère du jeune homme, les journaux... Peu de choses seront épargnées par le perroquet revanchard, jaloux, méprisant, ingrat et qui, pourtant, parfois, se montrera si aimant.

Amélie n'est pas maman, certes, mais elle cerne très bien, je crois, ce que peut ressentir un parent face à un enfant ou un adolescent qui lui-même est perdu au milieu de sa transformation, la fin de l'enfance. Ce n'est facile pour personne, ni pour l'enfant ni pour le parent, Amélie l'a bien compris.

Seulement, Alban n'en peut plus. Il devra faire face à une adolescence compliquée de sa progéniture par adoption. Terminés les bisous, les réflexions marrantes et le bruit de la chasse d'eau ; ce ne seront plus que cris et sons aigus, au point de devoir fuir l'appartement, abandonné au volatile... Et revoilà notre Alban au Louvre, réfugié comme lorsqu'il était enfant.

Comment vivre avec un être que l'on aime et qui ne vous le rend pas... Comment réclamer uniquement l'amour donné durant tant d'années sans devoir faire face à l'ingratitude qui en découle parfois...

En effet, l'amour n'est pas un dû...




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