mardi 28 juillet 2026

Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne par Vincent Vallée

 



Dans ma quête de lectures jeunesse de rattrapage, j'ai enfin lu Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne.

Précisons d'abord que j'ai toujours admiré cet écrivain, visionnaire et doté d'une plume jamais égalée à mes yeux.

J'ai commencé à le découvrir avec Voyage au centre de la terre, j'ai poursuivi avec Vingt mille lieues sous les mers  mon dernier en date est L'île mystérieuse. Mais j'oubliais... De la terre à la lune bien entendu.
Ce qui s'est avéré, à la lecture de ces romans, c'est l'esprit d'aventure de Verne, son imagination, sa vision d'un futur qui s'est révélée réaliste. Est-ce lui qui a vu ces choses par avance ou nous qui nous sommes inspirés de ses récits pour inventer le sous-marin, l'Albatros (l'hélicoptère), l'obus spatial (ancêtre des engins spatiaux), le téléphote (le fax), la visioconférence, etc. ?


Oui, Verne a bel et bien imaginé ces révolutions bien connues en 2026.

Je suis toujours demeuré sous le charme et interloqué par son talent, ses récits captivants. Avec Verne, on effectue un véritable voyage à chaque roman.

Pour Le Tour du monde en quatre-vingts jours, j'ai d'ailleurs utilisé trois moyens de lecture : le bon vieux roman (version intégrale), la liseuse (Kindle), mais aussi le livre audio (Spotify). Mais oui ! 
Bon sang, vous qui levez les yeux au ciel en lisant : « livre audio »... Verne, lui, me regarde de là-haut et veut sortir de sa tombe, comme le suggère celle-ci (allez voir des clichés de sa tombe), pour venir me serrer la main tant il apprécierait mon audace ! Prenez-en de la graine !

Mais, car un beau jour il nous faut un « mais » quelque part, ce dernier roman de Verne, j'ai eu du mal à y entrer. Pourquoi tant d'éloges alors ? Je vous explique :

Nous allons découvrir Phileas Fogg, gentleman anglais, richissime et amateur de whist en bonne société, société mondaine faut-il le préciser, et tout aussi riche que lui, faut-il le préciser également. Puis aussi Passepartout, mon personnage préféré, nouveau serviteur de ce cher Phileas, Français de nationalité et surtout de caractère, car il aime râler, se démarquer à tout prix. Il est surtout dévoué et de bonne compagnie, même s'il sera l'objet de bien des déconvenues lors de ce tour du monde.

Ce tour du monde, donc, est le fruit d'un simple pari relevé par M. Fogg, qui mise 20 000 livres sur sa capacité à effectuer ledit tour du monde dans le délai de quatre-vingts jours ! Pari impossible à remporter à l'époque et pourtant, Phileas Fogg, accompagné de Passepartout et une jolie indienne, va s'y atteler.

Ce qui m'a donc un peu ennuyé, c'est le caractère très anglais et, donc, dépourvu de nuances, de charisme, de colère, d'humeur, de notre cher Phileas. Il traverse ce roman sur un ton monocorde qui aurait presque tendance à m'endormir, alors qu'un tour du monde devrait être palpitant.

Ensuite vient l'esprit parfois un peu facile du défi, car on anticipe assez vite la manière dont ce cher Fogg va sortir d'une impasse ou franchir une barrière qui se dresse devant lui : l'argent. Comme il n'en manque pas, cela résout toujours tout, et c'est parfois un peu trop « téléphoné », si je puis dire, même pour l'époque du récit.

Cependant, le roman reste palpitant. L'aventure est bien présente malgré ces quelques facilités pécuniaires. Sans oublier la fin, liée à la célèbre montre de Passepartout qui, tout au long du voyage, aura refusé de régler cette dernière sur l'heure des pays visités... Vous comprendrez vite.

Je dirais donc que le dernier quart du roman a rattrapé le reste, mais que, bien entendu, ce n'est pas mon Verne favori. Il reste cependant, à mes yeux, un génie du roman jeunesse. 
Un roman jeunesse qui ne vieillit pas, comme tout ce qu'il a écrit, d'ailleurs !

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