Voici un roman court, un roman sur l'exil, la solitude, l'intolérance,
un roman sur l'amour, l'amitié.
Monsieur Linh a quitté un pays en guerre,
avec sa petite fille.
Il laisse un village en ruines et ravagé par la guerre,
pour un ailleurs autrement plus étrange.
Une ville, immense, où l'on parle une
langue différente de la sienne.
C'est en se baladant dans les rues de la ville
qu'il fait la connaissance d'un homme,
Monsieur Bark.
Entre eux deux, une bienveillante
relation s'établit, une jolie amitié presque silencieuse...
Ils ne parlent pas la même langue,
et pourtant s'apprécient...
On est immédiatement pris par le récit, et par la plume écorchée de Philippe
Claudel, qui évoque ici des thèmes universels, comme l'amitié, la compassion.
Un roman inspirant et délicat, un roman
d'espoir, à lire d'une traite.
C'est ce que j'ai fait.
Ce roman m'a donné plein de sensations différentes, j'ai envié la culture de
Monsieur Linh sa vision des choses.
Tout au long du récit on a quelques doutes sur certains faits qui sont décrits
mais rien ne permet de se douter de la chute de l'histoire on ne peut plus
surprenante selon moi.
Un extrait que j'ai aimé particulièrement :
« Une voiture les emmène dans les rues qu'il n'a jamais vues. C'est la première
fois que Monsieur Linh monte dans une voiture. Il est effrayé. Il se blottit
dans l'angle du siège, presse sa petite fille contre lui. Elle ne paraît pas
inquiète. Sa belle robe brille sous les reflets du jour. Pourquoi la voiture
va-elle aussi vite? A quoi cela sert-il? Monsieur Linh se souvient du rythme
des charrettes tirées par les buffles, du long et souple balancement, qui fait
parfois dormir, parfois rêver, et du paysage qui change avec une lenteur
précieuse, une lenteur qui permet de regarder vraiment le monde, les champs,
les forêts, les rivières, et de parler avec ceux que l'on croise, d'entendre
leurs voix, d'échanger des nouvelles. La voiture est comme un coffre jeté d'un
pont. On y étouffe. On y entend rien d'autre qu'un sourd et inquiétant
rugissement. Le paysage tourbillonne au-dehors. On ne peut rien en saisir. On a
l'impression qu'on va s'écraser bientôt. »
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